Conseils de lecture

Le corps du héros
22,00
par (Librairie L'Armitière)
18 février 2018

Certains récits possèdent la vertu quelque peu dérangeante, il faut l'avouer, de mettre en lumière nos préjugés et nos idées reçues pour mieux les broyer par la suite. Et lorsque nous sommes insidieusement happés par une émotion suscitée par un sujet qui nous est, à priori, totalement étranger, l'enthousiasme, authentique, humble et profond qui en découle n'en est que plus troublant.
Le très attachant récit autobiographique de W.Giraldi nous submerge de tendresse.
Gringalet, féru de littérature, il a grandi dans une cité ouvrière du New Jersey, auprès d'une famille de charpentiers à la masculinité impitoyable et décomplexée, grands admirateurs d'haltérophilie et de vitesse, de catcheurs et de boxeurs en tout genre. Malgré des préoccupations bien éloignées de tout soucis de virilité, le jeune Giraldi va s'adonner avec passion au body-building; renforçant une nature fragile, il va trouver le moyen de se faire accepter dans le cercle des héros pour lesquels endurance et douleur sont source de dignité.
Une confession extrêmement émouvante sur la virilité et le corps, mais aussi un très attachant portrait de famille.
A découvrir en urgence


Pourquoi y-a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?
Neuf 10,50
Neuf à prix réduit 10,50
par
18 février 2018

Repartons sur de bonnes bases !

Pourquoi y-a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? C’est à cette vaste question avec un tout aussi vaste talent que se sont attaquées Soledad Bravi et la journaliste Dorothée Werner. Remontant le fil de l’Histoire pour tenter de trouver une réponse, elles explorent la Préhistoire (les femmes accouchent, les hommes chassent), l’Antiquité avec des Egyptiens plutôt ouverts contrairement aux Grecs et aux Romains qui lui donnent le même statut qu’à un enfant. Point d’éclaircie durant les siècles suivant, où sa principale (voire unique) fonction reste d’assurer une descendance, mâle de préférence. Au siècle des Lumières, leurs affaires s’éclaircissent un peu, on leur concède une certaine intelligence et même de l’influence sur le monde des idées.

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Delcourt Littérature

20,00
par
18 février 2018

Jusqu'où aller ?

Le narrateur, époux de Rebecca et bon père de Fee et Paul, explique comment son propre père en est arrivé à tirer sur un homme. Au départ, Dieter Tiberius est juste un voisin un peu trop envahissant. Puis il s’immisce de plus en plus dans le quotidien de la famille, dérangeant Rebecca à tout propos, lui écrivant des poèmes amoureux, observant et commentant (également) les moindres faits et gestes de ses voisins du dessus. Le narrateur tente, dans un premier temps, de mettre fin à ce qu’il considère n’être qu’un conflit de voisinage. Mais quelque chose de plus pervers, de plus asphyxiant est déjà installé. Ni les policiers qu’il contacte, ni son avocat ne peuvent l’aider : la justice est impuissante face à ce type de comportement intrusif « tant qu’il n’y a ni violence, ni flagrant-délit… juste interprétation ».

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Tallent Gabriel

Éditions Gallmeister

Neuf 24,40
Neuf, précommande 24,40
par
18 février 2018

TUER LE PERVERS

Turtle a 14 ans, elle vit en lisière de la société, pleine nature sauvage ou ce qu'il en reste, avec son père, Martin. Son père, son amant aussi, son pervers. Elle apprend à tirer, elle connait les armes, leur maniement, elle connait les araignées, les scorpions, la forêt. Lui pense que le monde est sur sa fin, que tous les signes sont là pour dire que l'inéluctable est proche. Les animaux disparaissent, la nature avec, tout semble fichu. Lui se complait, se plait dans sa relation incestueuse, crasse et violente avec sa gamine, sa " croquette " comme il l'appelle. Croquette. Aliment pour chien, chat. Fille de Martin. Abusée, frappée, humiliée, rabaissée. Le grand père tente de s'y opposer, en vain. Personne ne voit rien, ou laisse faire. Turtle, elle (qui n'a rien d'une tortue), de son vrai prénom Julia, subit, s'endurcit, se laisse faire, consent, se résigne, survit.
Ce roman est une histoire de survie, de lutte, d'acceptation de l'inacceptable, de relation de l'ineffable. Gabriel Tallent, jeune trentenaire qui fait plus vieux que son âge, a mis huit ans à l'écrire, nous apprend on.
Comment, à 20 ans, a-t-on l'idée de produire un tel conte cruel? Comment décrit on avec tant de justesse, de maîtrise, l'animal humain? Comment décrit-on si remarquablement une vie pourrie, de fond en comble, vermoulue, vénéneuse comme le sumac du premier paragraphe?
On pense à David Vann, parfois, autre auteur Gallmeister, on pense à Donald Ray Pollock, un peu aussi. On pense surtout tenir entre nos mains un terrible roman, sans longueurs, sans fautes de goût, dégeulasse comme il faut, qui met en évidence toute la nécessaire exigence de la littérature à montrer l'immontrable, à créer, parfois, des personnages extrêmes, tempétueux, infréquentables, capables de façonner des êtres increvables, immortels, résistants, plus grands que leur vie fétide.
Pour une fois, Stephen King aura raison de parler de " chef d'oeuvre ", lui qui n'aurait jamais osé écrire un tel livre.

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Falaise des fous

Grainville, Patrick

Le Seuil

22,00
par
18 février 2018

Le peintre Grainville

Patrick Grainville signe avec « Falaise des fous » son roman le plus ambitieux et le plus abouti, mettant son style foisonnant au service d’un portrait de la France entre 1867 et 1927, à travers la vie d’un petit rentier normand passionné de femmes et de peinture. Généreux, savoureux, érudit ; en un mot, virtuose !

**Un observateur de son temps**

Charles Guillemet s’attelle à ses mémoires au soir de son existence. Après une mission militaire en Algérie, dont il revient mutilé et écœuré par le sang versé, il devient régisseur de la maison de son oncle, entre Étretat et Fécamp. En 1868, il fait deux rencontres décisives, d’abord Monet, jeune peintre alors inconnu installé sur la plage d’Étretat avec ses pinceaux, puis Mathilde, l’épouse de son voisin, un riche industriel. Sa maîtresse sera son initiatrice, qui lui fait découvrir la littérature, Flaubert, Zola, Maupassant, et aiguise sa curiosité pour la peinture, révolutionnée en ces temps par Manet, Courbet et Boudin.

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