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Wonder Landes, Roman

Alexandre Labruffe

Verticales

  • par (La Chouette librairie)
    4 décembre 2021

    Coup de cœur de la chouette

    Un frère en prison, un père qui ne s'en remet pas. Tout cela pourrait être dramatique [ça l'est] mais sous la plume d'Alexandre Labruffe cela prend le tour d'une excellente comédie douce-amère.


  • par (La librairie des Halles)
    22 octobre 2021

    Un récit déroutant et percutant à l'image de l'oeuvre singulière et personnelle d'un auteur désormais bien planté dans notre paysage littéraire.

    Avec ses excellentes Chroniques d'une station-service, Alexandre Labruffe avait brossé le portrait d'un jeune pompiste en philosophe malhabile à l'imagination délirante. L'auteur marquait les esprits avec sa verve surréaliste dont la mélancolie pointait sous le trait caustique. Si Wonder Landes ne manque pas d'humour, il vérifie comme l'adage qu'il est le meilleur rempart à opposer au désespoir. Lorsque le narrateur apprend que son frère est incarcéré pour malversations, il traverse la France pour se rapprocher de son aîné et de leur père isolé dans sa maison landaise. Force est de constater que cette famille éclatée depuis le décès de la mère et épouse ne brille pas par son équilibre et sa rationalité. Père et fils surenchérissent dans l'outrance et le déni. Le narrateur n'échappe pas à la règle et va découvrir dans un crescendo cocasse et poignant que la folie règne définitivement parmi les siens. Alexandre Labruffe signe ici un récit personnel à la gravité et au psychédélisme assumés. Tour à tour inquiétant et foutraque, ce récit est hanté par le désordre et la déviance de ses personnages qui va jusqu'à contaminer la structure même du texte. Telle Alice égarée dans la forêt landaise, Alexandre Labruffe débusque les "lièvres" de l'enfance, les fantômes dans les placards, les silences et les secrets de famille qui vous constituent et vous empêchent.


  • par (Le Pain des Rêves)
    13 septembre 2021

    Parce que son frère est incarcéré pour association de malfaiteurs, Alex revient dans la forêt des Landes et dans la maison familiale, Labrit. Son frère lui a laissé un sac noir rempli de choses bizarres et lui envoie des messages incompréhensibles sur son portable. Il enquête, cherchant à percer l’identité réelle de Pierre-Henri, PHL, ou bien d’autres noms puisqu’il en change constamment. Il est désarçonné devant ce frère aîné au parcours sinueux et insaisissable, qui semble bipolaire, qui lui raconte ses délires, qui le vole, qui lui prend même son passeport et son identité, à lui dont la compagne est une coréenne un peu décalée ! Ce frère capable de coups géniaux, mais incapable d’aller au bout de ce qu’il pourrait réussir et capitaliser. Un frère baratineur qui l’a spolié à coup de voitures de luxe payées par son père.

    Son père, qui est en fin de vie, a été un psychologue de bon niveau. C’est un homme qui ne jette rien, qui semble avoir eu plusieurs vies, un père qui n’a jamais rien refusé à son aîné. Dans leurs vies, rien n’est vraiment rationnel, peu d’actes sont guidés par la raison ou un examen objectif de la réalité. Il y a beaucoup de secrets. La maison est en désordre, comme les vies du frère et du père l’ont été. L’huissier est aux aguets, il faut intervenir, mettre fin aux désordres...
    Qui est responsable de la folie de PHL ? Quel a été le jeu et l’influence de leur père ? Jusqu’où ira PHL dans le déraisonnable ?
    Alexandre Labruffe écrit un récit plus grave que ses deux précédents textes, tout aussi morcelé que "Chroniques d’une station-service", à l’image des vies de son frère et de son père. Il se comporte en fils dévoué et en frère aidant, s’immergeant dans la folie du frère, dans le décousu de la famille, trouvant sens dans plein de choses bizarres, la pelleteuse dans le parc, les apparitions d’un lapin, les Kinder bueno que consomme PHL, les choses enterrées dans le sous-sol de la maison (dont "250 magazines Auto Plus étrangement préservés"), l’huissier baroque… Le récit est chaotique, parfois écrit comme un poème, il semble être désordonné alors qu’il suit l’actualité de la vie de PHL et du père, il ne souffre d’aucun temps mort. Jamais larmoyant, il est drôle du fait de la mise à distance imposée par le narrateur.
    Après la mort du père, Alexandre liquide les affaires et brûle quantité de papiers et d’objets, mettant ainsi fin à au rocambolesque de la vie familiale. Il se donne peut-être l’espoir d’une vie nouvelle, plus ouverte, plus légère et ordonnée.
    Mais qu’a-t-il compris de ce frère si déconnecté de la réalité ?


  • 23 août 2021

    Déracinement

    Passée la surprise de l’arrestation de son frère pour divers larcins et fausses identités, A.Labruffe démantèle les souvenirs d’enfance et la personnalité d’un frère aîné qui, d’apparence protecteur et rassurant, s’avère être un mythomane déraciné ; un « Pierrot le fou » qui ne sait franchir les obstacles qu’à cheval !.....
    A.Labruffe découvre, de retour dans la maison familiale gorgée d’objets, l’intimité de son père dont l’état de santé se dégrade et pose un regard atterré sur l’emprise de son frère…..
    La forêt landaise relance les non-dits d’une écriture aérée et métaphorique, révélant une fratrie aux énergies opposées dont les portraits sont saisissants.