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Le jeune homme

Annie Ernaux

Gallimard

  • par (Librairie Coiffard)
    13 mai 2022

    Conseillé par Coralie

    Annie Ernaux raconte, dans ce texte court et intense, comment la honte d'autrefois peut se transformer en fierté, la façon dont elle a ouvert son cœur à un homme plus jeune, un homme qui socialement la renvoie à ses origines. Elle dit comme, parfois, ce sentiment détricote les préjugés, les laisse s'échapper - avec bonheur.
    Avec sa langue précise, elle dit le temps qui passe et les douleurs qui s'estompent, les amour qui se font et se défont, les milieux sociaux qui évoluent et qui laissent leurs traces, ancrés profondément.
    L'autrice fait la part belle aux émotions, comme souvent. Elle écrit la réalité pour mieux l'appréhender, la comprendre et l'aimer.
    Il y a des phrases dans ce texte qui sont un réconfort, une évidence et qui résonnent à merveille.


  • par (Librairie Page et Plume)
    6 mai 2022

    Bref et intense

    Est-ce un roman bref, une nouvelle? Quelques pages pour retrouver sa force, sa plume, son talent. En peu de mot, à l'épure, tout y est. Quelques lignes pour décrire cette relation d'une femme, dans la cinquantaine, avec un jeune homme de trente ans de moins.
    "Avec lui je parcourais tous les âges de la vie, de ma vie."
    La rencontre, les débuts, la routine, la fin, les enjeux, les satisfactions, les déceptions, il y a tout ce qui est dit, tout ce qui ne l'est pas, et comme toujours chez Annie Ernaux, c'est brillant !
    Une pépite à savourer !

    Aurélie


  • par (Librairie Page 36)
    3 mai 2022

    Le jeune homme

    Annie Ernaux nous livre une de ses relations amoureuses, alors qu'elle avait cinquante-quatre ans et le jeune homme vingt-cinq.
    Ce n'est pas le détail de la relation qui s'y dévoile mais le sens qu'elle en retire. Le texte a été écrit entre 1998 et 2000, sûrement le temps que la relation fut, puis retravaillé en 2022.
    On saisit en premier lieu l'intensité pour elle d'éprouver la liberté d'aimer quelqu'un de plus jeune, cette sensation surprenante d'éprouver l'impression des temps passés qui se répétent, se renouvellent aussi.
    Les regards extérieurs ne la gênent nullement, elle ne se cache pas de cette relation. Venant d'Annie Ernaux, cela n'est évidemment pas surprenant.
    Elle vit sans illusion cette relation, et de cela même peut-être, elle la vit pleinement.
    Elle dit combien elle trouve là une justice d'avec les hommes dont nul n'est choqué de les voir amoureux de femmes bien plus jeunes qu'eux. Elle dit le droit naturel qu'elle sait avoir de vivre cette relation-là, à ce moment-là de sa vie.
    Mais ce n'est pas là l'essentiel.
    De lire ce texte, on sait une fois encore l'imbrication de la vie et l'écriture.
    C'est comme si l'une donnait sens à l'autre, vice et versa. Annie Ernaux vit et écrit, écrit et vit. Cela ne peut être autrement et c'est intrinsèquement lié.
    Lors de cet épisode amoureux, elle a commencé à écrire sur l’avortement, le sien, et de le faire elle a su soudain la fin prochaine de cet amour. Comme quoi les chemins d'écrire portent en eux quelque chose de vertigineux. Comme quoi écrire pour Annie Ernaux, c'est ouvrir autant que saisir les chemins à vivre.
    Mais que ce texte est court malgré toute la réflexion portée.