Conseils de lecture

Enfant 44
Neuf 22,00
Occasion 6,90
par (Librairie Dialogues)
20 avril 2009

Inspiré d’une histoire vraie, ce premier roman de Rob Smith nous plonge dans l’univers de Léo. Agent du MGB, persuadé de travailler pour le bien de sa patrie, il multiplie les arrestations orchestrées par sa hiérarchie. Mais un jour, ses certitudes s’ébranlent et son regard change sur le monde qui l’entoure.

Sa hiérarchie commence à se méfier de lui et l’envoie se perdre dans un petit village isolé au fond de la Russie. Mais Léo a commencé à enquêter sur une série de meurtres étranges où la signature est à chaque fois identique. Que peut-il faire privé de tous ses moyens ?

C’est sans compter sur son acharnement à comprendre, à croire de nouveau en la vérité et en la justice.

L’écriture s’intensifie au fur et à mesure que l’intrigue prend forme. Le roman ne s’essouffle pas un seul instant. Rob Smith nous pousse comme un vent violent, il nous replonge dans l’obscure et troublante période qu’a été la guerre froide.

Un premier roman efficace, cinglant et surprenant. A découvrir.


Le coeur cousu
Neuf 9,70
Occasion 3,50
par (Librairie Dialogues)
20 avril 2009

Vous parler de ce livre, c’est comme vous raconter un rêve éveillé. C’est une merveille de littérature, une douceur qu’on savoure, un moment qui nous appartient.

« Cœur cousu » est une invitation au voyage, un voyage dans le folklore andalousien, une caresse douce et chaleureuse.

Ce livre est porté par les deux héroïnes : Soledad, la narratrice, cadette de la famille et Fraquista, la mère dotée d’un don, celui de créer ; créer des robes qui dépassent l’entendement…

On suit cette magicienne du fil dans un périple où la chaleur est omniprésente, où les paysages rocailleux se confondent avec la dureté de la vie et les caractères des personnages.

Le sable s’effrite dans les mains de Soledad à l’image de sa vie.

Carole Martinez a construit son roman comme une brodeuse. Chaque mot est un fil, chaque mot communie avec les autres pour former ce roman fascinant et envoutant.

Un livre que j’ai mis dans ma bibliothèque idéale.

Un petit avant gout avec le prologue :

"Mon nom est Soledad.

Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d’enlacer et de grandes mains inutiles.

Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu’il m’est passé dans le sang.

Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.

Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence l’écoulement sableux que me traverse.

LA TRAVERSEE

Il faudra bien que tout ce sable retourne un jour au désert…"


La reine des lectrices / roman
Neuf 12,15
Occasion 3,97
par (Librairie Dialogues)
20 avril 2009

Et si la reine d’Angleterre se passionnait soudainement pour la littérature …

Si elle ne pouvait s’empêcher de dévorer des livres au détriment de la couronne et de ses obligations ?

Eh bien, c’est ce qu’a imaginé A. Bennet dans son nouveau roman caustique, intelligent et jubilatoire.

Avec un style très théâtral, il nous dévoile les coulisses du pouvoir où il imagine avec brio un scénario original qui vous enchantera par son allégresse.


Une rencontre
18,20
par (Librairie Dialogues)
27 mars 2009

Une rencontre. Des rencontres. Trente fois une rencontre. Celles dans lesquelles Kundera nous entraîne à sa suite. Une rencontre avec un ami d’aujourd’hui, par exemple, le peintre Breleur, dont tous les tableaux sont des tableaux de nuit, et qui peint la lune comme nous ne la voyons pas ici en métropole, Breleur avec qui il boit le punch en Martinique, et qui lui dit de sa voix calme : « Malgré tout, dans la peinture, il doit s’agir avant tout de beauté ». Rencontre de Bacon aussi sur l’œuvre duquel il livre un commentaire éblouissant, non sans d’abord prévenir : « Les meilleurs commentaires de l’œuvre de Bacon c’est Bacon lui-même qui les a faits… » Je ne sais.

Mais ce que je sais c’est que les douze pages que Kundera nous livre sur Francis Bacon sont lumineuses d’intelligence, et aussi riches d’humanité qu’elles sont sans illusion « sur l’avenir du monde ni sur celui de l’art ». Lisez plutôt, il cite le peintre : « J’ai toujours été touché par les images relatives aux abattoirs et à la viande, et pour moi elles sont liées étroitement à tout ce qu’est la Crucifixion. Il y a d’extraordinaires photographies d’animaux qui ont été faites juste au moment où on les sortait pour les abattre. Et l’odeur de la mort… » et Kundera de poursuivre : « Rapprocher Jésus cloué sur la croix des abattoirs et de la peur des animaux pourrait paraître sacrilège. Mais Bacon est un non-croyant et la notion de sacrilège n’a pas de place dans sa façon de penser ; selon lui, « l’homme réalise maintenant qu’il est un accident, qu’il est un être dénué de sens, qu’il lui faut jouer le jeu jusqu’au bout ». Jésus, vu sous cet angle, c’est cet accident qui, sans raison, a joué le jeu jusqu’au bout. La croix : la fin du jeu qu’on a joué jusqu’au bout. Non pas de sacrilège ; plutôt un regard lucide, triste, pensif et qui essaye de pénétrer vers l’essentiel ».
Regard lucide, porté sur l’essentiel qu’il faut rapprocher de celui de Céline rapportant la mort de sa chienne. Une mort discrète, digne, « sans du tout se plaindre ». Et de citer Céline : « Oh, j’ai vu bien des agonies…ici…là…partout…mais de loin pas des si belles, discrètes…fidèles…ce qui nuit dans l’agonie des hommes c’est le tralala…l’homme est toujours quand même en scène…le plus simple » Le tralala humain et « la beauté sublime de la mort d’une chienne ». Kundera n’écrit que deux pages sur cette mort du chien de Céline, mais personne ne m’a jamais donné envie de lire Céline comme Kundera en ces deux pages. Et moi qui n’ai pas lu Anatole France (« Le cortège funèbre qui accompagnait Anatole France était long de quelques kilomètres. Puis tout a basculé. Excités par sa mort , quatre jeunes poètes surréalistes ont écrit un pamphlet contre lui ») je vais me précipiter sur Les dieux ont soif , ce roman de la Révolution, et y découvrir « le mystère du comique qui s’est faufilé dans les horreurs, le mystère de l’ennui qui accompagne les drames, le mystère du cœur qui se réjouit des têtes coupées, le mystère de l’humour en tant que dernier refuge de l’humain… » Anatole France, que plus personne ne lit, « dès que son cercueil a touché le fond du trou, la marche vers la liste noire a commencé pour lui. ».
Bacon donc, et Céline et Anatole France et Cioran, et Janacek, et Beckett, et Broch, et Fuentes, et… ses contemporains, ses devanciers, ses pairs, ses amis, peintres, écrivains, musiciens . Kundera les montre à l’œuvre. Et les questionne, avec toute la sagacité de l’artiste examinant l’œuvre d’un autre artiste. (« Depuis quand Karénine ne faisait-il plus l’amour avec Anna ? Et Vronski ? A-t-il su la faire jouir ? »). Et interrogeant leur œuvre nous dévoile son propre questionnement, nous éclaire sur sa trajectoire. Travail, écriture, musique, amitié, observation ironique d’un monde qu’il décrit ravagé par le kitsch. Ceci pour finir : « En 1999, un hebdomadaire parisien (l’un des plus sérieux) a publié un dossier sur « Les génies du siècle ». Ils étaient dix-huit au palmarès : Coco Chanel, Maria Callas, …aucun romancier, aucun poète, … mais deux couturiers…Ce palmarès n’était pas bricolé par des ignorants. Avec une grande lucidité, il annonçait un changement réel : le nouveau rapport de l’Europe à la littérature, à la philosophie, à l’art » Kundera questionne : « Que restera-t-il de toi Bertolt ? ». Que restera-t-il de toi Milan ? On comprend son retrait des médias, son regard amusé, son quant-à-soi acide.
« Une rencontre » nécessaire, salutaire, réjouissante.


Rebecca
3,97
par (Librairie Dialogues)
27 mars 2009

Un texte émouvant sur le mal-être des adolescents...