Une putain de catastrophe

Une putain de catastrophe

David Carkeet

Points

  • 4 août 2017

    L'amour est plus fort que les maux/maux !

    Sachant que "Le linguiste était presque parfait", le premier roman ayant pour personnage Jeremy Cook, m'avait laissée de marbre et que j'ai fait rimer tous mes cours de linguistique avec matière soporifique, vous pourrez vous demander et avec raison, pourquoi (mais oui pourquoi ) a-t-elle lu "Une putain de catastrophe" ? Je vous épargnerai les "Qu'allait-elle faire dans cette galère ?" et autre "Souvent femme varie, bien fol qui s'y fie". J'ai déjoué les pronostics défavorables et adoré ce livre de David Carkeet.

    Si vous acceptez le postulat suivant , vous allez passer un très bon moment.
    n°1 : Une agence mystérieuse du nom de Pillow se fait fort de "soigner" les "maux" des couples en analysant les "mots" que les époux s'adressent, voire se jettent à la tête.
    n°2 : Un linguiste (ici Jeremy Cook) va vivre à demeure chez les "patients" pour disséquer leur communication et en repérer les dysfonctionnements.

    Une fois le spécialiste dans la place, en l'occurrence chez Dan et Beth, couple appartenant à la classe moyenne américaine, parents de Robbie, 10 ans, il va appliquer la méthode Pillow pour rabibocher les deux ex-tourtereaux. Heureusement qu'il possède cette méthode ! Jeremy Cook ne connaît rien au mariage, échoue lamentablement quand il s'agit d'avoir une relation suivie avec une jeune femme, et a même réussi à décourager Paula, qui avait tout pour lui plaire. Cet incompétent notoire va donc s'appuyer sur le MANUEL Pillow, un jubilatoire chez-d'oeuvre de nonsense pour parvenir à ses fins. Le linguiste découvre petit à petit ses instructions. Il lui est interdit de lire en avance les "actions" préconisées par l'auteur de la méthode pour soigner les mariages à la dérive. Jeremy sait cependant par l'intermédiaire de Dan et Beth, qui se sont soumis aux tests de l'agence que leur couple contient une HORREUR. Au fil des jours passés en compagnie de ses patients, l'éminent linguiste croit repérer cette fameuse horreur et s'en ouvre à Roy Pillow lors de leurs nombreuses conversations téléphoniques. A chaque fois, il s'entend dire qu'il est à côté de la plaque.

    Quel métier ! Ecouter les paroles échangées par un couple, réfléchir aussi sur leurs interactions verbales avec leur famille et leur voisinage et tenter d'en dégager ce qui "coince". Le chantier est pharaonique. Jeremy compose avec Dan et Beth et leur volonté plus ou moins grande de sauver leur mariage, leur agacement croissant face à ses ingérences dans leurs conversations. Le lecteur, lui, mesure l'immensité de la tâche et surtout (même si c'est toujours sur le ton de l'humour) la difficulté de bien communiquer avec son conjoint. Jeremy Cook apprendra, au bout de péripéties aussi rocambolesques les unes que les autres, que la méthode Pillow a ses limites et que l'amour est souvent plus fort que les maux/mots.

    Un conseil, laissez-vous tenter par cette lecture ! Accueillez Jeremy Cook comme Beth au début du chapitre 4 :

    "Chérie, le linguiste est arrivé !

    - Ah..."


  • par (Fontaine Kléber)
    16 mai 2017

    Léger, intelligent et drôle

    Jeremy Cook doit se trouver un nouveau boulot. Mais quand on est linguiste, misanthrope, et que l’on tient l’étymologie pour la plus savante des disciplines, la chose est peu aisée… Il se retrouve néanmoins engagé dans une agence un peu particulière qui a pour vocation de sauver des couples en péril en améliorant la communication entre les époux. Petit détail : le thérapeute doit s’installer au sein du foyer… Voici donc le départ de cette aventure où l’inexpérience en matière conjugale de notre cher linguiste n’aura d’égale que sa capacité à générer des conflits. Un récit enjoué qui ausculte par l'absurde les rouages du mariage avec fraicheur et intelligence.