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  • 23 septembre 2014

    Kadhafi, violeur en série

    Grand reporter au quotidien " Le Monde ", Annick Cojean est une journaliste tous terrains puisqu'elle signa le premier et dernier interview de la princesse Diana pour la presse écrite, en 1997. Mais aussi des reportages sur " Les mémoires de la Shoah ", pour lesquels elle remporta le prix Albert Londres. En 2011, elle fut envoyée par son journal à Tripoli, pour enquêter sur la révolution lybienne. Elle en rapporta un article titré " Esclave sexuelle de Kadhafi " où elle racontait l'histoire de Soraya, 22 ans, kidnappée et séquestrée pendant cinq ans. L'idée qu'elle n'avait qu'effleuré le sujet ne la quittant pas, elle retourna dans la capitale lybienne, pour poursuivre et approfondir ses recherches. Le résultat?  Un livre à la fois poignant, terrifiant et dérangeant, intitulé " Les Proies ", car c'est exactement ce qu'étaient les femmes qui avaient le malheur de croiser le regard de ce chasseur sanguinaire et de lui plaire.

    **Rencontre avec Annick Cojean**

    _Comment avez-vous découvert l'histoire de Soraya? _En octobre 2011, je suis partie enquêter en Lybie sur l'action des femmes pendant la Révolution. On voyait des Tunisiennes et des Egyptiennes, ardentes, participer aux débats. Mais ce n'était pas le cas en Lybie. Et mes confrères qui avaient couvert cette révolution, me confirmaient qu'ils n'avaient jamais eu accès aux épouses, aux sœurs, aux filles, tout en sachant qu'elles avaient joué un rôle fondamental. Elles avaient été l'arme secrète de la rébellion, avaient caché des rebelles, levé des fonds, pris des risques fous. Et puis j'ai découvert les viols.

    _De quelle manière? _Lors de cette révolution, beaucoup d'entre elles ont été violées par les kadhafistes. Le général en avait fait une arme de guerre, et il donnait l'ordre à ses soldats de violer avant de tuer. Les hommes le révélaient, un peu gênés. Car en Lybie, si une femme est violée, c'est tout l'honneur de la famille qui est bafoué. Donc, personne ne parle. A mon retour en France, j'ai rencontré une opposante à Kadhafi. Elle a décidé de m'aider, m'a permis de rencontrer les violeurs qui se trouvaient en prison. Mais je ne rencontrais toujours pas de victimes. Jusqu'au jour où on m'a présenté Soraya.

    _ __C'est par l'intermédiaire de votre contact que vous l'avez rencontrée? _Oui. Elle m'a dit, " une jeune fille a envie de parler, elle est perdue, elle a été violée par Kadhafi ". Celui-ci était toujours entouré d'une troupe de femmes soldats, sculpturales et très maquillées, les amazones comme nous les surnommions en Europe. Et nous nous posions tous des questions à leur propos, mais sans imaginer ce qui se passait vraiment.

    _Kadhafi a pourtant longtemps été considéré comme un dirigeant plutôt féministe_ Oui, parce qu'en 1979 il a créé une académie militaire des femmes. Mais tout cela n'était que de la poudre aux yeux et plein d'universitaires français sont tombés dans le panneau. J'ai été abasourdie par le récit que m'a raconté cette jeune fille, Soraya.

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  • 15 avril 2013

    Quel livre ! Quelles révélations sur les moeurs dépravées de ce dictateur lybien que fut Kadhafi qui se crut tout permis. Quel malheur de naître fille ou d'être une femme dans certains pays. L'esclavage existe encore. Annick Cojean nous montre là l'une des formes les plus laides.


  • par (Librairie L'Armitière)
    25 septembre 2012

    Rendre justice...

    Entendre absolument les voix de ces "proies" rendues audibles par le travail immense et précieux d'une journaliste remarquable! Une enquête terrible à ne pas manquer...