Conseils de lecture

La dame blanche
14,75
par (Fontaine Auteuil)
17 septembre 2012

La Dame blanche

Christian Bobin dresse ici le portrait de ce qui pourrait être, dans l’ordre de la création, l’alter ego féminin de son Saint Françoisdécrit dans le « Très bas », la poétesse Emily Dickinson, âme hypersensible et religieuse autant que passionnée et acharnée à la réalisation de son œuvre. Personnage exalté, insensible aux exigences de la bonne société à laquelle elle appartient, elle consacre sa vie de recluse volontaire à traquer la beauté de la nature et des êtres pour la transcrire dans ses poèmes, œuvres d’épure du sentiment et d’économie de moyens. La vie d’Emily Dickinson invite à la concentration et à l’effacement, un exercice que Bobin semble aimer proposer comme exemple à ses contemporains, souvent plus adeptes de l’agitation et de l’ostentation.


Simone Weil l'insoumise, récit
Neuf 20,30
Occasion 8,90
par (Fontaine Auteuil)
17 septembre 2012

L’insoumise

Simone Weil eut une courte existence mais la vécut avec une intensité remarquable. Un feu l’habite si ce n’est un incendie : tant de choses la passionne, l’obsède. La connaissance d’abord, tout azimut, philosophie mathématiques, physique, sanscrit…La religion ou peut-être plus exactement la spiritualité : issue d’une famille agnostique d’origine juive elle rencontre le catholicisme…qu’elle ne cesse de questionner. La politique enfin, qu’elle vit comme un engagement total : elle sera ouvrière, paysanne… engagée à Londres pour le France libre. Laure Adler dresse le portrait d’un personnage complexe sans concession qui ne souffrit jamais la demi-mesure au risque de l’intransigeance et de l’incompréhension à son égard. Passionnant parcours d’une intellectuelle inclassable.


La pluie, avant qu'elle tombe
6,90
par (Fontaine Auteuil)
17 septembre 2012

La pluie, avant qu’elle tombe

Une femme sur le point de mourir décide de révéler son passé à une jeune fille qui fut adoptée des années auparavant. C’est à travers vingt photographies qu’elle commente que se tisse les fils d’un destin et d’un héritage toujours tragiques pour les femmes de cette famille. Avec une grande subtilité Jonathan Coe dresse le portrait en miroir de trois femmes, mère, fille puis petite fille et de sa narratrice, personnalité à part, à la fois proche et lointaine, qui se dévoile au fur et à mesure que le révélation se déploie. Dans ce récit, Coe réinvente le roman familial et réussit sans conteste à construire un roman bouleversant sur la grande affaire des femmes : l’amour… et le désamour.


GOLDEN GATE, roman

roman

Grasset

20,30
par (Fontaine Auteuil)
17 septembre 2012

Golden Gate

Traduit de l’anglais par Claro. Etonnant ce récit croisé de plusieurs couples qui se font, se défont, se découvrent, se déçoivent ou s’apprécient. Voici une autre chronique de San Francisco, celle de Vikram Seth qui croque ses personnages avec verve et tendresse. Cette tragi-comédie sentimentale est un peu plus qu’une prouesse stylistiquepuisque tout le roman est écrit en vers ; on peut aussi à cet égard noter la performance du traducteurcar, la forme, loin d’être rébarbative donne tout le sel et le ton du récit, lui imprime tout son rythme. Une saveur à découvrir ! (Ne rater pas les intrusions du traducteur..)


Fado

Christian Bourgois

16,00
par (Fontaine Auteuil)
17 septembre 2012

Fado

Andrzej Stasiuk voyage à travers son aire culturelle, il parcourt villes, villages et paysages, passe de Pologne en Roumanie, aux Balkans, en Hongrie. Il interroge la mémoire de ce morcellement d’états, courte et écourtée, menacée et butée face à la modernité. Car l’auteur nous interpelle nous qui sommes à l’Ouest : l’image que nous nous faisons de cette multitude d’états se compose de clichés qu’il relève, accuse et parfois confirme par le détour de l’expérience, de la rencontre et de l’identité. Stasiuk aime son morceau d’Europe bancale formée de terres disparates et unies par une même mélancolie. Ce qui émeut dans ces nouvelles c’est la révélation de la défaite de cette culture, de notre éclatante victoire, des regards envieux, résignés mais rusés aussi qu'ils portent sur nous, comme le signe d’un discret avertissement.