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Varg Veum, 10, COMME DANS UN MIROIR

Gunnar Staalesen

Gaïa

  • 3 octobre 2012

    Varg Veum est un personnage mélancolique attachant, à l'image de cette atmosphère jazzy dans laquelle baigne le roman. Les airs de saxophone semblent s'échapper voluptueusement des pages pour nous chanter les relations passionnelles de ces amants maudits liés par ce qui semble être un pacte funèbre. Le sang d'Humphrey Bogart coule dans les veines de Varg, homme moral et pourfendeur de la noble cause surtout pour les jolies femmes en détresse.

    Comme un miroir mêle une enquête classique autour du thème de l’adultère et des thématiques plus actuelles comme le traitement des déchets toxiques ou l'émigration clandestine. Cette alliance entre sujets d'actualité et sujets intemporels reflète bien l'image du roman.

    L'ensemble est servi par un style à la fois lyrique dans les descriptions et dynamique dans l'action.


  • 28 août 2012

    Un nouvel épisode jazzy du privé norvégien Varg Veum Jeudi 23 août 2012 – 23h

    J’escomptai que ce polar norvégien romprait ma torpeur estivale. Las, j’en fus pour mes… frais. Le rythme du récit, bien que non dépourvu d’attraits, traîne la patte. Un peu comme Varg Veum. Le privé norvégien a bien du mal à refaire surface après l’accident de circulation dont il a été victime. Accident ou plutôt tentative d’assassinat. Car Veum — dont c’est la dixième enquête sous la plume de Gunnar Staalesen — a l’art de s’attirer des emmerdements, l’art aussi de faire remonter à la surface de sombres histoires que les protagonistes pensaient enfouies à tout jamais. Nous sommes dans la Norvège des années 90, entre fjords et montagnes, modernité — Veum vient de s’acheter un téléphone portable — et techniques d’enquête héritées du passé.

    Le passé qui s’entête et resurgit à chaque étape. L’ombre de deux amants décédés en 1957 plane sur une étrange affaire de disparition, d’étranges recoupements se font jour et Veum se retrouve au cœur d’un drame familial sur fond d’adultère. En parallèle, une sordide affaire de trafics de déchets sensibles entre l’Afrique et la Norvège nous ramène au présent. L’enquête est plutôt bien menée, le dénouement assez inattendu, mais l’ensemble demeure assez plat, comme la vie de Varg Veum dont on sait finalement peu de choses, en dehors de son amour pour le jazz et les crooners des années 40 dont les noms et les musiques auxquels ils sont associés rythment les pages. On aurait aimé que l’auteur se lâche un peu et se lance dans un bœuf endiablé. Le onzième opus des aventures du privé norvégien lui en donnera peut-être l’occasion.