Le camp des autres

Le camp des autres

Thomas Vinau

Alma Editeur

  • 13 novembre 2017

    forêt, Roms

    Oui, je sais, j’exagère : ce roman n’est pas que celui de la forêt, mais disons qu’en tant que lecteur, on y passe beaucoup de temps tout de même en première partie de récit.

    Les bruits de la forêt, les couleurs, les températures changeantes, les animaux jusqu’aux plus petits, le décor est planté avec beaucoup de minutie.

    Enfin surgit Jean-le-blanc qui sauve Gaspard, notre personnage principal. Jean-le-blanc qui connaît les secrets de la forêt, des herbes oubliées, des animaux proscrits. Jean-le-blanc qui commerce avec les chemineaux et les romanichels.

    Et puis Gaspard choisit encore une fois la liberté et part avec la troupe. L’occasion pour l’auteur de nous décrire la vie sur les routes, l’organisation du groupe.

    J’ai aimé le jour de foire lorsque les bohémiens rapinent de façon organisée.

    Mais j’ai décidément trouvé la première partie trop longue, car on sent que le propos de l’auteur a pour visée principal les sans-famille, les sans-patrie, comme il le dit si bien à la fin de son roman. Alors pourquoi interviennent-ils si tard dans son livre ?

    Une belle ode à la liberté et à la forêt.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Jean-le-blanc faisant cracher le venin des vipères.

    http://alexmotamots.fr/le-camp-des-autres-thomas-vinau/


  • par (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
    28 octobre 2017

    Pépite

    Dans Le Camp des autres, il s’agit de rendre espoir à Gaspard, un gamin maltraité par son père. Un matin de grande violence, il fuit dans la forêt avec son chien. Mais Gaspard a froid et faim, il est blessé, épuisé. Un jour, il se réveille dans une cabane, avec un homme étrange à son chevet et son chien frétillant, confiant et heureux du réveil de son jeune maître. Cet homme se surnomme Jean-le-Blanc. Gaspard s’en méfie. Son allure de sorcier l’intrigue. Pourtant, Jean-le-Blanc soigne Gaspard, redonne du sens et de la chaleur à sa jeune existence alors qu’elle n’était que labeur et violence avec son père. Jean-le-Blanc lui apprend à déchiffrer la nature, il essaie de lui faire comprendre l’alchimie du monde, mais pour cela il n’aurait pas assez de toute une vie. Un matin, une bande de saltimbanques arrive à la cabane et négocie avec Jean-le-Blanc. Gaspard ne comprend pas qui ils sont. Parmi eux se trouve Sarah, une belle bohémienne qui attire Gaspard et qu’il sera tenté de suivre, un jour. Il partagera alors le quotidien de ceux de la « caravane à Pépère ». En 1906, cette caravane était une bande de rebelles (les insoumis de l’époque), des petits voleurs à la tire qui semaient la terreur dans les campagnes. Pour répondre à cette violence, Georges Clemenceau décide de créer une nouvelle police, Les Brigades du Tigre, ayant pour mission d’arrêter ceux que l’on appelle alors les Romanichels, nomades accusés de tous les maux. Certains, encore aujourd’hui, accuseront les Roms d’être incapables de s’adapter à nos modes de vies. Pourtant, la diversité culturelle n’est-elle pas la plus grande richesse de l’humanité ? Ce roman est un hymne à la liberté, un roman pour les sans-papiers, les sans-abri, les sans-patrie, comme le dit avec poésie Thomas Vinau, pour les oiseaux de passage.Cf PAGE rentree 2017


  • par (Librairie Papeterie Aux Lettres de Mon Moulin)
    28 octobre 2017

    la nature en partage

    une pépite remplie d’humanité pour faire face à la violence de notre monde ; des mots à partager pour redonner goût à la vie. Thomas Vinau, l’écrivain poète, offre la nature en refuge à ceux qui sont de nulle part.


  • par (Librairie L'Armitière)
    19 octobre 2017

    Si "je" est plein d'autres, Thomas Vinau a choisi son camp, celui des autres.

    Suivre Gaspard, cet enfant qui déserte un foyer qui n'en est plus un, voilà ce que Thomas Vinau nous propose dans ce quatrième roman. Le petit insoumis choisit la forêt pour refuge, sur son chemin, il rencontre la caravane à pépère, celle des oubliés, des réfugiés, des migrants, des sans-foyer, des apatrides, des sans-papiers, de tous ces autres épris de liberté. Un écho actuel aux Brigades du Tigre et à un certain Capello.
    Thomas Vinau fait appel à son humanité à fleur de mots pour nous décrire avec poésie cette course à la vie.

    « Le camp des autres » est une lecture urgente et nécessaire pour aujourd'hui et pour hier. Contre cette négation de l’autre dès lors qu’il est « autre ».


  • par (Au moulin des Lettres)
    24 septembre 2017

    Superbe!

    Ouvrez le livre de Thomas Vinau et vous aurez droit à une bouffée de bonheur dès les premières pages, un bonheur de lecteur exigeant comme vous l'êtes sans doute, avide de textes forts et bien tournés.
    Avec ses six chapitres, courts mais denses, le gaillard vous attrape et ne vous lâche plus. Son écriture est une gigue endiablée, elle ébahit, elle enjôle, tout en poésie et petits bijoux offerts au fil des pages de ce roman qui commence dans la douleur du « givre [qui] fait gueuler la lumière » et finit par un « printemps qui pétille ».
    C'est Gaspard que l'on suit quelques mois durant, en l'année 1905, un enfant encore. Il vient de recevoir une sacrée raclée, une de plus, une de trop, et s'est enfui dans la forêt portant dans les bras son chien bâtard, encore plus blessé que lui mais qu'il ne veut pas abandonner. Il ne peut trouver refuge qu'au plus profond des bois, il le sait, on ne pourra pas le débusquer, là. C'est sans compter celui qui se fait nommer Jean-le-blanc, guérisseur-ermite ; il va sauver le garçon à moitié mort de faim, de froid, de peur, de coups et ce grand solitaire va l'accepter jusqu'à vouloir même l'initier aux secrets des plantes. Dans cet abri-cocon isolé du monde, Gaspard se remet peu à peu et apprend le langage de la nature. D'autres personnages vont bientôt y débarquer l'entraînant vers de nouveaux paysages. Ils font partie d'une famille, gitans, repris de justice, prostituées et c'est l'une d'elles, Sarah, qui va le prendre sous son aile. Une autre histoire se profile, celle d'hier identique à celle d'aujourd'hui, l'histoire de ceux qui parcourent les routes, mal vus et mal aimés.
    Quand on lit les lignes ajoutées en exergue aux divers chapitres, phrases tirées de Dhôtel, de Rimbaud, de Hugo, de Guillevic, on sait que Vinau fait partie, lui, de cette famille-là ; on retrouve dans ses oeuvres le même goût pour la langue, celle qui claque et celle qui poétise, qui vous estourbit par toute la beauté qu'elle contient et par les images qu'elle fait naître. Qu'il ait recours au patois ou à la langue savante, Vinau sait y faire, les mélanges sont réussis et toujours créés à bon escient. Voilà tout simplement l'un des plus beaux romans de la rentrée littéraire 2017.


  • par (Librairie Coiffard)
    8 septembre 2017

    Conseillé par Stéphanie, Carole, Agathe et Rémy

    Un enfant fuit. Il se sent traqué. Il s'appelle Gaspard.
    Gaspard fuit la violence, l'acte irrémédiable, un foyer qui n'en était pas un.
    Et la forêt enlace l'enfant et son chien blessé. Une forêt à la fois protectrice, rassurante, hostile et effrayante. Une nature comme seul Thomas Vinau est capable de nous la transmettre car le poète n'est jamais loin avec sa langue douce, minimaliste et précise.
    Et le roman enfle, mûrit, grandit en puissance avec les rencontres de l'enfant. En effet Gaspard va faire connaissance avec "un autre" et puis "des autres", et enfin avec "le camp des autres". Et les yeux de l'enfant s'ouvrent, méfiants d'abord, sur un monde nouveau, à la fois miséreux et généreux, tandis que ceux du lecteur, eux, se ferment. Et ça picote derrière les paupières, c'est comme un murmure sylvestre, une chanson d'enfance tendre mais rugueuse tout de même, qui se mêlent à quelque chose de sauvage, de sans-pitié, réveillant une indignation cachée pas si loin de notre inconscient.


  • par (Librairie Obliques)
    24 août 2017

    Des fuyards debout

    C'est un virage dans l'oeuvre de Thomas Vinau, comme un horizon qui s'ouvre après trois romans centrés sur notre époque contemporaine, mettant en scène des personnages qu'on devinait proches de l'auteur, marginaux oui, mais marginaux clandestins, poétiquement décalés, monsieur et madame tout le monde qui dissimulaient au fond d'eux une sensibilité explosive, un regard sur le monde singulier, comme un secret.

    Dans le Camp des autres, changement de décor, changement d'époque, les marginaux sont bels et bien planqués dans la forêt, habitant des cabanes que des enfants rêveraient de construire, vivant de rapines et de braconnage, dans un XXe siècle naissant qui n'avait pas encore oublié sa nature et ses sous-bois.

    La plume de Thomas Vinau est là, familière, faite de simplicité et d'éclats, qui cette fois se met au service d'un récit initiatique aux accents libertaires, pour donner une voix aux moins-que-rien de l'Histoire, aux rejetés de partout, aux "fuyards debout", aux exilés du normal, à ceux au fond qui n'ont que la qualité d'être humains.

    Il y a de l'amour, de l'espoir, de la rage dans cette histoire et peut-être pour la première fois chez Vinau, une lame de fond militante qui point pour lui faire dire, dans l'un des plus beaux passages du livre, que "si nous marchons ensemble, nous sommes assez de rats pour conquérir cette terre de damnés."
    Voilà.


  • par (47° Nord)
    12 août 2017

    Vous allez adorer!

    Gaspard fuit dans la forêt, portant son bâtard blessé. Après une mauvaise rencontre avec un loup, il se réveille chez un homme, Jean-le-blanc, qui va prendre soin de lui et de son chien, les nourrir et les soigner. Il va rencontrer chez le vieil homme une bande de saltimbanques qu'il va avoir envie de suivre.
    "Jean-le-blanc a utilisé des mots simples pour dire des choses simples. Il a dit, j'ai choisi un camp. Le camp de ceux dont on ne veut pas, le camp des nuisibles, des renards, des furets, des serpents, des hérissons. Le camp de la forêt. Le camp de la route et des chemins aussi."
    Thomas Vinau revient sur l'histoire de la caravane à Pépère, voleurs et bohémiens réunis sous la bannière de Capello, arrêté en 1907 par les Brigades du Tigres créés par Georges Clemenceau pour en finir avec "ces hordes de pillards, de voleurs et même d'assassins, qui font la terreur de nos campagnes".
    "Ne te laisse jamais enfermer petit. Si quelqu'un par un beau jour te dit que tu ne vaux rien dis-toi qu'il te veut à son service et quand tu le croiras tu seras son esclave."
    Un bel hymne à la liberté.

    Marie Nawrot


  • par (Librairie La Buissonnière)
    31 juillet 2017

    L'appel de la forêt

    À travers six tableaux taillés comme des diamants, Thomas Vinau raconte le destin d'un jeune garçon qui, au début du XXIème siècle, tue le père avant de trouver refuge dans la forêt. Des rencontres décisives baliseront son parcours sauvage : celle d'un ermite mi-sorcier mi-savant puis celle d'une caravane composée d'anarchistes, d'apatrides, de bandits, d’asociaux, de voleurs, de déserteurs, de braconniers, de bagnards en fuite, de gitans... En somme le grand peuple de ceux et celles qui éprouvent la liberté avec toute la dose de dissidence qu'elle contient nécessairement. À bonne école, celle de la marge, il fera ses gammes avant d'obéir à son appel sauvage, celui qui mène aux bêtes, aux bois et à la sagesse.

    Thomas Vinau possède un style d'une beauté brute, animale, qui est comme un retour aux sources de l'écriture. Les passages sur la forêt, sur la nature et sur les animaux se lisent comme des odes aux éléments. De surcroît, il parvient dans ce superbe roman à parler du monde actuel, du sort que l'on réserve aux étrangers et à tous ceux qui se trouvent en dehors de la norme en imaginant une histoire qui se déroule il y a plus d'un siècle. Toutes ces qualités, remarquables, font du « Camp des autres » un livre qui pourra se lire dans 10 ans, dans 20 ans, et même plus, sans avoir vieilli et sans s’être aucunement dévitalisé.