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  • 5 octobre 2012

    Mattia, élève surdoué passionné de mathématiques, a un jour abandonné sa soeur jumelle,attardée mentale, dans un parc pour se rendre seul à un goûter d'anniversaire. Depuis ce jour, elle est introuvable et, lui, rongé par la culpabilité, s'auto-mutile pour se punir de cet acte aux conséquences dramatiques.
    Alice, inhibée par un père autoritaire, a vécu un grave accident de ski. Elle en a gardé une claudication qui la rend différente. Depuis, elle a cessé de se nourrir en protestation contre ce corps qui l'a trahie.

    Ces deux-là, mal dans leur peau, solitaires, étaient faits pour se rencontrer et c'est au lycée que leur relation va commencer. Amis car tellement semblables, amoureux, sans doute, mais incapables de vivre de tels sentiments, ils vont se chercher, se rapprocher, se fuir, se retrouver mais toujours leur nature profondément solitaire les tient éloignés l'un de l'autre...

    C'est l'histoire d'Alice et Mattia. Une histoire étrange, sans doute une histoire d'amour, mais un amour flagrant aux yeux de tous sauf aux leurs. Les traumatismes de l'enfance, les difficultés de l'adolescence et les questionnements de l'âge adulte se combinent pour les laisser impuissants face à la vie. Ensemble, ils vont grandir pourtant , trouver d'autres refuges, Mattia dans une vie rangée à l'étranger, Alice, en s'engageant dans une histoire de couple mais leur lien reste aussi puissant qu'inutile.
    Une espèce de "ni avec toi, ni sans toi" en mode adolescence perturbée, desservie par une écriture un brin trop froide et deux personnages jusqu'auboutistes qui semblent se prélasser dans leurs problèmes sans jamais faire l'effort de s'en sortir. Exaspérants, irrécupérables, il est très difficile de s'y attacher et de s'émouvoir de leurs erreurs sans cesse renouvelées. On voudrait les secouer, leur dire de faire le deuil de leur enfance pour enfin VIVRE mais l'auteur choisit un autre chemin.
    Intéressant mais pas indispensable.


  • 29 août 2010

    Les nombres vont par paires

    D’habitude la littérature italienne contemporaine, se lit la tête dans le gazon, les mains en l’air et le chapeau Palerme vissé sur la tête. Il n’en est rien dans le premier roman de Paolo Giordano, la solitude des nombres premiers. Alice et Mattia sont touchés par les incidents de la vie.

    La première chute lors d’une descente en ski, poussée, au sens figuré par l’ambition par contumace de son père. Mattia abandonne sa sœur jumelle, handicapée mentale, dans un parc pour se rendre à une soirée, et ne la retrouve pas à son retour. Ils se rencontrent fortuitement pour ne plus jamais se quitter malgré leurs absences, malgré l’éloignement.
    Les 342 pages de l’édition poche se lisent presque d’une seule traite, la vache. Au long d’une histoire simple, renforcée par une écriture fluide, Paolo Giordano nous attache à ses personnages et à leur humanité. C’est le signe des belles histoires et des bons romans. Par cette livraison, Giordano met aussi un terme à l’idée que la littérature se déguste comme une pizza en fourrant tout à l’intérieur, mais plutôt al dente.
    Doctorant en physique théorique, Giordano utilise les nombres premiers dans l’intrigue de son roman. Mattia, surdoué des mathématiques, s’amuse à son bureau à calculer la suite des nombres premiers, qui ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. 1,3, 5, 7, 11… avec de temps à autre des jumeaux, simplement séparés par un chiffre pair comme 5 et 7. Ce n’est pas la première fois que des romanciers sont fascinés par ces nombres. Dans le bizarre incident du chien pendant la nuit, Mark Haddon reprend ces nombres pour en faire les numéros des chapitres de son livre. Comme quoi des chiffres peuvent naître de belles lettres.