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Et quelquefois j'ai comme une grande idée

Ken Kesey

Monsieur Toussaint Louverture

  • par (Librairie Obliques)
    20 décembre 2019

    Livre-monstre

    C’est un double événement que ce livre, à la fois parce qu’il inaugure la collection des Grands animaux aux éditions Monsieur Toussaint Louverture (beaux livres, grands textes, petits formats, petits prix, pour aller vite), et aussi parce qu’il permet à un plus grand public encore de découvrir un chef d’œuvre resté caché du monde francophone depuis plus de 50 ans. Car un chef d’œuvre, voilà bien ce qu’est ce deuxième roman de Ken Kesey, écrit peu de temps après son célèbre Vol au dessus d’un nid de coucou.

    Dans le vacarme du bar du coin, avec un verre de trop dans le nez, grimpé sur un tronc géant les mains pétrifiées par le froid ou fumant son clope mouillé par la pluie qui ne cesse jamais, chaque habitant de Wakonda, Oregon, y voit son destin lié aux sombres remous qui agitent la famille Stamper. Soutenue, la tension est extrême et porte le lecteur avec une égale fébrilité dans tous les épisodes magistraux de l’histoire : les titanesques travaux de bûcheron, la stupéfiante partie de chasse nocturne, les histoires croisées de tous ces seconds rôles attachants et plus vrais que nature.

    Sur la forme, le procédé utilisé est virtuose, avec ses narrateurs flottant au-dessus de l’intrigue, à la fois œil d’aigle, neutre et bienveillant, mais aussi confidents intimes, au plus près des hommes, de leurs plus profondes pensées, aux premières loges de leurs déchirures et de leurs doutes.

    Grâce à cette technique parfaitement maîtrisée, et à une capacité unique à décrire dans ses moindres détails chaque paysage, chaque son, chaque sensation qu’on traverse dans ces humides forêts, Kesey fait passer ces 800 pages comme s’il n’y en avait que 100, le lecteur embarqué tout naturellement vers la fin du jour et l’inévitable dénouement qui sied à tout récit épique.

    Et quelquefois... c’est ce roman-là, une tragédie antique dans l’Amérique des années soixante et Shakespeare noyé dans les brumes de l’Oregon. Incontournable, inoubliable.


  • par (Le Passage Culturel)
    1 mars 2014

    Un chef-d'oeuvre de la Beat Generation enfin traduit

    Dans la petite ville forestière fictive de Wakonda, Oregon, le clan Stamper, bûcherons de père en fils méné par l'herculéen Hank, décide de briser la grève du syndicat quitte à s'attirer les foudres des locaux. Mais voici que le retour du fils prodigue Leeland parti étudier à New-York jette le trouble dans la famille...
    Roman social, roman familial, littérature des grands espaces, roman polyphonique, roman total... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce chef-d’œuvre de 800 pages de Ken Kesey, auteur de Vol au-dessus d'un nid de coucou et chef de file des Merry Pranksters.
    Kesey a su construire ici un roman maîtrisé de bout en bout qui allie des thématiques variées (l'individu contre la société, l'affrontement avec une nature implacable) à une narration exigeante, le lecteur évoluant dans la tête de plusieurs personnages au sein d'un même paragraphe.
    Définitivement un incontournable!


  • par (Librairie Nouvelle)
    20 février 2014

    La bruine, le froid, la clameur de la faune, la violence brute du fleuve. Dans l'air planent l'odeur de la sciure et les cris des hommes révoltés. C'est le syndicat des bûcherons, furieux contre le clan Stamper, ces foutus briseurs de grève.
    Dès les 1ères lignes, Ken Kesey nous immerge au cœur de la forêt humide et touffue : dans un perpétuel jaillissement de sensations, il défie les lois de la narration, prêtant vie à toute une civilisation de drames et de bêtise, sauvage et fière, qu'on quittera à regret 800 pages plus tard.

    C'est épais, c'est rugueux, c'est un plaisir brut.

    Et quelquefois arrive un GRAND roman.


  • 14 janvier 2014

    Vol au dessus d'un chef d'oeuvre

    800 pages, ça vous fait peur ? En 1964, Ken Kesey, un gaillard de vingt-neuf ans qui n’en est pas à son galop d’essai – il a déjà publié « Vol au dessus d’un nid de coucou » –, fumeur de joints et grand aventurier du psychédélisme, part d’une « grande idée » pour donner naissance à un roman immense, dans tous les sens du terme. C’est ce livre que les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous proposent de découvrir en français, cinquante ans après sa parution outre-Atlantique. Il a fallu huit ans à Dominique Bordes et son équipe pour permettre la publication de ce roman vertigineux, édité à la perfection et traduit au cordeau par le très très grand Antoine Cazé. Pourquoi les lecteurs français ont-ils dû attendre l’éditeur le plus allumé de sa génération pour profiter d’une telle expérience de littérature ? Peu importe, et même, tant mieux. Car on est prêt à parier que l’immense plaisir de lecture repose aussi sur la beauté de l’objet-livre.

    État de l’Oregon, à quelques kilomètres de la frontière canadienne : forêts opaques, nature capricieuse et ours sauvages. Les femmes cuisinent et les chiens jappent. Depuis sa maison isolée, la dynastie Stamper règne sur la rivière Wakonda, qui traverse le village du même nom. Henri Stamper, le patriarche, a fondé la scierie la plus puissante du coin. À soixante-dix ans, le vieux briscard n’a rien perdu de sa verve, mais c’est désormais son fils Hank qui dirige les affaires, épaulé par son cousin et par sa femme Viv, étincelle rousse et farouche, très périlleux objet de désir. Quand les ouvriers de la scierie se rebellent et que les affaires se corsent, il décide de faire appel à son demi-frère, Lee, de douze ans son cadet, élevé à New York après la séparation de ses parents. Introverti et boulimique de lectures, un peu poète et un peu fou, Lee est tout ce que son frère Hank n’est pas. Cependant, il n’hésite pas une seconde à quitter sa fac pour revenir, plus de dix ans après les avoir quittées, sur les terres suppliciées de son enfance. Lee a une vengeance à prendre. De quoi est-il question ? De ce dont il a toujours été question : de secrets, de jalousie et de femmes volées, de combats de coq, d’amour irrépressible et de luttes à mort. Caïn, Romulus, Freud et les autres, Ken Kesey n’a qu’à puiser dans les ingrédients de l’humanité.

    Lâchez prise, ouvrez les vannes. Dans cette œuvre-monstre, il n’y a pas que l’eau qui déferle. La fiction, comme le fleuve en crue et la pluie torrentielle, irrigue chaque parcelle du roman et entraîne tout sur son passage. Histoire d’amour, équipée sauvage, récit initiatique qui atomise la psychologie pour rejoindre le champ de la mythologie, exacerbé par une nature littéralement biblique, la narration se démultiplie sans cesse. Mais loin de se ramifier, le roman-fleuve enfle à chaque page – chaque page d’une écriture virtuose –  se nourrissant des différentes strates du passé familial et de la dizaine de personnages satellites, habitants du village, membres de la famille, qui accompagnent la tragédie comme un chœur antique. On ne galvaude pas le mot en qualifiant de « chef d’œuvre » le roman de Kesey. Alors, 800 pages, finalement, c’est presque trop peu.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Fontaine Auteuil)
    6 décembre 2013

    On ne le prend pas au sérieux, Ken Kesey...

    On le voit venir, avec son style très spontané et ses accents oralisants qui cadrent parfaitement avec l'idée qu'on se fait du style d'un écrivain beatnik, et en parcourant la 4ème de couverture on se dit que ce type-là aurait dû choisir un sujet comme le jazz, le sexe, l'ivresse ou le vagabondage, quelque chose d'un tant soit peu autobiographique car enfin, ça ne sait pas vraiment écrire, un beatnik, ça sait témoigner, ça sait partager une expérience à rebours de l'idéal bourgeois, ça sait émouvoir à défaut de convaincre – les seuls que ça convainc, ce sont les adolescents et les marginaux –, mais construire une intrigue, avoir un projet narratif ambitieux, tenir un cap romanesque pendant 800 pages, ça ne sait pas faire, regardez Burroughs, ses amis ont dû assembler comme ils ont pu ses fragments quasi illisibles du "Festin nu", regardez Kerouac et les « répétitions » de "Sur La Route".

    A tous les détracteurs de la Beat Generation, Kesey répond par un récit puissant doté d'une narration d'une étonnante complexité. La manière dont il jongle avec les points de vue séduit. Comment un vingtenaire amateur de LSD et de peinture fluorescente a-t-il pu produire un texte pareil, comment a-t-il réussi à pasticher Faulkner sans se faire dévorer par lui, d'où lui est venu l'inspiration de ce courant de conscience tumultueux qui enfle de chapitre en chapitre ?
    Arrive un moment où on ne se pose plus qu'une question : pourquoi ce texte a-t-il mis cinquante ans à nous parvenir dans sa traduction française ? Monsieur Toussaint Louverture a comme eu une grande idée...


  • par (Fontaine Luberon)
    7 novembre 2013

    Qu'il est difficile de sortir de ce livre! Pour deux raisons majeures dont la première est qu'une fois installé, on a envie que la lecture dure encore un peu. La seconde tient aux procédés littéraires que Ken Kesey utilise. Il est vrai que ce n'est pas un roman dit facile. Il faut rentrer dans la rythmique et dans les visions que ce livre impose. Empli de bruits et de fureurs, le lecteur sort sonné mais veut rester, encore un peu, au cœur d'un chef-d’œuvre...


  • 31 octobre 2013

    Attention! Pépite!!!

    L'histoire se déroule dans l’Oregon. La ville est paralysée par les syndicats de bûcherons, qui organisent une grève afin de demander le maintien de salaire suite à la diminution de travail, due à l'arrivée de nouvelles technologies.
    Chez les Stamper, on ne veut pas en entendre parler.
    Le patriarche, Henry, gère son bois avec l'aide de Hank, son fils aîné, homme robuste et travailleur. Pour contrer cette grève et continuer à produire, ils demandent à Lee (fils d'Henry et demi-frère de Hank), installé sur la côte Est, de venir leur prêter main forte. Lee ne se fait pas prier, voyant là l'occasion de se venger de Hank, pour qui il voue une grande jalousie depuis toujours.

    Durant 800 pages, Ken Kesey dépeint les relations humaines dans tout ce qu'elles peuvent avoir de mesquin, mais aussi de touchant, au milieu d'une nature tout aussi belle et rude. Cette fresque familiale (et villageoise) est haute en couleurs! On ne s'ennuie pas une seconde, même si la lecture n'est pas toujours aisée : polyphonie, changement soudain de protagonistes, graphies diverses... La psychologie des personnages est très travaillée et plonge le lecteur au fin fond des pensées torturées ou déjantées des uns et des autres.
    Ce livre est magnifique! Un bel objet, une belle réflexion, un bon moment!


  • par (Librairie La Rose des Vents)
    26 octobre 2013

    Coup de coeur de Christophe

    Attention, chef-d’œuvre inédit en France !
    Ses 800 pages serrées de chassés-croisés entre ses personnages. Une fratrie de bûcherons de l’Oregon, des anecdotes formidables, une nature dominante, sont servis par une prose bouillonnante.
    J’aurais aimé poursuivre ce récit pendant cinq ans et 50 000 pages !
    Ken Kesey est un écrivain impressionniste qui avance par petites touches mais décoche de sacrées flèches d’humanité bien réalistes.

    Christophe