• Une fresque historique à couper le souffle

    Si vous avez lu le premier tome, vous n’êtes pas sans savoir que celui-ci se terminait sur un véritable coup de tonnerre et que l’orage couvait. C’était avec fébrilité que j’attendais de découvrir la réaction de Lina, l’intrépide, face à "la révélation". Et, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas démérité ! Féministe avant l’heure, elle s’est révoltée avant de devoir plier face aux arguments "percutants" de son époux.

    Je n’ai eu aucun mal à me replonger dans cette histoire, qui a repris sur les chapeaux de roues ! Les souvenirs du premier tome étant encore très vifs, je n’ai pas été déstabilisée par la multitude de personnages et de surnoms.

    La fresque historique était encore une fois à couper le souffle. Le portrait dressé par l’auteure, de l’Italie des années 60, est plein de nuances et de contrastes.

    Toutefois, j’ai trouvé ce deuxième tome beaucoup plus sombre, plus complexe.

    On assiste au passage de l’adolescence à l’âge adulte. Et comme, ce n’est que trop souvent le cas, celui-ci aura été parsemé de désillusions et de compromis. Nos deux héroïnes ne vont pas être épargnées, même si je dois bien reconnaitre que, des deux, c’est Lina qui sera le plus rudement touchée. Loin du conte de fée qu’elle s’apprêtait à vivre, elle va très vite se retrouver prisonnière d’une cage dorée et n’aura pas d’autre choix que de plier, pour ne pas être brisée !

    Leur amitié va connaitre des hauts et des bas. D’ailleurs, dès les premières pages le ton est donné. Lina, honteuse de la tournure des événements évite Lenù, qui elle, lassé des drames entourant Lina, la fuit. On va assister à une amitié en pointillé, où les deux amies d’enfance se perdront de vue pour mieux se retrouver et se quitter. Leur rivalité sera toujours aussi vive. Elles n’auront de cesse de se comparer l’une à l’autre, de vouloir être à la hauteur de l’autre. Mais j’ai trouvé que cette compétition avait basculé du mauvais côté de la force, était devenue malsaine. Le lien les unissant, bien que distendu et malmené, ne va pas céder, il va se transformer ! Et j’espère que dans le troisième tome elles sauront le réinventer pour le sauver.

    Les personnages ont gagné en profondeur, en complexité. L’exemple le plus frappant est celui de Lina qui est devenue encore plus ambigüe (et je ne croyais pas cela possible). A la fois si généreuse et égoïste, si forte et faible. Elle a provoqué en moi une multitude d’émotion. J’ai été triste, émue, agacée et en colère. En comparaison Lenù m’a paru bien pâle ! Et malgré tout, je l’ai adoré car avec elle je savais sur quel pied danser.

    Ca a donc été une lecture compliquée pour moi et les fluctuations de rythme, dû en grande partie aux ellipses, n’ont rien arrangé.

    Et pourtant une fois le livre refermé je n’avais qu’un souhait me plonger dans le troisième tome !

    Vous l’aurez compris, comme pour le premier tome, on était loin du coup de foudre. Ca a été une lecture compliquée, en dent de scie. Et pourtant, je suis pressée de me plonger dans le tome suivant et de voir comment tout cela va évoluer. Si je devais résumer cette lecture en une phrase ce serait : "c’est une lecture que j’ai adoré détester".


  • 1 avril 2018

    Le soir même de ses noces, Lila découvre que son mari l'a trahie en s'associant aux camorristes Marcello et Michele Solara. Désormais elle n'éprouve que mépris pour Stefano mais le jeune homme compte bien profiter de ses prérogatives d'époux. Le cauchemar commence pour l'adolescente de 16 ans à peine, prisonnière d'un mariage sans amour et d'une vie sans saveur. De son côté, Elena poursuit ses études au lycée et son amourette avec Antonio. Studieuse et persévérante, elle s'accroche malgré les difficultés et le sentiment oppressant de ne pas être à sa place. Les deux amies voient leurs chemins se séparer. Elles se retrouvent pourtant le temps d'un été, sur l'île d'Ischia, Lila pour prendre des forces et enfin tomber enceinte et Elena pour se rapprocher de Nino dont elle est secrètement amoureuse depuis l'enfance. Les choses vont prendre un tour différent et, les vacances terminées, Lila retourne à sa vie de femme mariée tandis qu'Elena quitte Naples pour Pise et l'Ecole normale. Toujours amies, toujours rivales, les deux jeunes femmes ne cessent de se quitter, se retrouver, se jalouser, s'aimer, se détester, unies par leur soif de reconnaissance et leur besoin de s'accomplir.

    Quel plaisir de retrouver l'Italie, Naples, Lila et Elena ! C'est cette dernière qui continue de raconter cette amitié hors du commun, ce lien indéfectible qui se tend et se distend mais reste solide malgré la rivalité, la jalousie et les séparations. Car l'entrée dans l'âge adulte les éloigne l'une de l'autre. Lila, privée de lycée par un père traditionaliste, a choisi le confort du mariage pour sortir de la misère. Mais si l'argent semble couler à flots pour son épicier de mari, le bonheur conjugal n'est pas au rendez-vous. Lila, toujours rebelle, rejette un mari qu'elle méprise et encaisse les coups dont il n'est pas avare pour soumettre cette épouse qu'il ne comprend pas. Loin de ces soucis domestiques, Elena se débat avec sa difficile intégration dans un monde qui n'est pas le sien. Elle travaille sans relâche pour améliorer son italien, perdre son accent napolitain, faire semblant de maîtriser des sujets auxquels elle n'entend rien. Ce faisant elle s'éloigne de son quartier, de ses amis, de sa famille, de ses racines.
    Dans ce deuxième tome, Lila semble perdre pied. Elle reste obstinée et combative mais se flétrit dans un mariage fait de haine et de violence. Son chemin de vie est chaotique, scandaleux, dangereux. À l'inverse, la trajectoire d'Elena suit une ligne droite et semble tracée vers le succès. Pourtant, toutes deux ont en commun les doutes, la peur de l'échec, la certitude qu'elles sont capables de beaucoup, mêlée au sentiment qu'elles resteront toujours les filles misérables de leur quartier d'origine. En cela, le roman d'Elena Ferrante est terriblement moderne. On pourrait sans problème le transposer de nos jours dans une banlieue quelconque et aborder les mêmes thématiques : milieu violent et machiste, pauvreté, désir de s'en échapper, peur de trahir ses origines, etc.
    Le coup de cœur se confirme et on brûle maintenant de connaître la suite du parcours des deux jeunes femmes et de leur amitié si particulière.


  • 8 janvier 2017

    **[Regarder 2 minutes, la chronique de Pascale Frey
    consacrée à L'Amie prodigieuse et au Nouveau nom
    de Elena Ferrante](http://www.onlalu.com/lamie-prodigieuse-et-le-nouveau-nom-de-elena-ferrante/)  **
    **[![play-btn](http://www.onlalu.com/wp-content/uploads/2016/01/play-btn-192x192.png)](http://www.onlalu.com/lamie-prodigieuse-et-le-nouveau-nom-de-elena-ferrante/)**

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