Conseils de lecture

En mémoire de la forêt
Neuf 22,00
Occasion 10,00
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

En mémoire de la forêt

Nous sommes prévenus par le narrateur lui-même ; il ne s'agit pas d'un roman policier habituel. Ici, pas de coupable, pas d'étranges coïncidences, pas de héros aux capacités physiques ou intellectuelles hors du commun... L'action se situe à Jadowia, petit village polonais à peine sorti du communisme. Le meurtre d'un jeune homme, ami du personnage principal, va secouer ses habitants et agir tel un révélateur sur les secrets du bourg. Du plus anodin adultère aux lourds souvenirs de la seconde guerre mondiale, en passant par les magouilles de certains bureaucrates véreux ; chaque personnage de ce roman polyphonique en sortira changé. Un récit qui traite du devoir de mémoire, du deuil et du pardon avec une grande justesse et une profonde humanité. On souhaiterait lire plus souvent des ouvrages de cet acabit.


À boire et à manger (Tome 1)
22,50
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

A boire et à manger

Plus qu'une bande-dessinée, plus qu'une livre de recettes, A boire et à manger est une bible pour les amateurs d'humour (décalé) et de (bonne) cuisine. Amateur de gastronomie et illustrateur, Guillaume Long nous livre un excellent ouvrage grâce auquel vous pourrez :reconnaître les fruits et légumes de saisons ou les différentes variétés de tomates et de poissonsapprendre des choses grâce à Pépé Roni et à ses jeux de mots douteuxconnaitre le secret pour une vraie bonne raclette, ou faire des crêpes sans verre doseuret, surtout, découvrir des recettes goûtues et originales, à réaliser au fil des saisons A se procurer d'urgence pour ceux qui ne connaissent pas le blog, quant à ceux qui en sont familiers, pas besoin de long discours, ils l'ont surement déjà achetée.


Super triste histoire d'amour
24,00
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

Super triste histoire d'amour

Dans un futur proche, les Etats-Unis sont au plus mal, embourbés dans une guerre absurde contre le Venezuela, dirigés par une simili dictature et croulant sous les dettes. Malgré la catastrophe imminente, les habitants se voilent la face et font comme si de rien n'était. Incultes (les livres ont la réputation de sentir mauvais, lire est donc considéré comme répugnant), s'exprimant de manière vulgaire à grand renfort d'abréviations, ils sont trop occupés à consulter sans arrêt leur äppärät, sorte de mini ordinateur où sont affichées en permanence leur données personnelles. C'est ce difficile contexte qui sert de décor à la, déjà complexe, histoire d'amour de Lenny Abramov, juif New Yorkais bibliophile d'une quarantaine d'années, et d'Eunice Park, jolie Coréenne superficielle de quinze ans sa cadette. L'histoire est racontée à travers le journal intime du premier et les échanges de mails de la seconde. D'une grande intelligence, ce roman nous offre une critique très pertinente de notre société et des travers vers lesquels elle penche de plus en plus dangeureusement. On rit (un peu jaune), se sent un peu oppressé et surtout on s'attache aux personnages principaux. Car, plus qu'une satire, Gary Shteyngart brosse le portrait de deux inadaptés dans un monde cruel, trop rapide pour eux. Sans doute un des romans d'anticipation les plus intéressants paru ces dernières années, voire décennies.


Journal d'un corps
Neuf 22,00
Occasion 20,00
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

Journal d'un corps

De sa naissance à sa mort, le narrateur de cette histoire a tenu un journal. Pas un journal intime mais celui de son corps. Ainsi, l'évocation des évènements quotidiens auxquels on peut s'attendre dans ce genre d'ouvrage (l'enfance, les premiers amours, la guerre, la naissance des enfants...) se fait uniquement d'un point de vue physiologique (le goût des tartines, la puberté, les petites et grandes maladies, les battements de coeur...). Très loin de la saga Malaussène (en dehors de son humour et de sa gouaille habituels), Daniel Pennac réalise un tour de force. Avec ce roman on ne peut plus nombriliste (au sens propre du terme), il parvient à toucher tout le monde. On se reconnait forcément dans les différents états qu'il décrit. On retrouve avec nostalgie les sensations de l'enfance, on rit, un peu nerveusement, devant certains tabous quasiment jamais évoqués dans la littérature et surtout on est ému de voir à quelle vitesse la vie de cet homme s'est ecoulé. On referme le livre un peu secoués, étonnés de ce qu'on y a déterré et surpris de ne pas s'être ennuyé un seul instant.


US !
11,00
par (Fontaine Passy)
17 septembre 2012

U.S.!

Il en va d'Upton Sinclair comme du socialisme Américain ; tué depuis longtemps par le capitalisme et la désinformation, il se trouve toujours quelques idéalistes pour les ressusciter. Sauf que dans le cas de Sinclair, c'est au sens propre. Criblé de cicatrices, quasi-centenaire, l'auteur de livres pamphlétaires n'a de cesse depuis son premier assassinat en 1968 de se faire tirer dessus pour mieux revenir d'outre-tombe, multipliant les conférences et les (mauvais) romans. Pour écrire US !, Chris Bachelder s'est inspiré du véritable Upton Sinclair, romancier prolifique et polémique, connu pour accumuler les effets de style désastreux et les points d'exclamation et qui malgré un prix Pullitzer et un roman adapté au cinéma (Pétrole !, qui a inspiré le film There will be blood) est complétement tombé dans l'oubli. Et il réalise un véritable tour de force. Ce roman polyphonique, constitué de différents points de vue, de poèmes, de blagues, d'extraits de journaux... bâtit à chaque page la légende d'un incroyable personnage littéraire. Don Quichotte moderne se battant contre les moulins à vents de la pensée unique, Le vieil Upton Sinclair, devient, plus qu'une métaphore du socialisme, la personnification d'un idéalisme nécessaire et d'un esprit critique dont les Etats Unis d'aujourd'hui semblent ne plus pouvoir faire preuve. Plus qu'un parti politique, Chris Bachelder défend, avec brio, la liberté d'expression et le droit de rêver à un monde plus juste.