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La Dernière Reine

Jean-Marc Rochette

Casterman

  • Conseillé par (Nouvelle Librairie Sétoise)
    20 novembre 2022

    Du grand art !

    Avis unanime de toute l'équipe !
    Au lendemain de la guerre, une gueule cassée cherche à retrouver un visage. Cette quête mènera le personnage principal jusqu'à Jeanne Sauvage, une sculptrice animalière.
    Une grande et belle histoire d'amour et de résilience. Un hymne à la nature sauvage, bouleversant et magnifique.
    Du grand art !
    Lu, approuvé et conseillé par Sophie, Agnès et Nadège.


  • Conseillé par (Librairie Le Grenier)
    19 novembre 2022

    Ce n'est plus un coup de coeur, c'est un coup de foudre !

    Une histoire puissante, immersive portée par un dessin profond, "La dernière reine" fait partie de ces BD dont on ressort un peu différent, un peu sonné, totalement envouté. Très certainement la meilleure création de Rochette, un chef-d'œuvre !


  • Conseillé par (Librairie La Grande Ourse)
    6 novembre 2022

    Au sommet !

    C’est une couverture qui parle aux lecteurs de Rochette: la silhouette d’un animal, une crête, un sommet en arrière plan et ce ciel uniformément bleu, le « Bleu Rochette », celui de Ailefroide ou le Loup. Avec La Dernière Reine, le dessinateur grenoblois élargit son domaine. La montagne est présente, fil conducteur obligatoire mais Rochette fait comme si il osait une première par une face encore non gravie, celle d’un amour entre une femme et un homme. Pour réussir cette ascension il fallait rencontrer une femme, l’histoire d’une femme. Dans la réalité elle s’appelait Jane Poupelet (1874-1932). Dans la BD elle s’appelle Jeanne Sauvage. Elle est sculptrice animalière à Paris. Lui s’appelle Edouard Roux, il est une gueule cassée de 14-18. Elle répare avec des masques les visages des hommes défigurés. Il est un sauvageon du Vercors élevé par sa mère. Il monte à Paris avec son sac sur la tête. Sous ses doigts à elle, le sac devient voile et un visage est retrouvé.
    Jeanne va faire découvrir à Edouard le monde de l’art, Edouard va emmener Jeanne dans le Vercors cette région où en 1898 fut tué le dernier ours, la dernière reine, la région d’une forêt primaire, le lieu d’un retour possible à la vie primitive.

    L’auteur, contrairement à ses albums précédents, ouvre de multiples portes mais sans jamais perdre le lecteur. La noirceur côtoie le regret d’un monde perdu mais le peintre ne donne pas de leçon morale. Il donne à voir les espaces infiniment beaux et nous amène à réfléchir à notre rapport à la nature.

    Rochette n’est pas du genre à minauder, à faire semblant, aussi le croit-on totalement quand il dit que c’est l’écriture du récit et des dialogues qui le passionnent, que son plaisir principal est là, à cet instant de la création et que le passage au dessin est « besogneux », difficile. Obligé de le croire certes mais pas obligé de le suivre. Le dessin de Rochette est au diapason de ses récits et comment pourrait on reléguer au second rang ces pages silencieuses, pas indispensables a priori, qui montrent en quatre cases panoramiques le coucher et le lever du soleil sur les cimes? Le silence, l’absence totale de mots et pourtant l’expression par le dessin, la couleur, d’un moment de grâce indicible.

    « Fais de moi un nuage » demande Jeanne à Edouard mais aussi à Rochette, le peintre, qui va s’exécuter pour nous dans des pages sublimes.

    A travers l’omniprésence imposante de l’Ourse, Rochette nous ramène aux origines, aux grottes rupestres, à l’animisme quand l’esprit des hommes et des animaux se confondait, quand les forêts n’étaient pas plantées pour faire des planches de cercueils. Dans les face à face nombreux et silencieux ce sont les regards des ours, des cerfs, des aigles qui nous percent, nous dévoilent et nous figent.

    Le livre terminé, on a lu d’un trait l’histoire, il nous reste aussi en mémoire les images magnifiques d’un couple uni, mélangé, absorbé dans la glaise d’une sculpture. Texte et images, Rochette réussit ici la fusion de deux expressions qu’il maitrise au plus haut point pour en faire une oeuvre rare.


  • Conseillé par (La librairie des Halles)
    4 novembre 2022

    100 000 ans dans le Vercors, les ours, les loups, la forêt disparaissent peu à peu. Une vie, la guerre, les derniers plateaux sauvages. Le regard d'Edouard sur notre monde, son absurdité, sa méchanceté.
    Des paysages et des dessins à couper le souffle, un désir de vie fantastique qui se heurte à la bêtise des hommes, de la guerre et du rejet de l'autre, qu'il ou elle soit ours, animal, marginal ou même artiste.
    "La dernier des reines", une tragédie subtile qui porte si bien son nom.

    Léo


  • Conseillé par (Fontaine Luberon)
    28 octobre 2022

    "L'art n'est rien s'il ne force le réel...

    ...seul l'homme a éteint son feu".
    Rochette s'est surpassé et nous livre un récit dense ou chaque mot est pesé. Il sonde les profondeurs de la mémoire humaine et tisse une histoire aux ramifications multiples qui prennent leurs sources en un temps où l'homme craignait et respectait l'ours.
    Au cours des siècles le monde a glissé vers une marchandisation effrénée et bientôt l'homme aura tout dévoré. "Même les forêts sont devenues trop petites pour cacher les ours et ceux qui s'aiment..."
    Si l'homme a tué la magie en s'éloignant de ses origines la beauté peut encore éclore des mains d'une artiste sincère. Sur le haut plateau du Vercors l'amour de Jeanne et d'Édouard va s'épanouir au cœur d'une nature immense et immuable.
    Rochette met en scène la possibilité d'une entente entre l'homme et son environnement.
    Après "Ailefroide altitude 3954" qui s'ouvrait sur un tableau de Soutine, Rochette convoque à nouveau le peintre pour mettre à jour "la chair du monde". Comme lui il malaxe les teintes et les matières pour arriver à ce rendu brut, rugueux, chargé d'intensité. Son noir cache autant qu'il montre, ses silences nous étreignent.
    S'il y a un secret caché dans les plis de la montagne peut-être faut-il aussi en chercher un dans les regards des animaux qui semblent nous dire : "je suis un autre mais je suis là".


  • Conseillé par (C'est la faute à Voltaire)
    24 octobre 2022

    La dernière reine

    Un album graphique totalement fascinant, une merveilleuse histoire d'amour d'un homme et d'une femme, d'une femme pour l'art, d'un homme pour la Nature.


  • Conseillé par (La Pensée sauvage)
    24 octobre 2022

    La BD de l'année !

    Un récit poignant et d'une profondeur inouïe ! Un hommage à la nature autour du dernier ours du Vercors, d'Edouard Roux, cabossé de la vie et gueule cassée de 14-18 et de Jeanne Sauvage, sculptrice animalière.
    Un magnifique Roman graphique !


  • Conseillé par (Librairie La Mandragore)
    15 octobre 2022

    Quelle magie, quelle poésie et quelle beauté !!

    Hymne au réensauvagement, cet auteur militant replace la Nature au centre. A l'instar de Baptiste Morizot, Despret ou Latour il propose une nouvelle vision de l'homme. Loin de le condamner, il le souhaite juste, respectueux et humble. Rochette crie son amour comme le loup hurle à la lune et qu'est-ce que c'est beau !

    Pauline