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Vivre avec nos morts

Vivre avec nos morts

Delphine Horvilleur

Grasset

  • par (Librairie Athenaeum)
    14 avril 2021

    Conseillé par Anne-Céline

    Quel livre éclairé et éclairant que celui de Delphine Horvilleur! Sans aucun prosélytisme, ses réflexions sur la mort et « nos morts » sont remplies d’intelligence et de pertinence. La mort aussi tragique soit-elle ne peut résumer une vie. Célébrer la vie pour ce qu’elle fut, ce qu’elle est et sera. Elle interroge les fantômes, les secrets, la culpabilité, les signes qui nous interpellent, la puissance de l’ascendance, ou encore ce moment de l’enfance où l’on comprend qu’il y aura une fin. Elle convoque des morts connus (Simone et Marceline!) et inconnus, les écrits du judaïsme, la laïcité qui nous rassemble, la psychanalyse, l’humour. Tout fait sens, tout est lumineux. Telle une conteuse, Delphine Horvilleur nous enveloppe de ses mots pour surmonter les angoisses et la douleur de l’absence de ceux qui sont partis où qui partiront. Un livre universel et merveilleux.♥️


  • par (Le Pain des Rêves)
    8 avril 2021

    Delphine Horvilleur est rabbine, "rabbin laïc" a précisé la sœur d’Elsa Cayat, morte lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Etre rabbin n’est pas un sacerdoce, c’est son métier qui la met en contact avec des "endeuillés" pour les accompagner lors du décès d’un proche , pour faire son hommage, "faire sentir combien dans la vie nous avons été en vie" et réciter le kaddish.

    Le livre s’organise en onze chapitres qui évoquent des morts d’inconnus ou de personnalités. Elle a accompagné Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens, Elsa Cayat dont la sœur la désignera comme "rabbin laïc", mais aussi sa proche amie Ariane, et cette dame dont le fils est incapable de raconter l’histoire parce qu’elle n’en a rien dit et qui sera seul à l’enterrement.
    Dans chaque chapitre, elle s’efforce de donner un sens à la mort et raconte aussi un peu de son histoire personnelle. Elle évoque la relation des vivants et des morts, l’histoire du peuple juif, la Shoah, des personnages bibliques comme Moïse qui a négocié avec Dieu pour échapper à la mort, le journalisme, le "métier de rabbin", certains rites et pratiques du judaïsme. Quand elle revient sur sa vie de jeune femme étudiant à Jérusalem à l’époque de la mort d’Itsh’ak Rabin en 1995, c’est pour dire que son sionisme n’est pas celui des propriétaires qui se réfèrent au "cadastre biblique", qu’elle préfère un sionisme "nourri d’exil , de non-appartenance (…) de la certitude de devoir être sur cette terre des résidents étrangers, des non-propriétaires". Évoquant les obsèques d’Elsa Cayat, elle réfléchit à la laïcité qui lui permet d’être rabbine, qui "garantit toujours une place laissée vide de certitudes", "que l’espace de nos vies n’est jamais saturé de convictions et [qu’]elle garantit une place à la croyance qui n’est pas la nôtre". .
    Dans un dernier chapitre, elle nous emmène au cimetière de Westhoffen profané en 2019. C’est le cimetière de sa famille paternelle et celui de familles illustres dont nous connaissons tous les noms et qui ont beaucoup donné à la France. C’est l’occasion d’une belle et émouvante relecture du fratricide des enfants d’Adam et Ève, Caïn le propriétaire qui tue Abel, celui qui "ne s’installe nulle part et ne connaît aucune propriété", "meurt et disparaît sans laisser de trace".
    Cet essai de Delphine Horvilleur est au-delà de toute croyance et nous concerne tous puisque "la question de la mort existe en chacun d'entre nous". Il aide à la relier à la vie, à nourrir notre réflexion et notre sérénité. La rabbine est une conteuse érudite dont le propos captive et apaise. Son écriture est limpide et agréable. Elle possède le talent très personnel de regarder au-delà de l’apparence, à côté de l’évidence pour nous faire voir autre chose, découvrir un autre sens, d’expliquer les textes de sa tradition pour nous les rendre contemporains et capables de répondre à des situations très actuelles.
    Ce livre est un bel hymne à la vie !


  • par (Fontaine Auteuil)
    26 mars 2021

    Delphine Horvilleur nous raconte au travers de ce récit son rôle d'accompagnatrice auprès des familles endeuillées.
    Une restitution toute en finesse et en empathie .
    Une pertinence et une intelligence rares.
    De l'humour en prime!
    Absolument indispensable en ces temps troublés.


  • par (Librairie Espace-Temps)
    19 mars 2021

    Magnifique éloge à nos disparus

    Rabbine a vécu en Israël jusqu'au jour du meurtre de Yitzhak Rabin, premier Ministre, par des intégristes juifs en 1995. Elle nous fait part intimement de son côtoiement régulier avec la mort et les cimetières, car elle a la fonction d'accompagner les morts et leurs familles par des discours mettant en valeur la vie, sans s'apitoyer sur la mort. Morts anonymes ou célèbres, tels Simone Veil, Marceline Loridant ou Elsa Cayat de Charlie Hebdo.
    Beau moment de lecture pour ce talent de conteuse et ce petit traité de consolation, surtout quand on a perdu un ou des proches. Quelques moments drôles aussi !