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Conseils de lecture

[1], Le combat ordinaire
Neuf 14,50
Occasion 8,00
par (La Fabrique à Rêves)
16 février 2014

Le combat ordinaire, Tome 1

C’est l’histoire d’un photographe fatigué qui part s’installer à la campagne. L’histoire simple d’un homme qui livre son “ combat ” intérieur. Un combat face à la peur de l’engagement dans une relation amoureuse, face à la lassitude du travail. Un combat face à l’angoisse de voir ses proches vieillir. Le combat du passage à l’âge adulte.
Larcenet parvient à nous émouvoir, nous faire rire et réfléchir dans cet album incontournable de la bande dessinée. Une histoire ordinaire racontée de façon extraordinaire.

A lire si vous avez aimé
Le combat ordinaire Tomes 2,3 et 4, Larcenet
Le retour à la terre, Ferri / Larcenet
Blast, Larcenet

Stéphane P.


Lointain souvenir de la peau

Russel Banks

Actes Sud

Neuf 24,20
Occasion 3,97
par (La Fabrique à Rêves)
16 février 2014

Lointain souvenir de la peau

Le kid, 21 ans, est un jeune garçon isolé et marginalisé suite à un « crime sexuel ». Porteur d'un bracelet électronique et référencé sur internet pour que chacun sache où vivent les « prédateurs », il est obligé de résider reclus sous un pont d'autoroute dans une zone réservée à tous les déviants comme lui, non loin de Calusa, Floride. Loin des longues plages de sables fins, du soleil, des voitures rutilantes et des résidences pour milliardaires qui servent de décor aux séries télé, il tente de poursuivre comme il le peut une vie qui l'a toujours laissé seul devant des écrans d'ordinateurs et un internet remplis d'images violentes et sexuelles. Délaissé par sa mère immature, il finit par rencontrer un professeur aussi amical qu'énigmatique. Commence alors un récit envoûtant mêlant quête initiatique et suspense digne d'un roman d'espionnage. Russel Banks maîtrise à merveille toutes les ficelles de la fiction dans ce dernier roman pour nous tenir en haleine et pour plonger au coeur des racines de nos sociétés saturées d'images refoulées.

Yoann D.


Saga Valta - Tome 1 - Saga Valta
14,45
par (La Fabrique à Rêves)
16 février 2014

Saga Valta, Tome 1

Il aura fallu attendre que le prolifique mais inégal scénariste Jean Dufaux s’allie au talentueux mais trop rare dessinateur Mohamed Aoumari pour nous offrir un héros digne héritier de Thorgal.
Comme son illustre précurseur, Valgar est un viking « bâtard » auquel les dieux, ou les hommes, prennent un malin plaisir à enlever femmes et enfants.
Mais là où Thorgal était irréprochablement naïf, Valgar est un personnage moins innocent, et, j’ose le dire, plus intéressant.
Pris entre un désir de vengeance, dans un triangle amoureux et une quête mystique, on se demande comment les auteurs vont répondre à toutes nos attentes dans un deuxième et dernier tome.
Espérons que Dufaux soit aussi inspiré, et qu’Aouamri, qui avait déjà placé la barre très haute avec son splendide tome d’ Avant la Quête, nous ravisse autant les pupilles.
Un album très attendu.

A lire si vous avez aimé
Thorgal, Van Hamme, Rosinski
Avant la Quête, Tome 2, Le grimoire des dieux, Loisel, Le Tendre, Aouamri
Complainte des landes perdues, Dufaux, Rosinski, Delaby

Stéphane P.


Fantaisie-sarabande, roman
Neuf 19,00
Occasion 3,97
par
16 février 2014

Folie littéraire

C’est probablement un des romans les plus déjantés du moment. Ce curieux " Fantaisie-sarabande " met en scène l’histoire caustique de l’émancipation de deux femmes que rien -à priori- ne relie : Angèle Guillométaz, romancière d’une quarantaine d’années mariée à un pianiste, et Annabelle Mansuy, jeune escort girl de luxe et étudiante en sciences-politiques.

Au début du roman, Angèle Guillométaz traverse une panne d’écriture et se retrouve en proie à toutes sortes de doutes et questionnements. Pour l’heure, elle transporte dans une lourde valise les restes de son époux, devenu trop agaçant à ses yeux, qu’elle a donc abattu et soigneusement découpé en morceaux. L’essentiel de son occupation à partir de là va consister à dissimuler le corps, inventer d’ingénieux alibis, brouiller les pistes pour ne pas éveiller les soupçons de Le Grontec, l’impresario de feu son mari. Elle doit aussi parvenir à semer le commissaire Césari. Ce flic en analyse lacanienne se méfie en effet de cette très belle et intelligente femme. De son côté, Annabelle Mansuy vit des aventures fort différentes, et ce depuis le début de sa courte vie. Car Annabelle a eu le malheur de naître dans un milieu d’affreux ploucs pauvrissimes et lepénistes, dont elle a su heureusement très tôt s’affranchir, en particulier grâce à la prostitution. Quand le livre commence, Annabelle est une courtisane richissime de réputation internationale, qui gère ses activités en brillante femme d’affaires, et s’apprête à soutenir son doctorat de sciences politiques à la Sorbonne. Outre le fait que toutes deux ont réussi à se libérer de leurs chaînes, familiales ou conjugales, Annabelle et Angèle partageaient le même homme, puisqu’Annabelle était la maîtresse de Louis Guillométaz. Après sa disparition, elles vont se rencontrer et tomber follement amoureuses l’une de l’autre. Elles étaient prêtes à tout pour accéder à leur liberté, elles sont désormais bien décidées à la défendre. Et le commissaire Césari en perdra la raison. C’est donc un livre particulièrement loufoque que signe aujourd’hui Héléna Marienské, comme toujours. On pourrait comparer cette romancière à Lydie Salvayre, pour sa jubilation évidente à écrire, ou à Emmanuelle Bayamack-Tam, pour le goût de la transgression. Marienské fait partie de ces romancières ultras-douées et ultra-érudites qui ont choisi d’empoigner la littérature française à bras le corps. En 2006 avec " Rhésus ", son premier roman publié, elle racontait une révolution sexuelle dans une maison de retraite. Le livre fourmillait d’emprunts à des classiques, " La princesse de Clèves " ou " La recherche du temps perdu ". Deux ans plus tard sortait " Le Degré suprême de la tendresse ", dont le point de départ était un fait divers curieux : un monsieur contraignait une dame à une fellation, laquelle lui tranchait le pénis avec ses dents. Marienské avait choisi de nous raconter cette histoire en pastichant toutes sortes d’écrivains, de La Fontaine à Christine Angot en passant par Perec. Avec ce nouveau roman, bien plus littéraire qu’il n’y paraît au premier abord, Marienské n’a, il est vrai, eu recours ni à des emprunts ni à des pastiches. On retrouve pourtant le même rythme échevelé, le même talent de narration, le même humour, le sens de la farce et de l’outrance, et surtout une même thématique : la liberté des femmes.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


14,90
par (Librairie Récréalivres)
15 février 2014

Les Belles Personnes

La jolie couverture du roman de Clémentine Beauvais représente deux jumelles adolescentes en tenue de bain, bonnet à fleur assorti au maillot, lèvres maquillées d'un rouge soutenu. Elles se tiennent dos à dos prêtes à plonger. Le livre ouvert on découvre sa bande-son (caractéristique de l'adn de la collection Exprim') , une sélection très sage presque intégralement composée de titres de pop française. Ceux qui n'ont pas lu le précédent roman de l'auteur, "La pouilleuse" publié en 2011 toujours chez Sarbacane, tomberont donc, sans doute pris au dépourvu, sur la citation de Jean-Paul Sartre : "Mais voici tout çà coup que je lève la tête : quelqu'un était là et m'a vu."

De ce type de contre pied, entre élégante superficialité et sécheresse, "Comme des images" fait sa marque de fabrique.

L'histoire a pour cadre un lycée huppé parisien. On va y suivre un groupe d'adolesents, fils et filles de bonnes familles promis à l'excellence, sous le regard d'une narratrice à l'intelligence et au cynisme réjouissants. Au centre de ce groupe, deux jumelles. L'une d'elles, Léopoldine dite Léo, va être l'objet d'un scandale (une vidéo comprométante diffusée sur les réseaux sociaux).

Clémentine Beauvais joue à nouveau sur la thématique du harcèlement mais avec cette fois ci une sophistication très éloignée de la maladresse de "La pouilleuse". "Comme des images" revisite brillamment la littérature classique (explicitement "La Princesse de Clèves" et "Les liaisons dangereuses") dans le cadre "idéal" du lycée Henri-IV transformé pour l'occasion en une sorte de prison / théâtre où tous les jeux sont marqués par la cruauté et la brutalité les plus extrêmes (merveilleux premier chapitre beau comme un haïku).

Léo personnage miroir semble d'abord être le principal enjeu du roman qui se déconstruit progressivement en se concentrant sur les personnages en marge, au-delà des apparences. A ce titre, la narratrice est la plus belle trouvaille de "Comme des images". Sa façon de surplomber l'histoire avec une condescendance savoureuse et cet "air de ne pas y toucher" révèle une profondeur poignante d'abord insoupçonnée. C'est autour de ce renversement du sens de lecture, que l'auteur impressionne et touche à la fois, autour de cette scène saisissante qui fait le lien entre les chichis de la couverture chlorée et les mots de Sartre (qui fut justement élève du lycée en question).