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Par ailleurs, exils

Par ailleurs, exils

Linda Lê

Christian Bourgois

  • 30 septembre 2014

    « Sang d'encre »

    Linda Lê est née au Vietnam, vit en France et sa patrie est la littérature, car son sang est d’encre. Une encre pure coule dans ses veines, elle écrit sans les compromissions qu’impose parfois le milieu littéraire pour qu’une œuvre soit visible. Chacune de ses publications est l’éclatante illustration de ses talents d’écrivain constamment sur la corde raide. Pour cette rentrée, elle nous offre la sortie simultanée d’un roman, « [Œuvres vives](http://www.onlalu.com/site/ouvrages/oeuvres-vives-linda-le-le/) », et d’un essai sur l’écriture en exil,  « Par ailleurs (Exils) ». Des textes qui forment comme un pont suspendu entre deux mondes où la littérature est reine. Côté roman, on est dans l’intimité créative de l’auteur à travers un personnage d’écrivain qui est l’avatar d’elle-même, et côté essai on découvre l’univers des autres, ses maîtres en littérature qui, comme elle, s’expriment en terre ou en langue étrangère.

    Commençons par « Œuvres vives ». Si ce très beau titre fait irrémédiablement penser à l’œuvre d’un romancier, le sens exact n’en est pas moins très évocateur du travail d’écriture de Linda Lê qui n’est jamais dans une approche de surface, mais qui navigue toujours en eaux profondes. Les œuvres vives d’un bateau sont la partie de la coque immergée dans l’eau, contrairement aux œuvres mortes qui en sont la partie émergée. Ce roman est une plongée fascinante dans les abysses de la création à travers le portrait d’Antoine Sorel, un auteur de talent peu connu, pour qui la littérature est à la fois « la plaie et le couteau ». Le narrateur, un journaliste culturel en déplacement au Havre, tombe par hasard sur un livre de cet écrivain très estimé par un cercle restreint d’exigeants lecteurs. Saisi et ébloui par la virtuosité du texte, la stupeur du jeune homme est d’autant plus grande qu’il apprend

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