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Les Autos tamponneuses, roman

Stéphane Hoffmann

Albin Michel

  • par (Fontaine Haussmann)
    17 septembre 2012

    Les autos-tamponneuses

    Cette fois c'est décidé, Pierre Bailly chef d'entreprise, magnat de la finance prend sa retraite. Une vie consacrée aux affaires, donc jamais là, comprenez jamais à la maison. Et maintenant une vie nouvelle devant soi qu'il va falloir caser dans la demeure familiale à Vannes auprès de sa femme Hélène. Pour celle-ci la retraite de son mari résonne comme une mauvaise blague. « Je t'aimais parce que tu n'étais jamais là » lui confie-t-elle un soir qu'il dîne en amoureux. Alors forcément ça promet ! Stéphane Hoffmann écrit avec le sourire aux lèvres. Mais de quel sourire s'agit-il au juste? Tantôt cynique, amusé, tendre, drôle, méchant...C'est un peu tous ces sourires là qui s'offrent au lecteur dans le récit de cet homme confronté à la dure et cruelle nécessité de réinventer sa vie de couple.


  • 15 octobre 2011

    Balzac, reviens !

    Pourtant tout avait bien commencé. D’entrée l’auteur frappait fort. Avec une sentence bien ficelée. Le mariage comparé à un tour d’autos tamponneuses. «C’est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n’est pas seul.» D’où le titre du roman. Plus imagé...y’a pas ! Bien entendu, on n’est pas obligé d’être d’accord mais force est de reconnaître que c’est bien tourné.
    Alors voilà. C’est l’histoire de Pierre, marié donc, avec Hélène. Ca se passe en Bretagne, dans le golfe du Morbihan pour être exact. Pierre veut prendre sa retraite mais Hélène, sa femme donc, qui aime son homme quand il est absent, ne veut pas d’un mari qui traîne dans ses pattes à ne rien faire. Ils ne peuvent pas se supporter, ils sont riches, «arrivés» comme on dit et ne fréquentent que leurs semblables : ceux qui sont riches, arrivés et qui ne peuvent pas se supporter. L’auteur surfe sur la petite vague facile du cynisme à la mode de chez nous aujourd’hui : sa plume se veut acerbe, impitoyable, corrosive, désenchantée...que sais-je et que dira-t-on partout dans la presse qui «chouchoute" ce livre. Pas de quoi faire une tempête !
    Ces vies ennuyeuses de bourgeois de province à la Chabrol finissent par ennuyer le «pôvre" lecteur !
    Surtout quand il tombe sur des phrases de cet acabit : «Jolie femme, certes, appétissante pour qui aime le colossal, mais il semble qu’elle ait de la merde à la place du cerveau : quand elle a parlé, on dirait qu’elle a pété." Hum...hum !
    Allons, pour les études de moeurs, retournons, en calèche, voir ce cher Balzac !


  • 1 octobre 2011

    Marié depuis plus de quarante à Hélène, Pierre Bailly décide du jour au lendemain de se retirer des affaires. Lui qui a réussi s’ennuie désormais et veut profiter de la retraite. Il quitte définitivement Paris où il séjournait la semaine pour s’installer dans leur maison de Vannes. Sauf que son épouse Hélène ne voit pas ce retour d’un bon œil.

    Stéphane Hoffmann n’a pas froid aux yeux et use d’une plume vraiment féroce! Son personnage Pierre, a prospéré dans le monde des affaires en épousant Hélène, fille d’un autodidacte ayant construit un petit empire. Sauf que Pierre ne s’amuse plus, il est temps pour lui et selon lui de passer du temps auprès d’Hélène dans leur belle maison du golfe du Morbihan. Mais Hélène n’est pas de cet avis. Hélène ignore Pierre et ne sait pas comment il va s’occuper. Lui non plus d’ailleurs. Que va t-il faire de sa retraite ? S’acheter un bateau pour quelques promenades, aller au marché (celui où il faut être vu par les notables de la bourgeoisie vannetaise), échanger quelques réflexions dans un club quelconque ? Pierre méprise tous ces gens et l’est autant. Hautain, nombriliste tout comme son épouse. Ou du moins c’est ce que nous laisse penser l’auteur. J’ai souri et j’ai jubilé (oui, je sais, je suis méchante) grâce à cet humour cynique et affuté, à cette fausse légèreté et cette auto-dérision. Aux premiers abords, on pourrait penser que l’auteur décrit uniquement à coups de canif les habitudes de la bourgeoisie vannetaise. Il y a plus avec le couple Pierre-Hélène. Un couple qui n'a aucune nouvelle de leurs deux enfants, et d’ailleurs qui ne sait pas s’il a ou non des petits-enfants. La mort d'Alain leur fils aîné il y a plus de vingt ans semble avoir été acceptée par l'un et par l'autre. Sans surprise, l'auteur nous amène sur le terrain des émotions enfouies sous une couche épaisse de mondanités (et autres activités) provinciales.

    Ce livre a sans aucun doute secoué le petit monde de Vannes. Pour ma part, j’ai apprécié cette lecture même si j'ai trouvé la trame sans grande originalité.


  • 16 septembre 2011

    Vive la retraite en Bretagne

    Je n'avais pas franchement envie de lire un roman sur un soixantenaire qui prend sa retraite : ça va être plombant, ça va être gris, ça va me démoraliser.

    Et bien, pas du tout ! Quel humour, ce Pierre, quelle décontraction, quel recul sur sa vie et celle des personnes qui l'entourent.

    Un peu trop parfois, car j'ai senti Pierre loin de ses enfants, certes grands, mais il ne sait même pas si il a des petits enfants.

    Ceci dit, malgré son manque de préparation à la retraite, Pierre sait prendre la vie du bon côté (ah, ces pique-nique Champagne-pâté Hénaf !) et se remet au vélo et à la voile.

    Les soirées organisées par sa femme sont des grands moments de bonheur où l'auteur se plait à croquer la bourgeoisie de province ; et le reste du temps, c'est notre société de consommation qui est raillée.

    Toutefois, un langage familier utilisé par les personnages alors que j'en attendais un langage châtié m'a dérouté.

    Au final, un roman intéressant par sa façon de fustiger notre société contemporaine avec un brin d'humour. Mais pas sûr qu'il m'en reste quelque chose l'année prochaine.

    L'image que je retiendrai :

    Le nom des nobles bretons voisins de Pierre : René et Françoise de Pen Hoël - ou encore celui du beau-père de Pierre "Robert (call me Bébert) Maudet".