Le Journal de ma disparition

Le Journal de ma disparition

Camilla Grebe

Le Livre de Poche

  • 5 avril 2020

    Adolescente, Malin s'est retrouvée au cœur d'un drame qui a secoué son paisible village en découvrant le corps sans vie d'une enfant dans les bois entourant Ormberg. Huit ans plus tard, c'est en tant qu'agent de police qu'elle est de retour sur les lieux du drame, pour reprendre l'enquête sur ce meurtre resté impuni. Intégrée à l'équipe de Manfred, Peter et Hanne, elle se réjouit de pouvoir faire ses preuves tout en appréhendant de retrouver le village et les souvenirs qu'elle a fuis. Même si sa mère y vit encore, Malin revient peu souvent dans ce coin perdu de Suède, sinistré par la crise où l'usine qui faisait vivre la région a été remplacée par un foyer pour réfugiés, au grand dam des locaux.
    Mais très vite, l'enquête tourne mal. Le corps d'une femme est découvert à l'endroit même où était morte la petite fille inconnue, Peter est porté disparu et Hanne est retrouvée hagarde, frigorifiée et amnésique dans la forêt. La psychologue souffrant de problèmes de mémoire tient un journal de bord où pourrait se trouver une explication à la disparition de Peter mais ce précieux carnet est introuvable. C'est Jake Olsson, un adolescent présent dans la forêt en même temps qu'Hanne, qui désormais possède le journal. Mais plutôt que de le remettre à la police et d'avoir à expliquer sa présence sur les lieux, il préfère se plonger dans les souvenirs d'Hanne.

    Tempêtes de neige, secrets de famille et misère sociale sont les ingrédients du deuxième opus de la série mettant en scène l'équipe de Manfred, Peter et la psychologue Hanne. Camilla Grebe leur adjoint deux nouvelles recrues, pas forcément des plus sympathiques, l'ambitieuse Malin, et le trop sûr de lui Andreas. Dans un village replié sur lui-même où les fermetures d'usine, le chômage, les vitrines baissées et l'exode rural ont insufflé aux rares habitants des sentiments d'abandon et de rancoeur, attisés encore par l'installation d'un foyer de réfugiés, l'auteure s'amuse à mêler un cold case et un crime récent, peut-être liés à travers le temps mais tous deux protégés par les taiseux du coin. Au milieu des habitants solidaires, parfois résignés, parfois racistes, s'élève la voix discrète de Jake, un adolescent qui se cherche, coincé entre la peur de sa différence et l'irrésistible envie d'être lui-même. A travers lui, on entend aussi les mots du journal d'Hanne qui seuls pourront peut-être expliquer la disparition de Peter et mener vers le tueur.
    Un véritable page-turner qui ménage sa part de suspense tout en s'intéressant à la psychologie des différents personnages. On s'immerge sans peine dans ce village de carte postale aux maisons de bois rouges, sous une épaisse couche de neige immaculée et qui cache des drames humains et de sombres secrets. Encore une réussite pour Camilla Grebe qui a su se faire une place dans le monde du polar scandinave.


  • par (Librairie La Femme Renard)
    26 février 2019

    Difficile de mener une enquête quand on perd la mémoire et quand le carnet dans lequel on note tout vient à disparaître.
    Camilla Grebe tient son récit du début à la fin, et termine avec un superbe coup de théâtre.

    Frédéric