Conseils de lecture

EFFRACTION

CARRE Isabelle

Crepuscule

20,00
par
28 juin 2017

Effraction et infraction

L'auteur Isabelle Durand Carré nous entraîne dans un livre singulier. Son personnage L. après une psychanalyse "mal-encontreuse" tente de se réparer à travers une relation épistolaire avec un autre thérapeute, pour coucher sur le papier, à défaut du divan, les mots qui ne pouvaient plus être dits. Cette suite de correspondances nous fait pénétrer dans la vie du personnage, son histoire personnelle, mais aussi dans cette expérience psychanalytique ratée, et comment au fil des mois grâce à cet autre thérapeute, elle dénoue le traumatisme. Ce livre se lit à la fois comme un ouvrage de psychanalyse, mais aussi comme un roman à suspens, qui tient le lecteur en haleine, le met dans une impatience de l'attente de la réponse de l'autre protagoniste. A lire cet été ou toute l'année, à mettre entre toutes les mains néophytes ou averties !


La saison des apparences / naissance des corps d'été, Naissance des corps d'été
19,50
par (Librairie l'Esperluète)
27 juin 2017

tout nu et tout bronzé

C'est un livre sérieux, mené comme une enquête policière, constellé d'humour. Il nous raconte l'été, ou plutôt raconte nos corps l'été, depuis le XIXème siècle. Comment ils se sont dénudés par exemple, mais aussi comment aujourd'hui, il est interdit d'être trop habillé.


Toute la beauté du monde n'a pas disparu
Neuf 16,50
Occasion 12,00
par (Librairie L'Armitière)
27 juin 2017

A partir de 14 ans

Nous rencontrons Ingrid en pleine nature, complètement affolée par la centaine de moustiques qui lui tournent autour, un peu déconcertée par ses compagnons d'aventure et terrorisée à l'idée d"avoir une seule culotte pour tout son séjour !
Si on ajoute à tout ça que c'est sa mère qui l'a obligée à s'inscrire car sinon adieu son inscription dans une école de musique prestigieuse, on se rend compte que son niveau de galère est particulièrement élevé.
Un roman où l'on passe du passé au présent comme du rire aux larmes mais surtout, oui surtout on n'aimerait pas être à sa place (sauf évidemment ceux qui rêvent de faire koh lanta !)!


Miss You - édition française
22,00
par (Librairie Livres en Nord)
27 juin 2017

A la mort de sa mère, Tess, jeune adolescente, doit s'occuper de sa petite sœur, au comportement parfois incompréhensible.
Gus quant à lui, s'évertue à être à la hauteur de son frère, mort d'un tragique accident de ski. Au fil des ans, chacun forgés par leur expérience de la vie, nos deux protagonistes s'efforcent de construire une vie heureuse, en dépit de leur passé tumultueux.
Malgré de nombreuses opportunités ratées, le destin parviendra-t-il à les réunir ?

Un roman d'amour qui évite la niaiserie, mais pas que ! L'auteur arrive à aborder des thèmes tels que le divorce, l'autisme, le deuil, l'amitié, les ruptures... L'alternance des chapitre entre Gus et Tess instaure une lecture rythmée, qui nous permet de découvrir peu à peu leur environnement familial, pas toujours évident.
Un roman léger à lire en bord de mer !

A découvrir !


La Terre des fils
23,00
par (Librairie Obliques)
27 juin 2017

Après la fin du monde

Deux frères, leur père, au bord d’un lac duquel surgissent de temps à autre des cadavres d’un autre temps. Cette terre des fils, elle est ravagée, presque stérile, et ils sont peu nombreux ceux qui la foulent encore après un cataclysme qui les a tous renvoyés à l’âge du fer. Hé oui, c’est encore une histoire de fin du monde, mais celle-ci n’aura que peu d’importance dans le récit, ou bien subtile, pour que la renaissance de ces terres désolées accompagne l’initiation d’enfants eux aussi réduits à plus grand chose. Sans écriture, sans autre enseignement que la survie, leur langage s’est décrépi, est devenu rachitique, tandis que leur fascination pour les mystérieux gribouillis que leur père couche sur le papier les inquiètent et les intriguent. Il ne leur apprendra jamais à lire.

Face à cette énième variation sur le thème rebattu des sociétés post-apocalyptiques, on pourrait être tenté de faire l’impasse, mais il suffira d’ouvrir ce livre pour être frappé par ce noir et blanc haché, un trait brut et précis à la fois qui lance le récit dans une autre dimension. La forme épouse le fond et là où les émotions sont primales, l’image devient brutale, comme inachevée et pourtant si claire, l’exact reflet en somme du monde qui nous est présenté.

Après trois ouvrages autobiographiques, l’auteur italien de Ma vie mal dessinée s’attaque pour la première fois à la fiction avec un conte initiatique quasiment muet, impressionnant de maîtrise et d’une beauté élémentaire. La pluie, le brouillard, la terre, les crânes rasés, les eaux contaminées et les cieux nocturnes émergent de cette pointe fine, de ce dessin comme volé à un bord de table, un coin de nappe de fin de soirée qui dit pourtant tout de l’espoir et du désespoir de ces êtres en construction. La terre des fils est cette déclaration d’amour à la vie, à l’intelligence, à l’humanité, quand tout pourrait sembler perdu. Une merveille graphique.