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Serge

Serge

Yasmina Reza

Flammarion

  • par (Le Pain des Rêves)
    18 avril 2021

    Le narrateur, Jean, est l’enfant du milieu de cette fratrie de juifs non-pratiquants originaires de la Hongrie, entre Serge et Nana, la plus jeune de la famille Popper. La fratrie n’est plus toute jeune, disons que Jean est au milieu de sa vie. La famille était organisée autour de la mère, qui est décédée récemment, "Depuis qu’elle est morte, les choses se sont déréglées". La fratrie décide d’effectuer un voyage mémoriel à Auschwitz-Birkenau, pas seulement parce que "les enfants ne se sentent pas juifs", mais par devoir de faire mémoire, même si comme le dira Jean "Ce fétichisme de la mémoire est un simulacre". La visite tourne au fiasco, la fratrie se disputant pour des riens n’arrive pas à s’immerger dans le passé de ce lieu qui s’est transformé en parc touristique alors qu’il fut celui d’une immense tragédie, à éprouver de l’émotion comme si les millions de juifs qui y sont morts n’étaient que broutille.

    Yasmina Reza nous offre le tableau d’une vie de famille avec ses relations d’affection, ses impatiences, ses engueulades, ses jalousies, les cachotteries, les mesquineries. Si la fratrie est fortement présente dans le roman, elle n’occulte pas la présence d’autres personnages, compagnes ou compagnons, enfants, tous réellement personnages secondaires, semblant n’exister que pour le décor.
    La présentation de la famille Popper qui précède le voyage à Auschwitz sont des morceaux de bravoure et de drôlerie, même si la visite du camp est relatée de façon grinçante. Serge est un homme instable et égoïste qui a tout raté et qui sait se rendre odieux. C’est surtout Jean qui emporte la sympathie avec la bienveillance qu’il déploie pour Serge, sa résignation devant cette famille désarticulée, son désenchantement, mais aussi son attention pour sa sœur, son affection pour Luc, son beau-fils, un enfant à part.
    J’ai bien aimé le ton burlesque, l’humour noir et déjanté de Yasmina Reza, l’écriture enlevée et soignée, la construction rigoureuse du roman. J’avoue cependant avoir trouvé l’ensemble un peu confus et dérivant sans véritable intrigue. J’ai décroché quelques vingt-trente pages avant la fin.


  • 25 février 2021

    famille

    Le roman s’ouvre avec Jean pour narrateur. Nous ne découvrirons Serge que quelques pages plus loin.

    Serge est l’aîné de la fratrie, toujours suivi de Jean. Anne est la seule fille.

    Le narrateur, Jean, nous raconte leur voyage à Auschwitz, sur les traces de la famille déportée : qui a eu l’idée et comment se déroule le voyage sur 3 jours.

    Par petites touches, nous découvrons Serge, mais surtout Anne et son mari Ramos que Serge et Jean moquent gentiment ; Joséphine la fille de Serge à l’origine du voyage.

    J’ai aimé avoir des nouvelles de Maurice qui se boit chaque jour son petit champagne, lui qui ne peut plus se déplacer.

    Une belle galerie de portraits, des personnages attachants, mais une narration un peu trop disparate pour me faire dire que j’ai véritablement aimé ce roman.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la grue trop haute que Serge offre à son fils.

    https://alexmotamots.fr/serge-yasmina-reza/


  • par (Librairie La Buissonnière)
    19 février 2021

    Histoire familiale

    Aborder un nouveau roman de Yasmina Reza est toujours une surprise puisque l'on ne sait jamais jusqu'où elle entraînera le lecteur. Il faut accepter d'être dérouté, d'être ballotté d'une émotion à une autre, mis dans l'embarras face à de judicieuses audaces narratives parfois impertinentes. C'est grinçant, tragique, très humain jusqu'au point final. C'est une histoire de famille qui peut sembler banale mais sous la plume et la verve de l'auteure prend une forme saillante et pétillante!


  • par (Fontaine Victor Hugo)
    27 janvier 2021

    Dans la vie de famille, le drame voire le tragique n'est jamais bien loin. C'est la raison pour laquelle Yasmina Reza choisit judicieusement la comédie pour en exposer les turpitudes. Frères, sœurs, épouses, maris, neveux sont liés pour le meilleur et pour le pire. A leur corps défendant ils visitent et revisitent souvenirs d'enfance,
    mémoires collectives et identitaires sur un air de chanson , de sonnerie de portable. Entre émotions sincères et kitsch, la grande farce de la vie se dévoile et tout le talent de Reza est là.


  • par (Librairie Espace-Temps)
    23 janvier 2021

    Le voyage à Auschwitz iconoclaste

    Fratrie de trois enfants. Serge Popper, l'aîné, a une fille divorcée Joséphine ; Jean, le narrateur, séparé, médiateur entre son frère et sa sœur, Anne, mariée à un Espagnol, Ramos, 2 enfants. Famille juive peu pratiquante qui, à la demande de Joséphine, fait le voyage à Auschwitz et Birkenau, qui ressemble plus à une escapade touristique avec selfies. Jean-Pierre Bacri aurait pu avoir le rôle titre si on tournait le film du roman !
    Peinture ironique du milieu ashkénaze, gravité et légèreté mêlées, comme sait si bien le faire l'autrice.


  • par (Librairie Comme Un Roman)
    21 janvier 2021

    Histoire d'une fratrie

    Roman choral transgénérationnel.

    On s'aime, on se chamaille dans la famille Poppers, juifs d'origine viennoise.
    Toutes les phrases sont belles, les dialogues sonnent justes,
    Il y a de l'énergie et du rythme.

    Un vrai plaisir de lecture.


  • par (Fontaine Sèvres)
    20 janvier 2021

    ô vous, frères humains...

    Quel emmerdeur ce Serge ! Et pourtant... c'est avec beaucoup de tendresse que Jean, le frère cadet, en dresse le portrait. Dans une construction quasi théâtrale, nous assistons d'abord à la mort de la mère, au voyage à Auschwitz, aux déboires amoureux de Serge, aux conflits avec sa fille. Le tout sous le regard immensément bienveillant de Jean. Sous la plume acide de Yasmina Reza, même les engueulades sont chaleureuses... et drôles évidemment. Heures et malheurs de la fratrie..! Famille... on vous hait et on vous aime.


  • par (Entrée Livres)
    15 janvier 2021

    Désespérément drôle

    Les enfants POPPER perdent leurs parents. A la mort de la mère, une des petites filles prédit : le ciment de la famille est parti…
    En théorie, c’est Serge, le frère ainé, qui devient ‘le chef’ ; mais sa personnalité est loin d’être consensuelle.
    De l’inaliénabilité des liens fraternels, avec ses chamailleries et ses rabibochages.
    Pour les 3 frères et sœurs, c’est le passage au dernier stade : leurs ainés ont disparu, et les enfants grandissent.
    Un superbe roman choral, à la fois profond et léger, enrichi par des dialogues ciselés et d’une justesse absolue : on sent la femme de théâtre.
    Un épisode incroyable : la visite d’Auschwitz par la fratrie : une pure merveille de littérature.
    Désespérément drôle.

    Jean-Loup / Libraire


  • par (Fontaine Sèvres)
    12 janvier 2021

    Ce roman , c'est la vie même !
    Celle d'une famille juive d'aujourd'hui , deux frères et une soeur , Jean le narrateur , Serge l'ainé , la soixantaine et Anne - nana - la plus jeune. Tous liés par le sang , mais aussi par les chamailleries , les jalousies rancunières accumulées et toujours recommencées.Les Anciens , les conjoints , les Ex , les enfants , les enfants des Ex , tous sont sources inépuisables d'agacements , de moqueries , d'esprit goguenard mais surtout d'amour fraternel masqué sous le cynisme et la morgue . Que ce soit lors d'une fête d'anniversaire d'un enfant , d'une veillée funèbre , d'une remise de diplôme ou d'un voyage à Auschwitz , Serge est le héros souverain de cette drama-comédie... Loin des petites préoccupations ménagères , Serge demeure le plus libre , le plus insupportable , le meilleur des grands frères , jamais victime , jamais pleurnichard mais raté autoproclamé , interrogeant chacun sur le sens de la vie. Mais comment faire pour réussir sa vie ?
    " Faites pour le mieux , résumait S Freud , de toute façon ce sera un échec "!


  • par (Librairie La Galerne)
    12 janvier 2021

    Drôle, tragique, et surtout, extra !

    Quand les parents disparaissent, que deviennent les liens familiaux entre frères et sœurs ? Il est ici question de fratrie et de mémoire. On rit beaucoup chez Yasmina Reza, même du pire. Mais dès le départ, on sent un malaise, une tension. L’auteure nous happe tout de suite. C’est drôle, tragique aussi, ça remue et c’est surtout extra !


  • 10 janvier 2021

    Le tourbillon de la vie

    Une vieille photo en noir et blanc. Trois frères et sœur qui jouent ensemble… La vie passe par là mais ils continuent à discuter, se disputer, vivre, rire, pleurer ensemble. Un maelström d’émotions, de souvenirs, de rencontres, d’angoisses, de deuils, d’éclats de rire, de petits bonheurs et de grandes douleurs. Il n’est pas toujours simple d’être juif et de visiter Auschwitz et Birkenau.
    Yasmina Reza met en scène ce tourbillon avec l’allant qu’on lui connaît.
    Et on sort de ce roman un peu… ébouriffé.


  • par (Librairie Page 36)
    8 janvier 2021

    Fratrie

    Serge, c'est l'aîné, le modèle de Jean, le narrateur.
    Le poids de la Shoah pèse sur la famille Popper, descendants de juifs non pratiquants.
    Entre humour et provocations, Yasmina Reza raconte les dissensions d'une fratrie. Malgré leurs engueulades, ils s'aiment quand même et se soutiennent les uns les autres.
    « Nous serons toujours pour nous-mêmes les trois enfants Popper »


  • par (Nouvelle librairie Sétoise)
    4 janvier 2021

    La mort du rire aux larmes

    Serge est l'aîné d'une fratrie aussi unie que dysfonctionnelle.
    Ils font chacun à leur manière face à leurs responsabilités d'adulte, à ce que leur enfance a été, à la mort récente de leurs parents, à leur propre mort qui s'approche inéluctablement. Réunis par une nièce pour une visite des camps d'Auschwitz et Birkenau ils vont devoir aussi faire face au souvenir organisé de la Shoah.
    Serge est une roman extrêmement drôle mais aussi très grave, qui parvient grâce à sa finesse et sa subtilité à dire ce qu'on ne dit pas sur la mort et sur ce qu'on est sensé faire de nos vies en l'attendant... absolument génial !!