Conseils de lecture

L'état du ciel / roman
18,50
par (Librairie Ravy)
27 août 2013

"L'état du ciel est bien pire que celui de la Terre",nous dit l'ange Raphaël qui "aimerait beaucoup faire un petit tour chez nous, malheureux mortels"
Nora, d'origine grecque, artiste peintre reconnue, a vécu un drame, Mathias, chirurgien, aime les risques et les défis, leur couple se délite, et apparait alors Raphaël qui s'introduit dan sleur intimité...
Une histoire solide, une méditation sur l'art et la folie, un peu de merveilleux, font de ce voyage dans l'imaginaire un vrai bonheur de lecture !
Christine


20,00
par
26 août 2013

L'amour à mort

En juin dernier, Walter Siti recevait le prix Strega, l’équivalent de notre Goncourt. Une récompense presque tardive, si l’on considère la date de parution (1994) de son monumental et scabreux premier roman " Leçons de nu ". En effet, ce critique et professeur de littérature éminent est devenu LE romancier que l’on vous cite en Italie quand vous voulez prendre le pouls de la littérature contemporaine. Et l’exigeante collection « Terra d’Altri » des éditions Verdier confirme, en traduisant cette année le deuxième roman de Siti, paru en 1999, son statut de référence pour la littérature italienne. Même traductrice que " Leçons de nu ", Martine Segonds-Bauer (avec la collaboration de l’éditeur et philosophe Martin Rueff pour les poèmes qui scandent le texte), même restitution remarquable du style unique de Walter Siti : fait d’or et de boue (deux symboles récurrents dans le roman), de poésie et d’obscénité, les deux pôles sur lesquels s’articulent son écriture virtuose et drue. Qu’on se le dise, " Une douleur normale " ne se lit pas en sirotant un cocktail au bord de la piscine. Ça tombe bien, la rentrée arrive, et la lecture du roman de Siti est une vraie leçon de littérature.

Walter, intellectuel influent et auteur d’un premier roman retentissant (suivez mon regard…), s’est lassé des culturistes froidement intéressés qui entretenaient jusqu’alors ses fantaisies sexuelles : il a rencontré Mimmo, un jeune Méridional débarqué à Rome pour faire l’acteur. Mimmo adore Walter, honore fougueusement son corps « flétri » de quinquagénaire, et parvient à crever sa carapace de littérateur solitaire. Mimmo s’installe chez Walter, et germe alors chez ce dernier le projet d’écrire un roman sur l’amour homosexuel, mais vu sous l’angle de sa « normalité », un amour de jeunes mariés, avec ses bassesses et ses joies. L’ouvrage est refusé par l’éditeur. Walter, dévasté, décide alors de le modifier, de remettre ce qu’il avait censuré pour épargner son compagnon, de rajouter des commentaires acides, signalés par une police différente. C’est ce texte revu et perpétuellement interrogé que Siti propose au lecteur. Un roman dans le roman, donc, mais un roman dont chaque syllabe semble autobiographique. Et la vérité est sulfureuse : Walter, le narrateur à la première personne, ne se fait pas de cadeau, se décrivant en homo assoiffé de torses musclés et pourtant guetté par l’impuissance, à la nature orgueilleuse et lâche, pas plus qu’il n’épargne Mimmo, personnage fantoche qui finit par tremper dans un trafic d’organes mafieux. Car Walter, dans la deuxième version de son roman, cherche à se débarrasser de Mimmo. L’écriture, d’un cynisme rare, devient le moyen d’achever l’amour, de venger la médiocrité des sentiments, et ce jusqu’à l’irrémédiable.

« Je ne suis pas un romancier, je ne sais que parler de moi », écrit le Walter du roman. Siti, le vrai, prouve en revanche qu’il est un romancier de très, très haute voltige. " Une douleur normale " est un roman brillant, truffé de références, qui dérange et interroge les rapports amoureux, la société italienne, mais aussi et surtout les rapports pervers du roman avec la réalité.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


Canada

Éditions de L'Olivier

Neuf 22,50
Occasion 10,00
par (Librairie La Buissonnière)
26 août 2013

Grandiose

Dell est un jeune adolescent de quinze évoluant au sein d'une famille modeste américaine dans le Montana en 1960. Son univers bascule lorsque ses deux parents braquent une petite banque dans le Dakota du Nord. Il s'enfuit alors au Canada trouver refuge auprès d'un être étrange, étranger comme lui au pays. Il inaugure une nouvelle existence, loin de tout, éloigné à jamais de ses proches. Désorientés, profondément solitaires et perdus, les personnages de Canada tentent de trouver une issue à leur existence ratée. Les frontières ne sont plus qu'administratives, la fuite est acharnée, la rédemption est-elle plausible ?
« Canada » est le roman grandiose de Richard Ford sur la quête d'identité, sur l'apprentissage, et la reconstruction de soi après la désespérance et la violence humaines.


Dans le silence du vent
Neuf 22,50
Occasion 12,00
par (Librairie La Buissonnière)
26 août 2013

Terres d'Amérique

Joe, adolescent, est en quête de justice et de vengeance, refusant le silence et l'oubli après le viol de sa mère sur une réserve indienne du Dakota du Nord.Le droit des Blancs continue de prévaloir sur celui des Indiens. L'impunité est de rigueur.
De façon magistrale, avec élégance, Louise Erdrich donne à entendre des voix multiples dans la détresse et la possible reconstruction. Elle puise au sein des coutumes ancestrales qui perdurent encore, force, énergie et espérance. La lutte continue. Laissez ce roman s'emparer de vous.


Nobody

Sonatine

20,00
par (Hisler - Even)
26 août 2013

Bourré d'humour noir et de suspens, cette dernière aventure de John Wayne Cleaver est vraiment réussie! Pour ceux qui ne connaissent pas encore, commencez par le premier tome : "Je ne suis pas un serial killer". A dévorer!