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Les Luminaires

Les Luminaires

Eleanor Catton

Buchet-Chastel

  • 13 avril 2015

    Un roman d'aventures très dense !

    Tout commence dans le port de Hotokika sur la côte ouest de la Nouvelle Zélande en 1866, au temps de la ruée vers l'or. Après un éprouvant voyage, Walter Moody accoste dans le petit port, bien décidé à faire fortune sur ces terres prometteuses. Il rencontre en ce lieu une assemblée mystérieuse, réunie dans le fumoir de son hôtel. Douze hommes vont alors tour à tour lui raconter ce qui les réunit en ce lieu : ils cherchent à démêler certains mystères qui pèsent sur le port. Un riche notable a disparu, une jeune prostituée aurait tentée de se suicider, et une fortune a été retrouvée dans la cabane d'un homme qui vient de mourir. Fortune qu'une veuve émergeant de nulle part souhaite s'approprier.

    Chaque personnage raconte ce qu'il sait des faits, faits qui s'éclairent ou s'assombrissent au fur et à mesure du récit. Les personnalités évoluent au fil du temps, ceci en fonction des versions racontées, offrant ainsi plusieurs strates d'interprétations. Un concept original...

    Mais...

    L'ensemble est beaucoup trop long (992 pages s'il vous plaît...), surtout dans la première partie. Les jalons posés, tout tournera désormais autour de ces mystères, l'intrigue ne consistant qu'en une réécriture incessante des mêmes évènements. Bien sûr de nouveaux éléments sont découverts au fur et à mesure, mais cela n'efface pas l'effet de lassitude. La réécriture des évènements aurait pu être intéressante sur 300 pages, mais 992 c'est trop pour une seule intrigue qui finit par tourner en boucles.

    De plus, de trop nombreux personnages (une vingtaine) défilent si bien qu'on a rapidement tendance à se perdre.

    L'astrologie est au centre du roman, mais il faut être spécialiste du sujet pour en saisir les nuances : chaque personnage représenterait un corps astral et chaque chapitre s'ouvre sur la position des astres à un moment donné... Et ? Et c'est tout.

    Un roman qui aurait gagné à être plus court et simplifié.


  • 16 février 2015

    Astrologiquement vôtre

    Lorsqu’en 2013, la Néo-Zélandaise Eleanor Catton âgée de 28 ans reçut pour son deuxième roman « Les luminaires », le Man Booker Prize, elle réalisait deux records. Celui de devenir la plus jeune lauréate de l’histoire de ce prestigieux prix qui couronne une fiction en langue anglaise, et celui du plus long roman jamais récompensé en 45 ans avec 990 pages.

    Autant vous dire que prendre en main ce pavé auréolé est la promesse de découvrir un véritable phénomène littéraire. L’« avis fait au lecteur » en première page peut cependant laisser un rien dubitatif. Ce préambule expose les fondements astrologiques de la construction narrative et l’on ne peut s’empêcher de penser que toutes ces obscures considérations sur les positions stellaires et planétaires, autant que sur le phénomène de _précession_, pourraient vous décourager d’aller plus loin. Ne vous y attardez pas et rentrez confiant dans une lecture certes exigeante, mais des plus captivantes. Eleanor Catton a échafaudé son histoire comme du très bel ouvrage d’art, avec une maîtrise rare, habitée d’un véritable esprit de compagnonnage. L’édifice romanesque est impressionnant de virtuosité, la langue est somptueuse. Le tout est éblouissant.

    Nous sommes en 1886.

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