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Conseils de lecture

Forêt des frères

Noritake, Yukiko

Actes Sud

18,00
par (le Carnet à spirales)
30 octobre 2020

Pour les enfants de 7 à 77 ans.
Deux enfants entrent dans une forêt l'un sur la page de gauche, l'autre sur la page de droite. Nulle parole sur l'illustration mais seulement des légendes permettant de commenter les différences de comportement de l'un et de l'autre car leurs vies divergent. Sans parole mais avec profondeur sur des thèmes forts : "se nourrir"/"s'enrichir" ; "se faire une petite place"/"faire de la place".
Une réussite...


Au contraire
13,50
par (Librairie des Croquelinottes)
30 octobre 2020

jeu des contraires

Heureux Bastien Contraire ! qui bricole pour nous un dispositif ludique et astucieux afin de proposer une image et son contraire. Notion pas si facile à assimiler, il met en place un système démonstratif pour la faire découvrir aux petits avec simplicité et gaité colorée !
Dès 3 ans


Un jour ce sera vide
16,50
par (Librairie Nouvelle)
30 octobre 2020

L'évocation des sensations et souvenirs de l'enfance

On est très sérieux quand on a 10 ans. Le narrateur de ce premier roman étonnant de grâce et de maîtrise est en effet un jeune garçon timide et réfléchi. En vacances avec sa grand-mère sur la côte normande, c'est à l'occasion d'une mise en pièce d'une méduse sur la plage, digne d'un sacrifice rituel, qu'une amitié immédiate et inconditionnelle va se créer entre lui et Baptiste. Un garçon, miroir opposé du narrateur, et dont la famille idéale va amener son lot de scènes inoubliables tout en faisant ressortir la gaucherie de notre conteur. Saute immédiatement aux yeux du lecteur la galerie de très beaux portraits, à commencer par la figure de la grand-mère, qui constitue un des points forts du roman d'Hugo Lindenberg. Il signe ici une très belle évocation des sensations liées à l'enfance (où un geste, un regard prend des proportions démesurées) pour un enfant dont la vie, à défaut d'être vide, sera marquée du sceau de l'étrangeté et de la difficulté de trouver une place à soi dans un monde aux codes mouvants et absurdes.

Marine et Martin


La Tannerie
21,90
par (Librairie Nouvelle)
30 octobre 2020

L'Education sentimentale au féminin à l'époque de Nuit Debout et de la précarité généralisée.

Jeanne, jeune femme fraîchement débarquée à Paris depuis sa Bretagne natale, est embauchée en CDD à La Tannerie, ancienne friche industrielle aux portes de la capitale reconvertie en "tiers-lieu". Dire qu'elle se sent en décalage serait un euphémisme. Ne disposant pas du même capital culturel et social que ses nouveaux collègues, elle va devoir se métamorphoser pour s'intégrer dans un univers brutal, qui derrière ses slogans chocs, qu'au fond personne ne comprend ni ne questionne (le lien c'est le lieu, l'art c'est organique), paraît très vite au lecteur moins "cool" et progressiste que revendiqué. Il apparaît en réalité semblable à une machine à broyer les individus et leurs aspirations et ce avec leur assentiment. On y hésite d'ailleurs pas à relativiser le sort de ces jeunes hommes et femmes en contrat précaire en le comparant à celui des réfugiés campant au bord du canal riverain, suggérant au passage que ces derniers seraient ravis de prendre leur place.
Les lectrices et lecteurs ne manqueront pas de penser à L'Education Sentimentale et à Illusions Perdues (au féminin) devant l'écriture dense, élégante et racée de Celia Levi. Elle signe en cette rentrée un roman majeur sur une génération en perdition, qui ne semble plus réfléchir et s'investir dans l'action publique que pour prendre la pose et se divertir. Les tourments intérieurs, les déconvenues professionnelles et sentimentales de Jeanne, magnifiquement décrits, signent un portrait attachant au-delà de l'ironie douce-amère qui traverse ce texte, chargeant une certaine hypocrisie et un désenchantement propre à notre époque. Magistral.

Martin


Dans la forêt

Herbéra, Ghislaine

MeMo

14,00
par (Librairie des Croquelinottes)
30 octobre 2020

un petit poucet heureux !

Quelle est belle cette version joyeuse du petit poucet ! La douceur des couleurs, la rondeur des personnages, les sourires des visages, l'insouciance des regards... Seule Nin, le conte du petit poucet serré contre lui, porte le masque de l'inquiétude. Caché sous la table, il ignore le regard bienveillant des parents qui, contre le froid et la faim, projettent un lendemain en forêt. Dans l'obscurité de la nuit, les yeux grand ouverts, Nin, parmi ses 6 frères, tient, dans ses mains, le collier de perles à disséminer sur le chemin forestier. Et c'est là qu'est la surprise radieuse de ce livre, la forêt n'est pas le lieu de la peur ni de l'abandon, mais celui de beauté, de l'imaginaire gai, de la construction d'armure et de campement, de la cueillette nourricière, du refuge heureux et véritable, les parents, des indéfectibles compagnons, plein de ressources et de dévouement ! Réjouissant !
à partir de 4 ans.