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Antonin Iommi-Amunategui - Salon Mi livre Mi-raisin, éditions Nouriturfu.

Antonin Iommi-Amunategui est, avec Anne Zunino, le cofondateur de Nouriturfu, maison d'édition et d'événements qui s'avalent ; il est également auteur, avec un penchant certain pour le vin naturel (Glou Guide, Le guide des vins dont vous êtes le héros, etc.).   Pouvez-vous nous parler de ce salon pour le moins original, Mi - Livre Mi - Raisin ?   A.I-A - Mi-Livre Mi-Raisin, c'est le salon du livre et des vins d'auteurs. Autrement dit un festival qui combine, en les associant littéralement, maisons d'édition remarquables et vignerons et vigneronnes "nature". Pour vous donner un exemple, cette année nous aurons un collectif d'éditeurs suisses formidables, Les Insécables, qui sera associé à l'excellent vigneron Jean-Christophe Piccard, également helvète. D'autres fois, les équipages sont plus fins, comme les éditions Pirhana accolés au vigneron David Large (Beaujolais) qui a appelé l'une de ses cuvées Pirhana. Des cocktails qui en tout cas fonctionnent très bien !   Vous parlez d’un salon agri / culturel, pouvez-vous nous en dire plus ?   A.I-A - C'est une idée qui nous trotte dans la tête depuis longtemps, et à titre personnel depuis ma rencontre avec le réalisateur et auteur Jonathan Nossiter, très engagé de ce point de vue, il y a une dizaine d'années ; ce lien, cette passerelle entre culture et agriculture, est essentiel. Ces hommes et ces femmes, qu'ils ou elles soient dans les vignes ou dans les mots et le papier, sont des artisans ; les uns comme les autres conçoivent quelque chose qui donne du plaisir, pour commencer, mais qui offre aussi des pistes de réflexion originales, une puissante forme de recherche politique ou philosophique. La démarche de l'éditeur ou de l'éditrice qui choisit de publier tel ou tel ouvrage n'est guère éloignée de celle du vigneron ou de la vigneronne qui décide de concevoir une cuvée d'une certaine manière plutôt qu'une autre ; il y a une réflexion globale, en amont et pendant toute la phase de création : d'un côté, travailler en bio, sans additifs ni chimie de synthèse, respecter le vivant et la nature, de l'autre, faire le choix de publier et d'accompagner des auteurs et des autrices qui œuvrent pour un certain bien commun, tout en employant si possible des matériaux (papier, encres...) respectueux de l'environnement. On pourrait continuer longtemps à leur trouver des points communs – des passerelles.   Comment avez-vous sélectionné les éditeurs qui seront présents ?   A.I-A - C'est vraiment un travail de fourmi, au cas par cas : nous recherchons des maisons qui ne sont bien sûr pas trop grandes, qui ont généralement une certaine forme d'engagement (éthique, politique, littéraire, progressiste...) et dont, last but not least, les titres nous enthousiasment. Depuis la première édition, nous recevons aussi beaucoup de demandes d'éditeurs qui souhaiteraient participer, mais nous tenons à ne pas trop agrandir le salon, qu'il reste à taille humaine.   Souhaitez-vous mettre en lumière une littérature et une viticulture hors des sentiers battus ?   A.I-A - Absolument, autant que possible. La force de tous ces artisans, c'est précisément de travailler plutôt à la marge, d'être des pionniers aussi : ils explorent et expérimentent tous azimuts, qui le livre, qui le vin, et souvent inventent de nouvelles voies pour exprimer leur talent ou celui de leurs auteurs et autrices. Il y aura des vins et des livres exceptionnels à différents titres, sur la forme et sur le fond. [SPLIT_CONTENT]   Pourriez-vous conseiller à nos lecteurs 3 livres publiés par les éditeurs présents au salon et qui vous ont particulièrement plu ?   A.I-A - C'est un crève-cœur d'en isoler trois ! Je commencerai par Un Long Voyage de Claire Duvivier, de la fantasy qui pourra évoquer Robin Hobb aux amateurs et amatrices du genre ; c'est d'ailleurs un roman écrit par une éditrice, Claire Duvivier des éditions Asphalte, publié aux éditions Aux Forges de Vulcain, deux belles maisons d'édition qui seront présentes les 11 et 12 décembre au salon. Ensuite, l'excellent Je suis une fille sans histoire d'Alice Zeniter, chez L'Arche éditeur ; brillant essai, très drôle aussi, sur la question du récit, au sens le plus large possible, et de comment les femmes en ont été rayées au cours de l'histoire. Alice Zeniter sera aussi présente pendant le salon, notamment en tant que jurée du Prix du vin d'auteur ou d'autrice 2021, décerné à un ou à une vigneronne par des professionnels du livre, toujours dans cette optique de mélange des genres. Enfin, un livre engagé et engageant, La guerre des mots, paru chez Le Passager Clandestin, qui est un peu le 1984 du discours néo-libéral ; ou comment nous sommes surveillés, manipulés et téléguidés par le langage politico-médiatique actuellement employé un peu partout... On pourrait dire que ces mots fortement chargés idéologiquement sont un peu les sulfites du langage : plus il y en a, plus on a mal à la tête ! Une gueule de bois politique est d'ailleurs bien plus longue et pénible qu'une gueule de bois alcoolique... Mais je tiens encore à préciser que c'est un minuscule aperçu de la richesse et de la variété des centaines de titres qui seront présentés, parfois en présence de leurs auteurs ou autrices, durant le week-end du salon ; vous pouvez d'ailleurs retrouver le programme complet (mis à jour régulièrement) en suivant notamment ce lien. [ean13_auteur | 9782266314114] [ean13_conseils | 9782373050806,9782381980140,9782369352471]   Entretien réalisé par Maya Albert, Leslibraires.fr
Entretiens
18 novembre 2021 11:38

Cécile Coulon: sortir du gouffre

Cécile Coulon est écrivaine. Son dernier roman, “Seule en sa demeure”, est paru en août aux éditions de l'Iconoclaste. Au sein de cette même maison, elle co-dirige l’iconopop, une collection de textes courts et poétiques.  Dans ce nouvel épisode du Book Club, Cécile Coulon compare ses livres à “ses professeurs”, indispensables chez elle, semblables à des “lumières”. “Ma bibliothèque dit beaucoup de choses de moi puisqu'elle renferme tout ce qui me touche intimement, tout ce qui m’émeut, tout ce qui m’éduque”.  Elle a choisi de nous parler d'un livre qui l'a particulièrement bouleversée alors qu'elle sortait de l'écriture de son roman "Trois saisons d'orage". Courte fable en huis clos, Le Puits, signé par l'écrivain espagnol Iván Repila, raconte l'histoire de deux frères, le Grand et le Petit, qui se retrouvent au fond d’un puits et essayent de s’en sortir.  Ce conte cruel les observe sortir de l’enfance malgré eux, en découvrant les désirs de haine et de vengeance. Unis par leur fraternité, l’amour seul résiste à l’épreuve qu’ils doivent surmonter. En se replongeant dans cette lecture, l’écrivaine nous confie l’écho qu’a eu cette “œuvre complète” dans sa vie.    “J’étais à une période où j'essayais de me hisser hors d’un lieu ou je me sentais un petit peu pétrifiée et immobile, comme ces deux enfants dans le livre, essayent à de nombreuses reprises de se hisser hors de ce puits.”  Une lecture physique et sensorielle qui a accompagné Cécile Coulon, dans un nouveau moment de vie. “Lorsque j’ai terminé j’étais dans un état second. Je savais que je venais de lire un grand livre, un ouvrage important. Je savais que ce texte allait avoir des répercussions sur moi, sur ma façon d’écrire, sur ma façon de penser.”
Podcasts
21 octobre 2021 11:23

Anne Berest : L’amour à trois

Anne Berest est écrivaine. Dans son dernier roman, “La Carte Postale”, publié aux Éditions Grasset, elle reconstitue l’histoire de ses aïeux qui ont trouvé la mort en camps de concentration.   Lectrice compulsive depuis son plus jeune âge, l’écrivaine nous explique qu’elle voit dans sa bibliothèque les différentes couches géologiques d’une roche. “C’est comme si je regardais les différents appartements dans lesquels j’ai habités, comme si je revoyais les différentes amours que j’ai eues dans ma vie, les anniversaires, les voyages, parce que chaque objet-livre, renvoie à un moment, à un lieu, à un appartement, à quelqu’un.”  Dans ce nouvel épisode du Book Club, Anne Berest se remémore sa rencontre avec Marguerite Yourcenar lors du confinement, devenue relation passionnelle de lectrice à autrice. “Dans cette période difficile, j’ai eu la sensation de vivre un miracle, comme de rencontrer une amie incroyable”. Le roman qui a bouleversé Anne Berest c’est “Le coup de grâce”, dans lequel se tisse une histoire tragique de triangle amoureux, au cœur des pays Baltes, ravagés par la guerre.  “Dans ces histoires d’amour éconduit, on est souvent focalisé sur le personnage de celui qui souffre, celui qui aime sans retour. Alors que là, ce que je trouve très intéressant, c’est qu’on est dans l’intimité, dans le regard, non pas de la victime mais du bourreau, de celui qui n’aime pas.”  Un livre qui a déclenché chez Anne Berest une passion et une admiration pour Marguerite Yourcenar, “romancière historienne”, avec qui elle partage une même démarche d’écriture. “Depuis plusieurs livres je me plonge dans des figures du passé, j’essaye d’entrer en elles, pour à la fois éclairer leur regard avec mes yeux d’aujourd’hui, et inversement, faire venir leur culture passée sur notre époque. Ce double mouvement, dans lequel j’inscris mon écriture, correspond à son sillage.”
Podcasts
21 octobre 2021 11:19

Corinne Dreyfuss - Je t'attends, éditions Thierry Magnier

À propos de l'autrice : Corinne Dreyfuss est autrice illustratrice. Elle a surtout publié des livres de littérature jeunesse. Elle aime jouer avec la musicalité du texte le rythme des mots et des images qui se répondent. Dans ses livres à destination des plus petits, elle s'exerce à l'épure. A tous petits et grands, elle parle de la vie de la mort, du rire et des larmes, du temps qui passe et des traces qu'il laisse.   À propos de l'ouvrage : Léopold attend sa maman. Celle-ci s’est absentée pour très peu de temps. Il doit compter jusqu’à dix avant son retour. Alors Léopold patiente et commence à compter mais l’inquiétude grandit, les questions se bousculent et la panique devient incontrôlable… Ouf la voilà ! Un livre haletant pour apprivoiser les notions de séparation et de retrouvailles.     Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit à écrire pour la jeunesse et particulièrement pour les tout-petits. C.D - Après des études aux beaux-arts j’ai longtemps vogué entre peinture, motifs textiles, décoration, écriture et narration. Et puis, pour la naissance d’une de mes nièces, je ne sais trop ce qui m’est passé par la tête, mais j’ai eu envie de lui faire un livre. C’est alors que j’ai découvert le travail d’Olivier Douzou et ça a été pour moi une révélation. Ma rencontre avec Thierry Magnier a aussi été déterminante et mon premier album est sorti très rapidement (en 1998) aux éditions du même nom. Mon travail à destination des tout-petits s’est construit petit à petit. Si à mes débuts on m’avait dit que je pourrais faire avec tant de plaisir et de passion des livres pour des enfants de moins de trois ans, j’aurais sans doute été très étonnée. Mais on m’a invitée en crèche autour de mes livres, j’ai rencontré les tout-petits, je les ai observés et ils m’ont souvent étonnée par leur attention vivante, leur pertinence, leur capacité à faire des liens, des associations, à être sensibles à l’image comme au texte, à débusquer ce qui est caché et aussi à saisir avec beaucoup de finesse, rythme et musicalité de la langue. Ces observations m’ont beaucoup inspirée. J’ai une grande confiance dans ce tout-petit public et quand je le dis, ce n’est pas une formule en l’air, je crois vraiment que l’on n’a pas fini d’explorer ce que l’on peut leur proposer. [SPLIT_CONTENT] Pouvez-vous nous présenter Je t’attends qui vient de paraître aux éditions Thierry Magnier et comment vous avez travaillé sur cet album et sur le thème de la séparation mais aussi de l’inquiétude, voire de la peur. C.D - « Je t’attends » est un projet qui a mûri lentement. Cela faisait très longtemps que j’avais envie d’écrire une histoire qui faisait TRÈS, TRÈS peur, mais je ne trouvais pas laquelle. J’aime bien aussi me pencher sur un genre littéraire et me demander comment cela peut se transposer dans un livre pour tout-petits, je l’ai déjà fait pour « Caché ! »  un « roman » pour les bébés sans aucune image. Je suis une grande lectrice de thriller et je me suis questionnée sur ce que pourrait être un thriller (qui peut se traduire si joliment en français par : livre à frissonner) pour des tout-petits. J’ai aussi beaucoup pensé cinéma, plans, cadrages, pour l’illustration. Dans « Je t’attends » il ne se passe rien. C’est un plan fixe, au début assez serré, sur un petit garçon qui attend sa maman puis un effet de zoom pour être au plus près de l’émotion de Léopold (le petit héros du livre) et de dézoomage quand l’arrivée de la maman rouvre le monde et éclaircit l’horizon. Il y a un narrateur dont le récit s’écrit sur des pages noires à part et qui s’adresse directement au petit lecteur en l’interrogeant sur ce qu’il voit, ce qui se passe. Léopold, lui, attend et, bien sûr, s’inquiète. Ce sont ses pensées, ses questionnements, la petite voix qui parle dans sa tête qui nous est donnée à lire. Ce thème de la séparation et de la peur est venu comme une évidence, quoique, les évidences qui viennent après des mois de travail et de questionnements n’en sont peut-être pas... En tout cas lorsque je l’ai trouvé, il s’est imposé à moi comme tel. Quoi de plus inquiétant et de plus universel que de se demander si sa maman va revenir ? Quel meilleur suspense ? Avez-vous abordé ce livre différemment des précédents ? Je pense que « Je t’attends » est un livre dans la continuité de « Caché ! » j’y poursuis mon travail sur l’écriture dans un livre pour tout-petit, j’expérimente comment le texte et l’image peuvent y être séparés ou s’entremêler mais aussi je questionne ce dispositif qu’est le livre pour tout-petit et ses particularités : lu à voix haute par une tierce personne. Ce trio livre, médiateur(trice) (la voix du livre), petit lecteur m’intéresse tout particulièrement. Et la voix du narrateur dans « Je t’attends » est un rôle sur mesure pour que ce(tte) médiateur(trice) s’adresse au tout-petit lecteur, le questionne.   Comment choisissez-vous de vous adresser aux très jeunes enfants pour concevoir vos albums ? Qu’est ce qui est important dans l’écriture et l’illustration ? C.D -  Au début je ne pense pas au lecteur, j’ai une idée et si elle a décidé de ne pas me lâcher je m’y mets (puisque je n’ai pas le choix). Après vient le travail qui peut être long même pour un livre très court. Je n’ai pas de recettes, à chaque nouveau projet il faut trouver de nouvelles solutions. Bien sûr, l’histoire et son sens sont primordiaux mais je suis convaincue que la musicalité et le rythme du texte le sont tout autant. Je suis de plus en plus attentive et sensible au rythme, un rythme de phrase raté c’est du sens perdu. J’aime bien aussi essayer de faire au plus simple dans le texte comme dans l’illustration, me séparer de tout ce qui n’est pas indispensable, j’ai l’impression que plus c’est simple (mais pas simpliste) plus cela peut être juste et efficace. Quel rôle à la personne qui lit un livre à un bébé dans cet instant de partage? C.D -  Primordial ! d’abord un livre pour tout-petit n’existe pas sans un(e) médiateur(trice) (celui/celle qui lit avec le petit lecteur). En petite enfance, on écrit pour un public qui ne sait pas lire, du moins pas le texte. Il faut impérativement que quelqu’un lise avec le tout-petit au moins une fois et souvent (on le sait) de nombreuses fois. Il/elle est la voix du livre, un interprète à part entière. Il/elle fait passer du sens mais aussi du son, des regards, des sensations, des émotions. Lorsqu’on lit avec un tout petit, on est souvent dans une grande proximité physique (sur les genoux, dans les bras…) et c’est pour chacun une expérience multi-sensorielle, un moment intense à partager, c’est cela un livre pour tout-petit pas seulement une histoire, des dessins et du carton et/ou du papier. Le(la) médiateur(trice) peut aussi être attentif(ve) au tout-petit, savoir quand il peut jouer le texte avec emphase, y mettre le ton et saisir quand c’est trop, quand il faut baisser l’intensité, « calmer » le jeu moduler, rassurer. Avez-vous des souvenirs de vos lectures d’enfant que vous aimeriez conseiller à nos lecteurs ? Ou des livres récemment parus dont vous aimeriez nous parler ? C.D -  J’ai une passion de longue date et non assouvie pour les livres d’Iela et Enzo Mari « L’œuf et la poule », « La pomme et le papillon », qui sont d’une simplicité et d’une force incroyables. Ces livres datent des années 70 mais ils sont intemporels et toujours édités. « Les animaux dans le pré », d’Iela Mari, paru en 2011 est aussi un petit bijou à mettre entre toutes les mains.   [ean13_auteur | 9791035204723] [ean13_conseils | 9782211011129,9782211021838,9782211204965]   Entretien réalisé par Maya Albert, Leslibraires.fr
Entretiens
9 novembre 2021 16:09

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des libraires

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Cécile Coulon: sortir du gouffre

Cécile Coulon est écrivaine. Son dernier roman, “Seule en sa demeure”, est paru en août aux éditions de l'Iconoclaste. Au sein de cette même maison, elle co-dirige l’iconopop, une collection de textes courts et poétiques.  Dans ce nouvel épisode du Book Club, Cécile Coulon compare ses livres à “ses professeurs”, indispensables chez elle, semblables à des “lumières”. “Ma bibliothèque dit beaucoup de choses de moi puisqu'elle renferme tout ce qui me touche intimement, tout ce qui m’émeut, tout ce qui m’éduque”.  Elle a choisi de nous parler d'un livre qui l'a particulièrement bouleversée alors qu'elle sortait de l'écriture de son roman "Trois saisons d'orage". Courte fable en huis clos, Le Puits, signé par l'écrivain espagnol Iván Repila, raconte l'histoire de deux frères, le Grand et le Petit, qui se retrouvent au fond d’un puits et essayent de s’en sortir.  Ce conte cruel les observe sortir de l’enfance malgré eux, en découvrant les désirs de haine et de vengeance. Unis par leur fraternité, l’amour seul résiste à l’épreuve qu’ils doivent surmonter. En se replongeant dans cette lecture, l’écrivaine nous confie l’écho qu’a eu cette “œuvre complète” dans sa vie.    “J’étais à une période où j'essayais de me hisser hors d’un lieu ou je me sentais un petit peu pétrifiée et immobile, comme ces deux enfants dans le livre, essayent à de nombreuses reprises de se hisser hors de ce puits.”  Une lecture physique et sensorielle qui a accompagné Cécile Coulon, dans un nouveau moment de vie. “Lorsque j’ai terminé j’étais dans un état second. Je savais que je venais de lire un grand livre, un ouvrage important. Je savais que ce texte allait avoir des répercussions sur moi, sur ma façon d’écrire, sur ma façon de penser.”
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21 octobre 2021 11:23

Anne Berest : L’amour à trois

Anne Berest est écrivaine. Dans son dernier roman, “La Carte Postale”, publié aux Éditions Grasset, elle reconstitue l’histoire de ses aïeux qui ont trouvé la mort en camps de concentration.   Lectrice compulsive depuis son plus jeune âge, l’écrivaine nous explique qu’elle voit dans sa bibliothèque les différentes couches géologiques d’une roche. “C’est comme si je regardais les différents appartements dans lesquels j’ai habités, comme si je revoyais les différentes amours que j’ai eues dans ma vie, les anniversaires, les voyages, parce que chaque objet-livre, renvoie à un moment, à un lieu, à un appartement, à quelqu’un.”  Dans ce nouvel épisode du Book Club, Anne Berest se remémore sa rencontre avec Marguerite Yourcenar lors du confinement, devenue relation passionnelle de lectrice à autrice. “Dans cette période difficile, j’ai eu la sensation de vivre un miracle, comme de rencontrer une amie incroyable”. Le roman qui a bouleversé Anne Berest c’est “Le coup de grâce”, dans lequel se tisse une histoire tragique de triangle amoureux, au cœur des pays Baltes, ravagés par la guerre.  “Dans ces histoires d’amour éconduit, on est souvent focalisé sur le personnage de celui qui souffre, celui qui aime sans retour. Alors que là, ce que je trouve très intéressant, c’est qu’on est dans l’intimité, dans le regard, non pas de la victime mais du bourreau, de celui qui n’aime pas.”  Un livre qui a déclenché chez Anne Berest une passion et une admiration pour Marguerite Yourcenar, “romancière historienne”, avec qui elle partage une même démarche d’écriture. “Depuis plusieurs livres je me plonge dans des figures du passé, j’essaye d’entrer en elles, pour à la fois éclairer leur regard avec mes yeux d’aujourd’hui, et inversement, faire venir leur culture passée sur notre époque. Ce double mouvement, dans lequel j’inscris mon écriture, correspond à son sillage.”
Podcasts
21 octobre 2021 11:19

Agnès Hurstel : Copier coller

Agnès Hurstel est comédienne et humoriste. Elle est la créatrice de la série Jeune et Golri visible actuellement sur OCS. Dans cet épisode du Book Club, elle recommande un livre qui, à sa lecture, a résonné comme un véritable écho à sa vie. Il s’agit du roman autobiographique Le coût de la vie de Deborah Levy : “ C’est trop bien quand tu lis un livre et tout d’un coup on est dans ton cerveau et c’est toi qui parle. C’est pas possible quoi, l’auteure elle a eu accès à ton intimité.” Le coût de la vie raconte l’histoire de l’autrice britannique Deborah Levy qui, à 50 ans, va vivre un divorce difficile. Elle change de vie et passe d’une grande maison Victorienne à un petit appartement au sixième étage dans le nord de Londres, seule avec ses deux filles :   “ Elle va s’acheter un vélo électrique et réfléchir à la liberté, l’écriture, la féminité, ce que c’est que d’être auteure, ce que c’est l’auto-fiction et comment on fait quand on change de vie”.  Une ode à la solitude choisie, qui a inspiré Agnès Hurstel dans son écriture, mais qui l’a aussi encouragée à embrasser la liberté : “ C’est vraiment hyper intéressant sur ce que ça raconte de ce qu’est être une femme aujourd’hui et sur la quête d’une vie à soi quand tu es dans un endroit qui ne t’appartient plus. “ Dans Le coût de la vie, Deborah Levy questionne la féminité et le rapport à la maternité. Des réflexions émancipatrices que partage Agnès Hurstel : “ Elle dit un truc incroyable sur les mères, elle dit que sa mère a été super libre et dans le livre je trouve que par pointillés Deborah Levy nous indique ce qu’est être une mère qui est avant tout une femme, pas juste une mère. J’adore ce qu’elle dit sur la féminité ”. 
Podcasts
13 septembre 2021 14:33

Antonin Iommi-Amunategui - Salon Mi livre Mi-raisin, éditions Nouriturfu.

Antonin Iommi-Amunategui est, avec Anne Zunino, le cofondateur de Nouriturfu, maison d'édition et d'événements qui s'avalent ; il est également auteur, avec un penchant certain pour le vin naturel (Glou Guide, Le guide des vins dont vous êtes le héros, etc.).   Pouvez-vous nous parler de ce salon pour le moins original, Mi - Livre Mi - Raisin ?   A.I-A - Mi-Livre Mi-Raisin, c'est le salon du livre et des vins d'auteurs. Autrement dit un festival qui combine, en les associant littéralement, maisons d'édition remarquables et vignerons et vigneronnes "nature". Pour vous donner un exemple, cette année nous aurons un collectif d'éditeurs suisses formidables, Les Insécables, qui sera associé à l'excellent vigneron Jean-Christophe Piccard, également helvète. D'autres fois, les équipages sont plus fins, comme les éditions Pirhana accolés au vigneron David Large (Beaujolais) qui a appelé l'une de ses cuvées Pirhana. Des cocktails qui en tout cas fonctionnent très bien !   Vous parlez d’un salon agri / culturel, pouvez-vous nous en dire plus ?   A.I-A - C'est une idée qui nous trotte dans la tête depuis longtemps, et à titre personnel depuis ma rencontre avec le réalisateur et auteur Jonathan Nossiter, très engagé de ce point de vue, il y a une dizaine d'années ; ce lien, cette passerelle entre culture et agriculture, est essentiel. Ces hommes et ces femmes, qu'ils ou elles soient dans les vignes ou dans les mots et le papier, sont des artisans ; les uns comme les autres conçoivent quelque chose qui donne du plaisir, pour commencer, mais qui offre aussi des pistes de réflexion originales, une puissante forme de recherche politique ou philosophique. La démarche de l'éditeur ou de l'éditrice qui choisit de publier tel ou tel ouvrage n'est guère éloignée de celle du vigneron ou de la vigneronne qui décide de concevoir une cuvée d'une certaine manière plutôt qu'une autre ; il y a une réflexion globale, en amont et pendant toute la phase de création : d'un côté, travailler en bio, sans additifs ni chimie de synthèse, respecter le vivant et la nature, de l'autre, faire le choix de publier et d'accompagner des auteurs et des autrices qui œuvrent pour un certain bien commun, tout en employant si possible des matériaux (papier, encres...) respectueux de l'environnement. On pourrait continuer longtemps à leur trouver des points communs – des passerelles.   Comment avez-vous sélectionné les éditeurs qui seront présents ?   A.I-A - C'est vraiment un travail de fourmi, au cas par cas : nous recherchons des maisons qui ne sont bien sûr pas trop grandes, qui ont généralement une certaine forme d'engagement (éthique, politique, littéraire, progressiste...) et dont, last but not least, les titres nous enthousiasment. Depuis la première édition, nous recevons aussi beaucoup de demandes d'éditeurs qui souhaiteraient participer, mais nous tenons à ne pas trop agrandir le salon, qu'il reste à taille humaine.   Souhaitez-vous mettre en lumière une littérature et une viticulture hors des sentiers battus ?   A.I-A - Absolument, autant que possible. La force de tous ces artisans, c'est précisément de travailler plutôt à la marge, d'être des pionniers aussi : ils explorent et expérimentent tous azimuts, qui le livre, qui le vin, et souvent inventent de nouvelles voies pour exprimer leur talent ou celui de leurs auteurs et autrices. Il y aura des vins et des livres exceptionnels à différents titres, sur la forme et sur le fond. [SPLIT_CONTENT]   Pourriez-vous conseiller à nos lecteurs 3 livres publiés par les éditeurs présents au salon et qui vous ont particulièrement plu ?   A.I-A - C'est un crève-cœur d'en isoler trois ! Je commencerai par Un Long Voyage de Claire Duvivier, de la fantasy qui pourra évoquer Robin Hobb aux amateurs et amatrices du genre ; c'est d'ailleurs un roman écrit par une éditrice, Claire Duvivier des éditions Asphalte, publié aux éditions Aux Forges de Vulcain, deux belles maisons d'édition qui seront présentes les 11 et 12 décembre au salon. Ensuite, l'excellent Je suis une fille sans histoire d'Alice Zeniter, chez L'Arche éditeur ; brillant essai, très drôle aussi, sur la question du récit, au sens le plus large possible, et de comment les femmes en ont été rayées au cours de l'histoire. Alice Zeniter sera aussi présente pendant le salon, notamment en tant que jurée du Prix du vin d'auteur ou d'autrice 2021, décerné à un ou à une vigneronne par des professionnels du livre, toujours dans cette optique de mélange des genres. Enfin, un livre engagé et engageant, La guerre des mots, paru chez Le Passager Clandestin, qui est un peu le 1984 du discours néo-libéral ; ou comment nous sommes surveillés, manipulés et téléguidés par le langage politico-médiatique actuellement employé un peu partout... On pourrait dire que ces mots fortement chargés idéologiquement sont un peu les sulfites du langage : plus il y en a, plus on a mal à la tête ! Une gueule de bois politique est d'ailleurs bien plus longue et pénible qu'une gueule de bois alcoolique... Mais je tiens encore à préciser que c'est un minuscule aperçu de la richesse et de la variété des centaines de titres qui seront présentés, parfois en présence de leurs auteurs ou autrices, durant le week-end du salon ; vous pouvez d'ailleurs retrouver le programme complet (mis à jour régulièrement) en suivant notamment ce lien. [ean13_auteur | 9782266314114] [ean13_conseils | 9782373050806,9782381980140,9782369352471]   Entretien réalisé par Maya Albert, Leslibraires.fr
Entretiens
18 novembre 2021 11:38

Corinne Dreyfuss - Je t'attends, éditions Thierry Magnier

À propos de l'autrice : Corinne Dreyfuss est autrice illustratrice. Elle a surtout publié des livres de littérature jeunesse. Elle aime jouer avec la musicalité du texte le rythme des mots et des images qui se répondent. Dans ses livres à destination des plus petits, elle s'exerce à l'épure. A tous petits et grands, elle parle de la vie de la mort, du rire et des larmes, du temps qui passe et des traces qu'il laisse.   À propos de l'ouvrage : Léopold attend sa maman. Celle-ci s’est absentée pour très peu de temps. Il doit compter jusqu’à dix avant son retour. Alors Léopold patiente et commence à compter mais l’inquiétude grandit, les questions se bousculent et la panique devient incontrôlable… Ouf la voilà ! Un livre haletant pour apprivoiser les notions de séparation et de retrouvailles.     Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit à écrire pour la jeunesse et particulièrement pour les tout-petits. C.D - Après des études aux beaux-arts j’ai longtemps vogué entre peinture, motifs textiles, décoration, écriture et narration. Et puis, pour la naissance d’une de mes nièces, je ne sais trop ce qui m’est passé par la tête, mais j’ai eu envie de lui faire un livre. C’est alors que j’ai découvert le travail d’Olivier Douzou et ça a été pour moi une révélation. Ma rencontre avec Thierry Magnier a aussi été déterminante et mon premier album est sorti très rapidement (en 1998) aux éditions du même nom. Mon travail à destination des tout-petits s’est construit petit à petit. Si à mes débuts on m’avait dit que je pourrais faire avec tant de plaisir et de passion des livres pour des enfants de moins de trois ans, j’aurais sans doute été très étonnée. Mais on m’a invitée en crèche autour de mes livres, j’ai rencontré les tout-petits, je les ai observés et ils m’ont souvent étonnée par leur attention vivante, leur pertinence, leur capacité à faire des liens, des associations, à être sensibles à l’image comme au texte, à débusquer ce qui est caché et aussi à saisir avec beaucoup de finesse, rythme et musicalité de la langue. Ces observations m’ont beaucoup inspirée. J’ai une grande confiance dans ce tout-petit public et quand je le dis, ce n’est pas une formule en l’air, je crois vraiment que l’on n’a pas fini d’explorer ce que l’on peut leur proposer. [SPLIT_CONTENT] Pouvez-vous nous présenter Je t’attends qui vient de paraître aux éditions Thierry Magnier et comment vous avez travaillé sur cet album et sur le thème de la séparation mais aussi de l’inquiétude, voire de la peur. C.D - « Je t’attends » est un projet qui a mûri lentement. Cela faisait très longtemps que j’avais envie d’écrire une histoire qui faisait TRÈS, TRÈS peur, mais je ne trouvais pas laquelle. J’aime bien aussi me pencher sur un genre littéraire et me demander comment cela peut se transposer dans un livre pour tout-petits, je l’ai déjà fait pour « Caché ! »  un « roman » pour les bébés sans aucune image. Je suis une grande lectrice de thriller et je me suis questionnée sur ce que pourrait être un thriller (qui peut se traduire si joliment en français par : livre à frissonner) pour des tout-petits. J’ai aussi beaucoup pensé cinéma, plans, cadrages, pour l’illustration. Dans « Je t’attends » il ne se passe rien. C’est un plan fixe, au début assez serré, sur un petit garçon qui attend sa maman puis un effet de zoom pour être au plus près de l’émotion de Léopold (le petit héros du livre) et de dézoomage quand l’arrivée de la maman rouvre le monde et éclaircit l’horizon. Il y a un narrateur dont le récit s’écrit sur des pages noires à part et qui s’adresse directement au petit lecteur en l’interrogeant sur ce qu’il voit, ce qui se passe. Léopold, lui, attend et, bien sûr, s’inquiète. Ce sont ses pensées, ses questionnements, la petite voix qui parle dans sa tête qui nous est donnée à lire. Ce thème de la séparation et de la peur est venu comme une évidence, quoique, les évidences qui viennent après des mois de travail et de questionnements n’en sont peut-être pas... En tout cas lorsque je l’ai trouvé, il s’est imposé à moi comme tel. Quoi de plus inquiétant et de plus universel que de se demander si sa maman va revenir ? Quel meilleur suspense ? Avez-vous abordé ce livre différemment des précédents ? Je pense que « Je t’attends » est un livre dans la continuité de « Caché ! » j’y poursuis mon travail sur l’écriture dans un livre pour tout-petit, j’expérimente comment le texte et l’image peuvent y être séparés ou s’entremêler mais aussi je questionne ce dispositif qu’est le livre pour tout-petit et ses particularités : lu à voix haute par une tierce personne. Ce trio livre, médiateur(trice) (la voix du livre), petit lecteur m’intéresse tout particulièrement. Et la voix du narrateur dans « Je t’attends » est un rôle sur mesure pour que ce(tte) médiateur(trice) s’adresse au tout-petit lecteur, le questionne.   Comment choisissez-vous de vous adresser aux très jeunes enfants pour concevoir vos albums ? Qu’est ce qui est important dans l’écriture et l’illustration ? C.D -  Au début je ne pense pas au lecteur, j’ai une idée et si elle a décidé de ne pas me lâcher je m’y mets (puisque je n’ai pas le choix). Après vient le travail qui peut être long même pour un livre très court. Je n’ai pas de recettes, à chaque nouveau projet il faut trouver de nouvelles solutions. Bien sûr, l’histoire et son sens sont primordiaux mais je suis convaincue que la musicalité et le rythme du texte le sont tout autant. Je suis de plus en plus attentive et sensible au rythme, un rythme de phrase raté c’est du sens perdu. J’aime bien aussi essayer de faire au plus simple dans le texte comme dans l’illustration, me séparer de tout ce qui n’est pas indispensable, j’ai l’impression que plus c’est simple (mais pas simpliste) plus cela peut être juste et efficace. Quel rôle à la personne qui lit un livre à un bébé dans cet instant de partage? C.D -  Primordial ! d’abord un livre pour tout-petit n’existe pas sans un(e) médiateur(trice) (celui/celle qui lit avec le petit lecteur). En petite enfance, on écrit pour un public qui ne sait pas lire, du moins pas le texte. Il faut impérativement que quelqu’un lise avec le tout-petit au moins une fois et souvent (on le sait) de nombreuses fois. Il/elle est la voix du livre, un interprète à part entière. Il/elle fait passer du sens mais aussi du son, des regards, des sensations, des émotions. Lorsqu’on lit avec un tout petit, on est souvent dans une grande proximité physique (sur les genoux, dans les bras…) et c’est pour chacun une expérience multi-sensorielle, un moment intense à partager, c’est cela un livre pour tout-petit pas seulement une histoire, des dessins et du carton et/ou du papier. Le(la) médiateur(trice) peut aussi être attentif(ve) au tout-petit, savoir quand il peut jouer le texte avec emphase, y mettre le ton et saisir quand c’est trop, quand il faut baisser l’intensité, « calmer » le jeu moduler, rassurer. Avez-vous des souvenirs de vos lectures d’enfant que vous aimeriez conseiller à nos lecteurs ? Ou des livres récemment parus dont vous aimeriez nous parler ? C.D -  J’ai une passion de longue date et non assouvie pour les livres d’Iela et Enzo Mari « L’œuf et la poule », « La pomme et le papillon », qui sont d’une simplicité et d’une force incroyables. Ces livres datent des années 70 mais ils sont intemporels et toujours édités. « Les animaux dans le pré », d’Iela Mari, paru en 2011 est aussi un petit bijou à mettre entre toutes les mains.   [ean13_auteur | 9791035204723] [ean13_conseils | 9782211011129,9782211021838,9782211204965]   Entretien réalisé par Maya Albert, Leslibraires.fr
Entretiens
9 novembre 2021 16:09

Craig Johnson - Western Star, éditions Gallmeister

À propos de l'auteur : Craig Johnson naît en 1961 à Huntington, en Virginie-Occidentale. Son premier roman, Little Bird (The Cold Dish en VO), paraît en 2005 aux États-Unis. Il met en scène le shérif Walt Longmire et constitue le premier volet d’une saga qui compte à ce jour douze titres et fait régulièrement partie des listes de best-sellers aux États-Unis. La série Longmire, adaptation télévisée de l’univers de Craig Johnson, a connu un immense succès aux États-Unis. Elle est diffusée en France sur la chaîne D8.   À propos de l'ouvrage : Tout juste rentré du Vietnam, le jeune adjoint Walt Longmire participe pour la première fois à l’excursion de l’Association des shérifs du Wyoming à bord du Western Star, train à vapeur légendaire de la conquête de l’Ouest. Une bonne occasion de resserrer les liens entre collègues en buvant du bourbon. Très vite, les langues se délient et Walt a vent de meurtres non-élucidés. Elément troublant, certains shérifs manifestent une mauvaise volonté évidente à répondre à ses questions. Walt ne se doute évidemment pas qu’il est sur le point de faire l’une des rencontres les plus dangereuses de sa vie. Et voilà que quarante ans plus tard, les échos de cette ancienne affaire résonnent de la plus terrifiante des manières.   Vous évoquez dans Western Star un moment particulièrement important et marquant du passé de Walt Longmire (Shériff du Comté d’Absaroka et héros de tous vos romans) : connaissez-vous déjà sa vie ou bien la construisez-vous au fur et à mesure que vous écrivez ?   C.J - J’ai une connaissance précise des arcs narratifs de la vie de Walt, mais le plus souvent, des détails viennent s’ajouter tous seuls au fil de l’écriture. J’essaie de me laisser des marque-pages pour me rappeler les idées dont j’aurai besoin pour les futurs romans. Il y a des intrigues et des sous-intrigues qui se révèlent au fil du temps — j’espère simplement que je pourrai toutes les écrire. Je savais que Western Star allait être un défi et il fallait que j’attende un moment avant de pouvoir le tenter, mais ce défi m’a donné de nombreuses opportunités de faire des choses que je n’avais jamais été capable de faire jusque-là. Si on revient à Litlle Bird [le premier roman de la série], on apprend que Martha est enceinte au moment où Lucian engage Walt comme adjoint, mais cet enfant serait trop vieux pour être Cady. Alors qui est-il ?   La construction narrative de Western Star est très différente de vos précédents romans : Le lecteur fait en permanence des allers-retours entre passé et présent au détour d’une phrase. Le livre est aussi très rythmé, loin du rythme plus contemplatif et fantastique de plusieurs de vos romans (faisant appel à la mythologie indienne, notamment). Est-ce la thématique très forte de ce roman qui vous a poussé à changer votre façon d’écrire ?   C.J - Je ne sais pas si c’est une décision consciente d’écrire un livre plus orienté action, c’est juste ce que l’intrigue demandait, et puis avec Walt un peu plus jeune pendant la moitié du livre, j’ai saisi une opportunité qui ne m’est pas souvent accordée. J’ai déjà utilisé une narration circulaire dans mes précédents livres, notamment pour celui qui se passe au Vietnam, Enfants de poussière et Dark Horse. J’aime créer ces intrigues circulaires et observer non seulement Walt mais aussi de nombreux autres personnages de mes livres durant différentes périodes de leur vie, je trouve ça très révélateur. L’un des nombreux thèmes du livre serait que nous ne sommes pas seulement qui nous sommes maintenant.   [SPLIT_CONTENT] Vous avez construit un whodunit (« who has done it », roman où le lecteur découvre les indices en même temps que la narrateur et cherche à découvrir le coupable avant le narrateur) à la manière d’Agatha Christie. Est-ce une manière de lui rendre hommage ?   C.J - Eh bien il est impossible d’avoir une intrigue policière à bord d’un train sans rendre hommage à son inventeur originel. Le fait que Walt prenne avec lui Le Crime de l’Orient-Express en poche était une façon de saluer cette bonne vieille Agatha Christie. C’est un maître, elle expose les vraies limites du genre dans le sens où, avec un whodunit, les permutations sont innombrables. C’est lui le coupable, en fait c’est elle et en fait personne n’est coupable. C’est vraiment tout ce qu’il y a, ce qui me met dans une position où je dois essayer quelque chose de différent, quelque chose dont elle n’aurait pas pu se tirer à l’époque.   Le meurtrier que Walt essaie de surprendre (et dont je tairai le nom) m’a fait penser à cette citation de Shakespeare (auteur que vous citez souvent) « Il n’est pas de bête si féroce qu’elle ne connaisse quelque pitié. Mais je n’en connais aucune, et donc ne suis pas une bête. » L’épilogue semble confirmer cette phrase, qu’en pensez-vous ? "No beast so fierce but knows some touch of pity." "But I know none, and therefore am no beast." (Richard III – Acte I, scène 2)   C.J - C’est marrant, j’utilise Richard III comme exemple lorsque j’enseigne dans des ateliers d’écriture, un exemple pour parler de la motivation à proprement parler de l’antagoniste. Richard ne se voit pas comme un méchant, mais comme un homme qui a été trompé, abusé, au point de ne pas avoir d’autre choix que de répondre par la violence. Parfois on peut voir une part d’humanité en cela, parfois non. Le mal qui est fait à Walt et sa famille dans Western Star résonne dans tous les romans encore maintenant. [ean13_auteur | 9782351781852] [ean13_conseils | 9782351780251,9782351781845,9782351780848,9782351785362]   Entretien réalisé par Olivier Soumagne, Leslibraires.fr
Entretiens
18 octobre 2021 15:25

Librairie Fontaine à Paris

Fondée en 1834, la librairie d'Auguste Fontaine donne aujourd’hui son nom à une enseigne de 8 librairies : sept à Paris et une à Apt, en Provence. Sylvie Maillet est gérante des librairies Fontaine. Elle nous raconte l'histoire du réseau et nous parle d'un de ses auteurs favoris, Michel Bernard, auteur des livres Le bon sens et Le bon cœur parus aux éditions de la Table Ronde. Magali Slakmon, libraire à la librairie Fontaine Kleber nous conseille la lecture d'un roman d'anticipation de l'autrice argentine Samanta Schweblin, Kentukis. Retrouvez les librairies Fontaine sur https://www.librairiesfontaine.com/ Tous les conseils de nos libraires sur notre site https://www.leslibraires.fr/
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29 juin 2021 09:25

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