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Conseils de lecture

ET TA VIE M'APPARTIENDRA
15,95
par (Librairie Mots et Images)
27 mars 2020

La peau de Chagrin modernisé et adapté pour en faire un très bon roman jeunesse.
Un polar haletant qui pose des questions philosophiques sur le sens de la vie, rien que ça!
Laetitia.


ET LA VIE REPRIT SON COURS
19,90
par (Librairie Mots et Images)
27 mars 2020

Le T3 de la saga "Les déracinés" de Catherine Bardon!!!
Avec un titre qui fait du bien en cette drôle de période : "Et la vie reprit son cours".
Promis, on le met sur la table coup de cœur à la réouverture!
Laetitia.


La soustraction des possibles
23,50
par (le Carnet à spirales)
27 mars 2020

A part dans les palaces helvétiques, les yachts de 100 m de long et les domaines californiens ou tropéziens de 10 000 hectares, où donc se confinent les ultra riches ? Eh bien par exemple dans le nouveau et grand et puissant et caustique et formidable et intelligent roman de Joseph Incardona "La soustraction des possibles" . L'intrigue se déroule en Suisse (quel hasard) fin des années 80 début des années 90 en plein effondrement du bloc communiste. L'argent est un virus intemporel qui se balade indifféremment d'époque en époque .

Nous voilà donc catapultés à Genève en 1989, ambiance feutrée derrière les clôtures de villas luxueuses, voitures de sport rutilantes, façades cossues dissimulant des coffre-forts, femmes raffinées de banquiers et de PDG. Justement, Aldo est professeur de tennis pour ces dames et il cultive une passion évidente pour leur joli postérieur et encore plus pour le compte en banque de leur mari. La dernière en date, une quinqua bien conservée, tombe raide dingue de lui et lui offre la possibilité d'amasser des billet et de se faire un nom au sein de cette société hyper cadenassée. Mais à force d'avoir les dents si longues qu'elles rayent le parquet, on finit par se les casser, surtout quand on est prof de tennis de petite extraction et que l'on tombe amoureux pour de bon d'une jeune financière superbe qui vient aussi d'un milieu prolétaire et qui a des canines encore plus proéminentes. Blanchiment d'argent, évasion fiscale, filles de l'Est, banquiers véreux, mafia corse, élimination de témoins gênants... Joseph Incardona passe tout au crible de son écriture acérée et de son humour décapant. Amour, gloire et beauté, c'est à dire en langage de riches, stupre (et stups aussi), pouvoir et fric.

Joseph Incardona, : vaccin contre la bêtise garanti sans effets secondaires sauf lucidité et humour.

A prendre sans modération en infusion du soir ou directement en intraveineuse.


Le Pont d'argile
22,90
par (Librairie La Grande Ourse)
27 mars 2020

Cinq frères

Markus Zusak nous raconte l'histoire de la famille Dunbar . Au décès de la mère , le père s'en va laissant seuls ses cinq fils âgés de 13 à 20 ans . C'est Matthew , l'aîné, qui est le narrateur .
Alors qu'ils vivent de façon complètement décousue , sans règles , entourés d'une multitude d'animaux , le père qu'ils surnomment l'assassin , se présente non pour leur venir en aide mais pour demander à ses fils de l'aider dans la construction d'un pont !
Clay , celui du milieu , âgé de 16 ans décide de le suivre .Des liens se tissent .
Il s'agit d'un récit bouleversant composé de chapitres courts où les différentes époques s'entremêlent . Avec humour, poésie , des thèmes forts comme la tendresse , le chagrin , le deuil , l'abandon, la rancoeur , la violence sont abordés .
Mark Zusak , né en 1975 est australien et professeur d'anglais à Sydney.
J'ai découvert cet auteur grâce à " La voleuse de livres " paru en en 2005 et dont un film a été tiré en 2013.
A propos du " Pont d'argile " paru en 2019 , Mark Zusak déclare : " Ce livre est composé d'à peu près tout en moi - ce livre est tout ce que j'ai "
Marie.


Le peuple de mon père
18,00
par (Librairie La Grande Ourse)
27 mars 2020

La superbe déclaration d'amour d'une fille à son père

Un des premiers auteurs que La librairie La Grande Ourse ait reçu était Pierre Pachet. C'était en octobre 2015. A l'occasion de le réédition du livre du philosophe Claude Lefort consacré à Soljenitsyne, « Un homme en trop », dont il avait rédigé la préface, Pierre Pachet était venu parler, longuement et passionnément de sujets qui lui tenaient à cœur, Soljenitsyne, le goulag, le totalitarisme, ainsi que de l’œuvre de Claude Lefort, dont il était l'ami et dont il avait accompagné le parcours dans les années 70. C'était une rencontre extraordinaire d'intelligence, riche d'échanges avec le public. Après quoi Pierre Pachet ne s'était pas attardé On le sentait fatigué. Il est mort quelques mois plus tard, le 21 juin 2016.
Yaël Pachet est la fille de Pierre Pachet, et « Le peuple de mon père » est une superbe déclaration d'amour de la fille à son père.
« Il faut écrire. Jamais mon père n'en formulait clairement l'injonction, mais c'était ce que je ressentais à ses côtés » dit Yaël Pachet sur la quatrième de couverture du livre. Alors elle écrit, au sens où elle accomplit un travail d'écriture. Et ce travail est éblouissant.
« Le peuple de mon père » n'est ni une biographie de Pierre Pachet, ni un essai sur sa pensée, pas plus qu'un recueil de souvenirs, ou une méditation sur le lien filial. Ou plutôt c'est tout ça à la fois, mais pris dans un travail d'écriture qu'on sent guidé à la fois par le souci d'une construction rigoureuse, et par le mouvement, plus incontrôlé, du souvenir, des émotions.
Les chapitres sont courts, refusant toute chronologie, préférant s'inscrire dans le déploiement d'une pensée attentive à la façon dont s'élabore la mémoire d'un être cher. Certains chapitres privilégient l’évocation de souvenirs parfois infimes (comme celui du frottement des pantoufles de son père sur le parquet de l'appartement parisien où Yaël lui rendait visite et qui réveillait le matin), parfois fois amples, presque élégiaques (comme celui de leurs promenades au bord de la mer en Bretagne) . D'autres chapitres posent par petites touches des éléments de ce qui pourrait être un portrait, volontairement inachevé, de Pierre Pachet (son parcours intellectuel , son exigence en toute chose, sa passion compulsive de l'écriture, son désir de profiter jusqu'au bout de la vie, malgré la solitude, ses angoisses).
De longs chapitres, cependant, sont consacrés à l'histoire familiale, celle de Juifs de Bessarabie (le père de Pierre Pachet est arrivé en France en 1914 et a été naturalisé en 1925 ; au début de l'occupation il a pris la précaution de franciser son nom, Apachevsky, en Pachet et de faire franchir la ligne de démarcation à sa famille), si bien que « Le peuple de mon père » (et ce n'est pas sa moindre dimension) est aussi une histoire des Juifs d'Europe, de leur dispersion et de leur extermination. Il y est question aussi dans cette histoire familiale, de Soizic, la femme de Pierre, et la mère de Yaël, disparue trop tôt, et de la grande histoire d'amour qu'a été celle de leur couple, à Pierre et à elle.
Il y a aussi, inévitablement, le récit des derniers moments de Pierre Pachet, et celui des premiers moments du deuil, récit bouleversant, qui parlera à tous ceux d'entre nous qui ont connu ces moments.
Et c'est peut-être ce qu'il faut retenir de ce très beau livre : même s'il raconte une histoire hors du commun, parce que Pierre Pachet était un homme hors du commun (« un de mes héros dans la vie réelle », dit de lui Emmanuel Carrère, dans le très bel hommage qu'il lui a rendu dans le journal Le Monde du 22 juin 2016), « Le peuple de mon père » est un livre qui parle à tout le monde, et pour dire des choses essentielles

Jean-Luc