Conseils de lecture

Entre deux verres
20,80
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

Entre deux verres

Le dernier roman de Lawrence Block met une nouvelle fois en scène Matt Scudder, son habituel personnage de détective privé rongé par la mort d'une fillette qu'il a accidentellement provoquée. Scudder mène ici l'enquête autour du meurtre d'une vieille connaissance, Jack Ellery, rencontré enfant et retrouvé bien des années plus tard lorsque leur dépendance commune les réunit aux Alcooliques Anonymes. L'alcoolisme : le thème principal de l'oeuvre est donc lâché. En effet, si l'intrigue d'Entre deux verres est bien ficelée et distille suffisamment de rebondissements pour tenir les amateurs de romans noirs en haleine, l'on n'y trouvera pas moins d'intérêt dans la description des maux qui ravagent les alcooliques, ceux qui en sont sortis comme ceux qui s'y noient encore. D'une plume empreinte d'un cynisme proche de l'humour noiret qui en fait toute la saveurBlock dépeint intelligemment et sans complaisance les difficultés que traverse un être ayant tourné le dos à l'alcool. Celui-ci apparaît tel un vieux démon tentateur, toujours prêt à frapper qui montre faiblesse. Enfin, on croise dans Entre deux verres, une sensible galerie de portraits, hommes et femmes fragilisés par leur démon personnel, point fort de cet excellent cru à consommer... sans modération.


La Gueule de l'emploi
Neuf 17,00
Occasion 5,90
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

La Gueule de l'emploi

Un groupe de nouveaux chômeurs participe à un stage nommé "Activation-Motivation", censé leur permettre d'optimiser leurs chances de retrouver du travail en additionnant leurs atouts. Mais c'est au kebab du coin qu'ils fréquentent à la pause déjeuner lors de chaque réunion, qu'ils vont trouver l'idée de se spécialiser dans une  branche très lucrative : l'arnaque. Vincent Wackenheim signe en treize chapitres assez savoureux un faux petit roman social bourré d'humour. Les aventures rocambolesques de ces anti-héros sont l'occasion de se payer une bonne tranche de rire. On ne boudera pas son plaisir !


SORRY

Sonatine éditions

9,90
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

Sorry

A Berlin, quatre amis d'adolescence qui voient l'approche de la trentaine d'un oeil désenchanté, décident de créer une agence du nom de Sorry qui se charge de s'excuser à la place des autres. Le concept inédit va se révéler fructueux et l'entreprise rencontrer un franc succès. Mais leur enthousiasme s'effondre lorsqu'un tueur à la conscience trop lourde prend contact avec eux. Les quatre amis vont alors se retrouver plongés en plein cauchemar, sans autre possibilité que de découvrir par eux-mêmes l'identité de l'assassin. Elu meilleur thriller de l'année 2010 en Allemagne, ce nouveau polar de l'excellente maison d'édition Sonatine est une réussite totale. Ecrit dans un style sensible, alliant différents types de narration qui passent du "je" au "tu" dans un subtil brouillage des pistes, "Sorry" offre avant tout une trame inédite aux abords farfeluscette histoire d'agence qui s'excuse aurait pu tomber dans le grotesque, ce n'est jamais le casmais courageusement assumée et surtout parfaitement traitée. L'histoire est donc passionnante de bout en bout et si les codes du suspense sont totalement maîtrisés (frissons garantis, comme le veut la formule), Drvenkar fait surtout la différence en abordant des thématiques difficiles ou dérangeantes (la pédophilie, le pardon, le châtiment...) à travers des personnages très attachants à la psychologie fouillée. Un roman tourmenté, intelligent et d'une grande originalité.


Un avenir
15,30
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

Un avenir

Dans une atmosphère de coton et de glace, Véronique Bizot dépeint les meurtrissures d'une famille sans omettre d'incorporer à son récit un humour salvateur. Le texte construit sa trame sur un point d'interrogation : qu'est-ce qui dans le fond motive Paul lorsqu'il accepte, à la demande de son frère jumeau Odd, de faire trois cents kilomètres pour aller vérifier que le robinet du deuxième étage de la maison qu'il vient de quitter pour un temps indéterminé a bien été purgé ? Car sitôt arrivé dans la demeure qui n'est autre que celle dans laquelle les deux garçons, leur frère et leurs trois sœurs ont passé leur enfance aux côtés de leurs parents, Paul est envahi par une profonde solitude. Les souvenirs affluent et s'entremêlent alors, offrant au lecteur de découvrir plusieurs facettes de cette famille marquée par la mortet la vie, bien sûr. L'auteur développe au fil de ce court roman un style assez unique et fin, où le désespoir le plus féroce est constamment contrebalancé par la dérision. Dans l'univers de marbre que constitue la maison familiale, silencieuse et isolée donc étouffante, des petites étincelles distillées par Bizot viennent créer de la lumière et du rythme, jusqu'à l'embrasement final, magnifique.


Pourquoi être heureux quand on peut être normal?
Neuf 21,00
Occasion 3,80
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? On les imagine nombreux, ceux qui ont du répondre à cette déconcertante question, désireux d'assumer leur choix de vie face à leurs proches. Et ce, quelle que soit la forme que prend cette interrogation. Revêtant ici l'aspect d'une boutade, elle révèle l'angoisse du rejet au nom de la liberté d'être et de vivre tel qu'on l'entend. La liberté de vivre, Jeanette Winterson, figure incontournable du féminisme britannique et lesbienne assumée, l'a voulue autant que l'a rejetée sa mère adoptive, l'hallucinante Mrs. Winterson. Coincée dans ses névroses, cette folle de la religion, dépressive et insomniaque n'a jamais su comment s'armer pour le bonheur. Dans ce superbe roman autobiographique, l'auteur lui rend hommage. Il en résulte un texte extrêmement touchant, non dénué d'humour, qui s'articule aussi bien autour des émois et des passionslittéraires et amoureusesde la narratrice que des deux énigmatiques figures maternelles (Mrs. Winterson, la mère adoptive, et l'autre, la mère biologique absente) qui ont nourri ses écrits. Vous l'aurez compris, ce livre est une quête, celle des origines et celle de l'indépendance, et ceux qui l'ont portée, ce sont les auteurs : Jane Austen, Gertrude Stein, William Shakespeare, T.S. Eliot... Ilset ellessont nombreux. De véritables guides pour Jeanette Winterson qui, elle-même tombée dans la dépression, fut sauvée par ce qu'elle partage de plus précieux avec eux : l'amour de l'écriture, bien sûr.