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Conseils de lecture

Baisers de cinéma - Prix Fémina 2007, roman
Neuf 14,75
Occasion 5,00
par (Librairie Dialogues)
14 août 2007

« Baisers de cinéma » est assurément le meilleur roman que j'ai lu en cette rentrée littéraire. Et peut-être le meilleur que j'aie lu cette année. Je l'ai savouré lentement, assis sur un banc, à l'ombre des grands arbres, au bout du quai Bourbon. «  Baisers de cinéma » est une promenade dans Paris, dans l'île St Louis, rue Cassette..., avec arrêts dans les cinémas d'art et essai du quartier latin. Le narrateur y scrute, presque compulsivement, les films de la Nouvelle Vague. Et « Baisers de cinéma » devient alors non seulement une promenade dans Paris, mais aussi un roman du cinéma dans lequel Eric Fottorino nous offre de magnifiques éclairages sur la lumière.

Et puis « Baisers de cinéma » c'est aussi un roman sur la quête de mémoire, la piété filiale, celle que le héros voue à son père (photographe de la lumière, photographe du cinéma) dont l'ombre est omniprésente dans le livre. « Baisers de cinéma » c'est encore un roman sur l'absence, celle de la mère, dont le héros espère l'apparition un jour au détour d'une projection dans l'une des salles obscures qu'il fréquente. C'est que son père lui a laissé des dizaines et des dizaines de bouts d'essais et de photos d'actrices dont l'une, mais Gilles Hector ne sait laquelle, a été sa mère. Et puis un jour que la projection s'achève, aux 3 Luxembourg, sa voisine de fauteuil semble droit sortie d'un film d'Eric Rohmer (à moins que ce ne soit de Truffaut ?). Le livre devient alors un roman de la passion, de la déraison amoureuse qui monte comme la vague et submerge tout. (Tout sauf le mari trompé dont le portrait est à peine, en arrière-plan, mais avec quel talent, esquissé par Fottorino, et dont on devine tout l'héroïsme, tout le malheur muet, tout l'amour qu'il porte à son garçon et, malgré tout, à sa femme infidèle.). Mais la mer toujours se retire, de la femme parfaite apparaissent bientôt les défauts, la vague reflue, l'envoûtement d'abord croissant de l'amoureux devient désamour. Tout cela est magnifiquement construit, parfaitement amené et écrit avec tellement de subtilité, de légèreté, de délicatesse... Un grand, grand bonheur de lecture.


Une brève histoire de l'avenir
Neuf 23,00
Occasion 3,97
par (Librairie Dialogues)
9 mai 2007

L'histoire est cette science qui scrute le passé nous le rendre intelligible. En écrivant « Une brève histoire de l'avenir » Jacques Attali entend donc nous faire comprendre les 50 prochaines années comme s'il lisait le livre d'histoire qui les raconte. Livre ambitieux donc qu'il articule en deux parties. Dans les deux premiers chapitres ("une très longue histoire" et "Une brève histoire du capitalisme") Attali nous livre sa lecture de ce qu'a été le parcours de l'homme depuis Homo sapiens jusqu'au 11 septembre 2000.

Et c'est cette lecture singulière, et singulièrement riche, passionnante, intelligente (quel brio pour nous faire comprendre que depuis Bruges, Venise, Londres...c'est l'ordre marchand qui gouverne le monde !) qui lui permet de nous donner les clés de ce que sera demain ; les clés de son interprétation de ce que seront demain les choix que nous aurons à faire, de ce que seront après-demain les conséquences des choix que nous ferons demain.Bien sûr les prochaines années nous montreront qu'Attali s'est trompé, sur tel ou tel point de détail, et peut-être même sur tel ou tel sujet d'importance. Qu'importe. Une brève histoire de l'avenir n'est pas un livre de voyance. Attali n'est pas Nostradamus. Une brève histoire de l'avenir est fruit des réflexions de l'un des esprits les plus pertinents qui soient, attentif à nous éclairer de ses recherches de ses réflexions. Une brève histoire de la vie de l'avenir est un livre généreux, utile. A lire d'urgence.


MAREE BASSE
13,20
par (Librairie Dialogues)
9 mai 2007

Après "Eloge de la palourde" (malheureusement épuisé chez Flammarion), Marc Le Gros nous livre un "court traité" de la pêche à marée basse. Palémon, crevette... le paysage de cette pêche est celui des grèves, des criques, l'occasion de se souvenir de sa grand-mère, son "roi pêcheur".Marc Le Gros ne pêche pas seulement pour le plaisir de l'instant et les joies de cette traque infiniment subtile. Il n'oublie pas que l'on pêche aussi pour le plaisir de montrer les fruits de cette pêche, les offrir et les déguster."Traou an aod, gle bezan ar flod.En mangeant des choses de la mer, il faut boire." A savourer.


Le Rideau, Essai en sept parties

Essai en sept parties

Folio

7,50
par (Librairie Dialogues)
7 mai 2007

Milan kundera n'est pas seulement un grand romancier contemporain, un romancier majeur de langue française. il a tiré de sa qualité d'enseignant à l'université l'art de la pédagogie. "Le rideau", essai en sept parties, est un magistral cours de littérature sur l'art du roman, lequel est, pour lui, un art à part entière, ayant comme tel sa spécificité propre. "En inventant son roman, le romancier découvre un aspect jusqu'alors inconnu, caché, de la "nature humaine"; une invention romanesque est donc un acte de connaissance que Fielding définit comme "une rapide et sagace pénétration de l'essence véritable de tout ce qui fait l'objet de notre contemplation" Et Kundera poursuit "les personnages romanesques ne demandent pas qu'on les admire pour leurs vertus.

Ils demandent qu'on les comprenne, et c'est quelque chose de tout à fait différent. Les héros d'épopée vainquent, ou s'ils sont vaincus, gardent jusqu'au dernier souffle leur grandeur. Don Quichotte est vaincu. Et sans aucune grandeur. Car d'emblée tout est clair : la vie humaine en tant que telle est une défaite. La seule chose qui nous reste face à cette inéluctable défaite qu'on appelle la vie est d'essayer de la comprendre. C'est là la raison d'être de l'art du roman."Comme tout art le roman est un art universel, et Kundera le montre bien qui convoque au soutien de sa brillante démonstration Rabelais et Fielding, Cervantes et Gombrowicz, Broch et Musil... et nous montre combien Kafka n'est pas un écrivain pragois.Comme tout art le roman a sa spécificité et son domaine propre ne se confond pas avec celui de la poésie ou celui de la philosophie. "les arts ne sont pas tous pareils; c'est par une porte différente que chacun d'eux accède au monde. Parmi ces portes l'une d'elles est réservée en exclusivité au roman" et Kundera poursuit " Herman Broch l'a dit : la seule morale du roman est la connaissance" ou encore citant Flaubert " je me suis toujours efforcé d'aller dans l'âme des choses". et Proust n'écrivait pas autre chose, Kundera nous le montre ""...chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage de l'écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que , sans ce livre, il n'eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre est la preuve de la vérité de celui-ci..."Ces phrases de Proust, ajoute Kundera, ne définissent pas que le sens du roman proustien; elles définissent le sens de l'art du roman tout court"Il faut lire "Le Rideau", c'est un grand livre, un livre essentiel à tous ceux qui veulent comprendre ce qu'est l'art du roman, à tous ceux qui veulent dépasser les querelles du nouveau roman, à tous les passionnés de littérature.


Manuel de campagne électorale
6,50
par (Librairie Dialogues)
24 avril 2007

Où il apparaît d'évidence que ce qu'il faut pour être élu ce sont des voix.