Voter?

Voter?


LA GREVE DES ELECTEURS
3,10

“Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien ne l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?”
Le 28 novembre 1888, Octave Mirbeau signe dans Le Figaro un article intitulé La Grève des électeurs. Un tel manifeste en faveur de l’abstention serait aujourd’hui impensable. Pour autant, il ne cherche point à inoculer le vice du désengagement mais à dénoncer la mystification du système électoral qui pare de la légitimité du vote les extorsions des puissants. Ce n’est pas l’idée de démocratie qu’il critique mais sa pratique au sein de la République ; les institutions abêtissent l’électeur tout en lui demandant son aval. L’anarchisme de Mirbeau fait de l’individu le centre à partir duquel la République doit être interrogée. Il prend à partie l’électeur, qu’il tutoie, sur l’absurdité de sa contribution au grotesque spectacle de sa quête aux suffrages. Par l’humour et la dérision, il attente à la respectabilité des institutions, dénonce “la protection aux grands, l’écrasement aux petits”. Si Mirbeau n’érige pas d’utopie dans cette critique radicale, il nous lègue les armes capables de nous défaire du conditionnement qui annihile le plus faible ; vision suffisamment juste pour qu’elle nous dérange encore plus de cent ans plus tard !


La lucidité, roman
7,80

Qu’est-ce que cette statue intouchable qu’on appelle la démocratie ? Comment peut-on accepter de jouer avec des règles truquées ? Dans la capitale d’un pays imaginaire, une élection tourne mal. La droite et le centre sont à égalité à 8 %, la gauche n’enregistre que 1 % des voix, et 83 % des votants ont mis dans l’urne un bulletin blanc. Que faire ? Inventer un coupable.José Saramago est né en 1922 au Portugal. Écrivain majeur de la littérature portugaise, son œuvre est aujourd’hui traduite dans le monde entier. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1998.


Contre les élections , récit
9,50

Depuis plusieurs années, David Van Reybrouck, auteur de Congo, Une histoire (Prix Médicis Essai 2012) s'intéresse de près à la vie politique de son pays, la Belgique, et notamment à la question de la participation des citoyens à la gestion du pays. Et si c'étaient les élections qui mettaient en péril la démocratie ? Ses réflexions ainsi que les solutions qu'il propose tombent à pic au moment où l'on prépare en France les élections municipales.


Vox populi, Une histoire du vote avant le suffrage universel

Une histoire du vote avant le suffrage universel

Seuil

20,00

L’élection n’a pas toujours été tenue pour le moyen le plus équitable, le plus efficace et le plus transparent de distribuer les charges et les honneurs publics ou de désigner ceux qui devaient contribuer à la fabrication de la Loi. Longtemps, d’autres systèmes ont joui d’un prestige égal sinon supérieur, qu’il s’agisse du tirage au sort, de l’hérédité, de la cooptation ou de l’appel à l’Esprit Saint.Les élections existaient pourtant, dans d’innombrables lieux et institutions : les villes et les villages, les ordres religieux et les conclaves – où agissait justement l’Esprit Saint – les universités et les académies. Mais elles servaient en réalité d’autres fins que la sélection des meilleurs représentants et la juste répartition des charges, comme la reproduction sociale des élites, la défense de l’orthodoxie… Elles n’avaient finalement pas grand-chose à voir avec la démocratie.C'est ainsi l'idée d'un progrès linéaire des institutions représentatives depuis la fin du Moyen Âge jusqu'aux révolutions du XVIIIe siècle que met en cause Olivier Christin. Une contribution importante aux débats contemporains sur la démocratie représentative.Olivier Christin est professeur d’histoire moderne à l’Université de Neuchâtel et directeur d’études à l’École pratique des hautes études à Paris (Ve section). Spécialiste des relations entre arts et réformes religieuses de la première période moderne, il a notamment publié au Seuil La Paix de religion. L’autonomisation de la raison politique au XVIe siècle (1997) et Les Yeux pour le croire. Les dix commandements en images, XVe-XVIIIe siècle (2003).