Conseils de lecture

Vous ne connaîtrez ni le jour ni l'heure
17,00
par
21 mars 2013

Ni le jour, ni l'heure? Pas si sûr...

L'injonction " vous ne connaîtrez ni le jour ni l'heure " n'est plus parole d’Évangile depuis plusieurs année déjà en Suisse, où le droit de mourir dans la dignité permet, dans certaines circonstances, le suicide assisté. Après avoir été la terre d'asile des riches qui ne voulaient pas se ruiner en impôts, la Suisse devient le pays du repos éternel, qui accueille les personnes âgées refusant de terminer leur existence dans d'insupportables souffrances. C'est réconfortant pour les malades, mais a-t-on pensé à ceux qui restent? Que ressent-on le jour où vos deux parents vous annoncent qu'ils ont décidé de mourir ensemble et que justement, ils vous communiquent le jour et l'heure de leur dernier souffle? Même si cette décision le peine, le révolte aussi un peu, le narrateur de Pierre Béguin a décidé de la respecter. Il a même accepté de passer cette dernière nuit avec ses parents. Mais que leur dire? Qu'exprimer dans cette famille où l'on n'a jamais parlé? Et si le père est fermement décidé à passer la porte de l'au-delà, la mère semble plus réticente, plus résistante. Elle a ses fils, ses petites-filles, peut-être encore quelques miettes de bonheur à grappiller  Mais elle ne veut pas laisser son mari s'en aller seul, pas plus que lui ne veut l'abandonner, persuadé qu'elle ne s'en sortira pas sans lui. Dans ce très beau texte, un roman que l'on devine autobiographique, Pierre Béguin réussit à réunir le très intime, le problème de société et la littérature.

Pierre Béguin collabore à  o n  l  a  l u

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Une fille, qui danse
Neuf 19,00
Occasion 13,75
par
21 mars 2013

Orgueil et conséquences

** **Tony est un jeune retraité récemment divorcé. Alors qu’il semble enfin commencer à vivre selon ses désirs, il va devoir revisiter son passé et notamment l’histoire de ses amitiés étudiantes et de son premier chagrin d’amour avec la mystérieuse Véronica. Julian Barnes a obtenu un Man Booker Prize (le Goncourt anglais) pour ce roman, et c’est largement mérité ! A travers les destinées de ses héros attachants, il nous offre une superbe réflexion sur des sujets aussi ambitieux que le sens l’Histoire et la responsabilité de nos actes individuels. L’intrigue, alerte, nous entraîne des emballements amoureux et intellectuels de la jeunesse jusqu’à un drame du passé dont la découverte pourrait, des années après, changer la tranquille existence de Tony. Mais en littérature, comme dans la vie, rien n’est si simple. Et je vous mets au défi de deviner la fin de ce très beau roman. Si vous n’avez pas encore découvert « Une fille, qui danse », précipitez-vous, en plus d’une lecture divertissante vous aurez aussi le plaisir d’être dérangé et secoué dans vos certitudes. C’est tout le sel de la (bonne) littérature. Bravo et merci Mister Barnes !

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Si tout n'a pas péri avec mon innocence
Neuf 7,80
Occasion 6,00
par
21 mars 2013

Famille, je vous hais

Déjà le titre, " Si tout n’a pas péri avec mon innocence ", étrange alexandrin au contenu mystérieux, déjà le titre nous emporte. Mais la première phrase, elle, nous sidère : « Quand ma grand-mère tente de refermer les cuisses, la sage-femme l’en empêche et entreprend de bouchonner sans ménagement son périnée endolori ». Voilà, on est dans le nouveau Bayamack-Tam et on ne va plus en sortir. Plus de 400 pages à se mettre dans la peau de Kim, et Kim raconte : l’accouchement de sa grand-mère, la complexe vie de sa famille, sa découverte de la sexualité, les métamorphoses de son corps de petite fille en celui d’une ado 90 bonnets C, et surtout son amour pour Baudelaire, « le seul Charles qui vaille ». On va en ressortir ravi, mais épluché.

Roman d’initiation donc, radical. Kim est née dans une famille bête et méchante, avec une mère qui ressemble à  la marâtre de Blanche-neige qui serait affublée d’un bec-de-lièvre, des sœurs qui font furieusement penser à celles de Cendrillon, et deux petits frères innocents, qu’elle appelle ses « agneaux ». Ajoutez à cela un père mignon mais inexistant, un grand-père vieux- beau un peu trouble, une grand-mère à peu près normale mais parfois absente au monde. Voilà pour l’ambiance, et pour le décor on est dans le sud de la France, dans une petite ville au bord de la mer. Kim dit qu’elle est née à neuf ans, lorsqu’elle a décidé de prendre sa vie en main et de ne plus compter sur sa famille. Amour éperdu et contrarié pour une jeune prof de gym, dépucelage par son boy-friend, expérimentation de la prostitution comme pratique libératoire, passion érotique pour la belle et sculpturale Charonne, et surtout la lecture, la lecture, la lecture, parce que c’est bien la poésie qui sauve Kim du milieu nocif où elle a grandi. Ce long texte nous bouscule. Il est même parfois tragique, puisqu’un des petits frères ne survivra pas à cette famille destructrice, mais encore, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, il est plein d’humour. Emmanuelle Bayamack-Tam est **LA** romancière à lire tout de suite. En une demi-douzaine de titres, tous  publiés chez POL, elle a affiné une phrase, efficace, qui sonne toujours juste et nous agrippe. Surtout, elle creuse et retourne inlassablement les mêmes thématiques : le corps et ses transformations, la ou plutôt les sexualités, la douleur terriblement humaine d’être assigné à un genre, d’être coincé dans une enveloppe charnelle qui ne nous convient pas forcément. Bayamack-Tam s’affirme aujourd’hui comme un auteur très singulier construisant une œuvre cohérente et dérangeante. C’est plus que de la modernité : c’est redoutablement intelligent.

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J'y vais !
Neuf 9,20
Neuf à prix réduit 9,20
par
21 mars 2013

Cette fois-ci, c'est décidé j'y vais !

Un petit livre tendre et rigolo pour faciliter le passage en douceur de la couche au pot. Un petit oiseau sort de son nid pour partir en expédition. On le voit prévenir son papa, sa maman puis tous les membres de sa famille par un laconique « J’y vais ». Chacun lui confie un objet dont il pourrait avoir besoin : une lampe torche si il rentre tard, des gâteaux s'il a faim, une chaîne hi-fi s'il s’ennuie...Au fil des pages, on se demande où peut bien s’aventurer ce petit oiseau ? Et l’on découvre que la destination finale de cette aventure est … le pot !

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Absences

Robert Laffont

Neuf 21,00
Occasion 14,00
par
20 mars 2013

Sacré défi !

Le corps sans vie d’Amanda O’Toole git dans sa maison, les quatre doigts de la main droite amputés. Qui a pu commettre pareil méfait ? Assez vite, les soupçons se portent sur sa voisine et meilleure amie, la très brillante Jennifer White, 64 ans, ex chirurgien orthopédique. Seul hic mais il est de taille, Jennifer est atteinte d’Alzheimer depuis 3 ans, elle n’exerce plus et vit dans le brouillard le plus total. L’enquête piétine. Lorsque le  scalpel ayant servi à l’amputation est retrouvé chez elle, les policiers pensent tenir la coupable. Pourtant Jennifer qui un jour sur deux croit Amanda toujours vivante n’avait aucun motif de supprimer sa complice depuis tant d’années, à moins que…… Choisir comme héroïne d’un thriller, une malade d’Alzheimer était un défi risqué, défi qu’Alice LaPlante relève avec brio car en donnant la voix à une femme atteinte de démence sénile elle fait pénétrer son lecteur (sa lectrice) dans les arcanes de ce mal si complexe. Jennifer tente d’apporter une cohérence à ce monde qui lui devient parfaitement étranger. Qui sont ces inconnus qui prétendent être sa fille et son fils et se permettent de lui caresser les cheveux, lui tenir la main ou l’embrasser ? Pourquoi lui affirme-t-on qu’elle a pris sa retraite alors que ce matin même elle opérait au bloc ? Plus que la découverte de l’assassin, c’est une plongée dans le passé de Jennifer qui se recompose à la faveur des flash-back qui surgissent au gré d’une odeur, d’une conversation pour former une histoire et donner la clé du mystère. Construction habile, style vif, « Absences » est une réussite totale à dévorer sans retenue.

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