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La danseuse

Patrick Modiano

Gallimard

  • Conseillé par (Librairie La Grande Ourse)
    5 février 2024

    A la recherche du temps perdu

    Les romans de Patrick Modiano sont comme ces cafés parisiens qu'il décrit si bien,. Le décor de zinc et de bois verni échappe aux modes, l'ambiance est feutrée, on observe les clients avec curiosité, on saisit des bribes de conversation, on laisse son esprit vagabonder. D'un coup on est ailleurs.
    La danseuse débute dans un de ces cafés "encore protégé de la dureté du temps présent". Le narrateur y" fait halte" avec une vieille connaissance, rencontrée par hasard, Serge Verzini....Ils y boivent une grenadine et évoquent ensemble "un passé lointain", et une relation commune, qu'ils nomment "la danseuse", et son fils, le petit Pierre.
    Suivre le fil de l'intrigue serait peine perdue. La danseuse construit son récit par bribes, comme les bribes de conversations saisies dans un café. On y croise des personnages aux noms improbables (Modiano dit choisir ces noms dans l'annuaire téléphonique, mais dit-il vrai ?) : Serge Verzini, donc, Hovine, André Barise, Pola Hubersen, Mme Juan, qui évoquent immédiatement le monde interlope que Modiano affectionne. Il y a aussi Boris Kniasseff, un danseur qui a cotoyé Jean-Pierre Bonnefous et Marpessa Dawn. Eux et elle ont vraiment existé : c'est tout l'art de Modiano de mêler réel et imaginaire et de créer ainsi un univers qui lui est propre. On y déambule dans un Paris qui semble lui aussi à la frontière du réel et de l'imaginaire, et dont Modiano, arpenteur infatigable, fait émerger des noms de rues qui sonnent comme les paroles d'une chanson (la rue Coustou, la rue Chauveau-Largarde, la rue Godot-de-Mauroy). On est dans l'univers étrange et incertain de Patrick Modiano. On est ailleurs
    Ces noms, ces lieux, ces bribes de récit miroitent à a manière d'un kaléidoscope, celui de ce "passé lointain" qui refait surface dans la mémoire enfouie du narrateur. A travers ses romans (près de 45 au total) Modiano construit sa propre recherche du temps perdu, dont "La danseuse" pourrait être un des derniers épisodes. "Il n'y a pas de passé, ni d'étoile morte, ni d'années-lumière qui nous séparent à jamais les uns des autres, mais ce présent éternel" conclut magnifiquement le livre.

    Jean-Luc


  • Conseillé par (Librairie Coiffard)
    13 novembre 2023

    Conseillé par Morgan et Manon R

    C’est en flânant dans les rues de Paris que le narrateur croise par hasard Serge Verzini, un homme énigmatique qu’il fréquentait au même moment que la danseuse, il y a très longtemps. C’était une « période incertaine » durant laquelle, comme il l’exprime au début du roman : « j’avais l’impression de flotter dans les rues et de ne pas pouvoir me distinguer de ces trottoirs et de ces lumières, au point de devenir invisible ». Il y avait Serge Verzini, Hovine, Paula Hubersen, Marpessa Dawn, Jeanette Lauret, Boris Kniaseff.. Comme une constellation d’étoiles qui, du fond des âges et de l’oubli, émettent encore un peu de lumière dans l’obscurité. Ils se retrouvaient parfois dans un club, La Boîte à Magie, où étaient organisés des diners-spectacles, mais aussi au Bastos.

    « La danseuse » est un roman baignant dans une atmosphère onirique, ce « monde de rêve a l’incertaine clarté » qu’évoque Junichiro Tanizaki dans son merveilleux « Éloge de l’ombre ». C’est qu’il y a beaucoup de non-dits, de secrets, de fantômes ; c’est d’ailleurs sans doute ce qui participe à faire émerger ce sentiment d’inquiétante étrangeté. Patrick Modiano explore les liens qui unissent les membres de ce microcosme aux relations troubles, aux activités clandestines, avec un style toujours aussi envoûtant.


  • Conseillé par (Nouvelle Librairie Sétoise)
    29 octobre 2023

    Incontournable !

    Une chasse troublante à la mémoire brouillée dans un Paris interpole aujourd'hui disparu.
    Une atmosphère inégalable et magique. Une grande joie de lire Patrick Modiano, un incontournable.


  • Conseillé par (Librairie Page et Plume)
    9 octobre 2023

    Les fantômes du passé

    Modiano entretient avec ses lecteurs une conversations ininterrompue. Chaque livre entre en résonnance avec le précédent.

    On y retrouve des personnages mystérieux et charismatiques, un narrateur qui a parfois du mal à convoquer ses souvenirs, remettre des noms sur des visages, qui nous balade d'un épisode à un autre de sa vie entre passé et présent, comme dans un rêve décousu.

    Un roman doucement étrange, gracieux et nébuleux, qui flirte toujours avec un roman noir, celui des anciennes Séries Noires ou des Raymond Chandler, avec des imperméables et des ruelles obscures.

    Aurélie