Gatsby le magnifique

Gatsby le magnifique

Stéphane Melchior, Francis Scott Fitzgerald, Benjamin Bachelier

Gallimard Jeunesse

  • par (BD et Compagnie)
    24 mai 2013

    Au moment où sort le film Gatsby le Magnifique, c’est à une tout autre transposition que nous invitent Melchior-Durand et Bachelier.

    L’action se passe dans le Shanghai d’aujourd’hui, à travers les yeux d’un jeune architecte, Nick Carraway, employé aux gigantesques travaux de développement de la ville. Le hasard l’installe au voisinage de l’immense demeure de Gatsby et il va progressivement percer le mystère de la vie de cet homme riche, dévoré par sa passion pour la belle Daisy qu’il a connue jadis. Celle-ci, mal mariée à un homme qui lui préfère le polo et le whisky, n’est autre que la cousine de Nick, et celui-ci va faciliter la reprise des liens entre les deux amoureux.

    La transposition de l’atmosphère "fitzgeraldienne" est très réussie, rendue par des gouaches où dominent les couleurs pastel en harmonie à chaque double page.


  • 11 mars 2013

    Roman graphique de Melchior-Durand et Bachelier, adapté du roman éponyme de Francis Scott Fitzgerald.

    L’histoire est la même. Nick Carraway a pour voisin le mystérieux Jay Gatsby qui donne des fêtes somptueuses dans sa villa. Nick est le cousin de Daisy Buchanan, jeune femme très sensible dont le mari, Tom, dissimule à peine sa liaison avec une autre. Tout est là : les voitures, la vitesse, la chaleur, le drame. La seule différence, c’est le temps et le lieu de l’action. Nous ne sommes plus dans la riche périphérie new-yorkaise des années 1920. Nous sommes en Asie, probablement à Shanghai, à l’aube du 21° siècle.


    Ce dépaysement littéraire était-il utile ? Non. Oui. Je ne sais pas. J’ai retrouvé avec plaisir la tragédie de Fitzgerald et le désespoir sublime de Gatsby. « Il devait avoir en lui quelque chose de magique, un don prodigieux pour l’espoir… Une aptitude au romanesque que je n’avais jamais rencontrée chez personne et que je ne pense pas rencontrer de nouveau. Oui, vraiment, Gatsby s’est montré parfait jusqu’à la fin. » (p. 5) En chair et en image, le personnage a toujours son aura mystérieuse et irrésistible. Nick Carraway est toujours cet émissaire triste et détaché qui ne sait s’il doit soutenir sa cousine ou aider son ami. Quant au couple Buchanan, ils sont tels que Fitzgerald les a voulus. « Tom et Daisy. C’étaient tous deux des insouciants. Ils cassaient les choses et les êtres, puis allaient se mettre à l’abri de leur argent ou de leur prodigieuse insouciance, et ils laissaient à d’autres le soin de nettoyer les dégâts qu’ils avaient faits… » (p. 88)

    Le changement de lieu et d’époque n’apporte rien à une histoire qui n’a pas besoin d’être révisée. Mais il y a bien quelque chose, finalement, dans l’œuvre de Melchior-Durand et de Bachelier : leur vision de Gatsby le magnifique prouve que cette histoire est atemporelle et que le drame qu’elle porte n’a finalement besoin que d’une scène pour s’accomplir.

    Je n’ai pas été vraiment séduite par l’image, entre aquarelle et impressionnisme. Je lui reproche un aspect trop flou. Toutefois, les couleurs sont superbes, très dynamiques.

    2013 est décidément l’année des reprises et des adaptations du fabuleux roman de Francis Scott Fitzgerald. Bientôt un film sur les écrans, avec Léonardi di Caprio et Carey Mulligan dans les rôles principaux. Affaire à suivre…