Conseils de lecture

ORMUZ
16,00
par (Librairie L'Armitière)
22 août 2013

Brasse coulée en eaux troubles

Icare des temps modernes, Wax ne vole pas mais nage... ou du moins essaye. Avec l'aide du narrateur, embauché par lui afin de chroniquer ses éventuels exploits, il avait pour projet de traverser le détroit d'Ormuz. Mais Wax a disparu. Sans aucune nouvelle de lui, le narrateur part alors à sa recherche. Avec lui, nous découvrons alors une partie du monde inconnue des touristes mais très fréquentée par les navires de guerre et les super-tankers. Unissant le golfe Persique à la mer d'Arabie, ce détroit voit en effet transiter une part importante du pétrole et du gaz irriguant l'économie mondiale. Le narrateur nous entraine au bout du monde dans sa quête et distille au fil des pages ses réflexions plus ou moins philosophiques sur la guerre, la real-politik et le monde comme il va. Globe-trotter de l'impossible, Jean Rolin continue d'explorer avec intelligence et drôlerie les endroits les moins fréquentables de la planète pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Un vrai régal !


Haute époque
15,00
par (Librairie L'Armitière)
22 août 2013

Debord stories

À situer quelque part entre l'enquête de police et la biographie non-autorisée, ce court roman raconte les déboires d'un vendeur de livres anciens sur les traces de Guy Debord. Au fil des pages, une galerie de témoins (sa veuve, son chat, le "camarade" Vaneighem...) racontent ce que fut la vie de l'auteur de "La société du spectacle". Original et bien documenté, les puristes devraient crier au scandale, les autres bien s'amuser à la lecture de ce truculent mais élégant hommage.


LA VIE CRITIQUE
par (Librairie L'Armitière)
22 août 2013

L'expert

Dans la bouche du critique "bosser un ti peu" signifie lire des livres (beaucoup), des bons parfois, des mauvais plus souvent, trouver alors pour chacun d'entre eux le mot qui tue ou qui caresse et se transporter sur un scooter jusqu'à la Maison de la radio pour ainsi pouvoir les délivrer aux auditeurs du "Masque et la Plume", occasionnellement partir en Suisse pour un colloque littéraire et de temps en temps fantasmer sur les sites sado-masochistes. On s'en doute : toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Érudit et énervant, méchant mais franchement drôle, un roman qui fait se croiser Jean Echenoz, Nathalie Sarraute, Mauriac, Beckett et David Byrne dans une seule et même page ne peut être foncièrement mauvais... En tous cas, moi, j'ai beaucoup aimé !


Les anges meurent de nos blessures
Neuf 21,00
Occasion 2,50
par (Librairie L'Armitière)
22 août 2013

Combat réussi

C'est l'histoire d'un homme, de ses combats dans la vie ou sur un ring. Promis à la misère, il va connaitre une grande destinée. Turambo a commencé à se battre pour se défendre et puis, par pugnacité et parce qu'il a aussi su rester fidèle à ses valeurs, il est passé des combats de rue aux combats truqués avant de devenir un vrai champion de boxe. Il y a d'ailleurs de très belles pages sur la noblesse de ce sport. En filigrane, c'est aussi de l'histoire de l'Algérie de l'entre-deux-guerres dont il est question dans ce livre. Si l'auteur ne se prive pas de dire ce qui ne va pas en Algérie, il le fait sans dogmatisme et l'on sent bien l'attachement qu'il a pour ce pays. Mais avant tout, son épanouissement en tant qu'homme, Turambo le doit aux femmes qu'il a rencontrées tout au long de sa vie. Malheureusement, le temps fait son oeuvre et peut reprendre un jour ce qu'il a donné... Éminemment romanesque, du grand, du très grand Khadra ! Je le conseille à tous.


Les Renards pâles, roman
16,90
par (Librairie L'Armitière)
22 août 2013

Les nouveaux Misérables

Sans conteste, le roman de cette rentrée littéraire qui m'a le plus frappé par sa force et son originalité. Ce n'est pas un roman noir ni même un roman social. Je dirais même que c'est très exactement la force de ce livre que de n'être pas classifiable.
C'est l'histoire d'un homme dont on ne connait pas le nom. Au chômage, il se retrouve SDF et avec quelques affaires personnelles, une plante verte et un exemplaire d'"En attendant Godot", il va habiter dans la voiture qu'un ami lui a prêtée. Dans la première partie, on le suit dans ses pérégrinations au coeur du XXeme arrondissement de Paris... C'est pour lui comme une sorte d'initiation à une vie plus vraie. Il vit dans le plus grand dénuement mais sans pour autant se sentir misérable. Puis, petit à petit, il va faire la connaissance d'une bande de sans-papiers révolutionnaires - Les Renards pâles - adorateurs du Dieu anarchiste des Dogon du Mali. On passe alors de l'individuel au collectif et le roman bascule...
C'est une exploration du quotidien des gens de peu, des exclus, des sans-grade qu'il nous est offert de vivre, viscéralement. Un livre fascinant et très engagé. Percutant.