DE LA FORET

De la foret

Banerji B B.

Zulma

  • par (Librairie La Buissonnière)
    1 mai 2020

    Feuillages et émerveillement

    Texte au charme désuet, poétique et dépaysant, d'une singulière modernité puisqu'il a été rédigé entre 1937 et 1939 par ce grand auteur de la littérature bengalie. C'est une belle réflexion offerte autour de l'écologie et de la nécessité de vivre harmonieusement avec l'environnement et la nature parmi ses richesses et sa luxuriance. Au cœur de la jungle indienne, vous pénétrez sur un territoire encore intact, à peine conquis par les mains humaines. Au fils des pages et des années écoulées, au fil de la répartition des terres entre les métayers, les propriétaires fonciers optent pour un défrichement massif et l'appât du gain toujours désiré. Le narrateur partagé entre ses obligations professionnelles et une naïveté touchante constate alors amèrement les ravages occasionnés pour la subsistance de ses compatriotes au détriment de la faune et de la flore.


  • par
    16 avril 2020

    Cette année, au salon du livre de Paris, l'Inde était invitée. À cette occasion, Zulma avait prévu une série collector designée par le maître des -sublimes- couvertures de la maison David Pearson, à partir de créations originales de Roshni Vyam, peintre indienne. Le résultat est superbe et tant pis pour le salon annulé. Bibhouti Bhoushan Banerji (1894-1950) a écrit ce livre en 1937-1939 et il est traduit et publié pour la première fois en français, considéré pourtant comme l'un des premiers grands romans écologiques. Banerji a vécu cette vie de régisseur pendant quelques années à partir de 1925. C'est la description d'un monde disparu maintenant, une faune et une flore incroyables et formidables. Un écosystème qui fonctionne parfaitement bien sans l'intervention humaine.

    Le romancier raconte au travers d'anecdotes, de rencontres de gens extraordinaires comment les gens vivent en harmonie avec la nature, sans la détruire ou la gêner. On y rencontre des gens pauvres voire très pauvres, souvent satisfaits de leur sort, ne demandant qu'à manger à leur faim. Il ne fait pas l'impasse sur les difficiles conditions de vie dès qu'un événement malheureux survient : la mort d'un homme et c'est toute sa famille qui est menacée de ne plus pouvoir manger. Un événement climatique et c'est toute la population qui peut mourir de faim, ou d'un incendie lorsque la sécheresse s'installe pour de longs mois. Tout est joliment dit, dans une langue emplie d'images, de légendes, de paraboles. B.B. Banerji parle tellement bien de la nature qui entoure son héros que l'on parvient presque à la voir, la sentir, l'entendre lorsqu'il s'agit des oiseaux notamment, la craindre lorsqu'il faut traverser la forêt la nuit...

    Banerji s'interroge sur l'irruption de la modernité dans ce monde protégé, sur le sentiment de supériorité des citadins sur ces peuples qui vivent loin du confort. Jusqu'à quand résisteront-ils ? Et la nature, jusqu'à quand restera-t-elle aussi belle, préservée ? Plus globalement, c'est l'éternelle question du mal que l'homme fait à la planète, à la faune et la flore et à lui-même. Presque un siècle -je compte mal, merci Alex (voir dans les commentaires)- et ce roman nous parle d'aujourd'hui.