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Punchlines
EAN13
9782361399245
Éditeur
Le Mot et le reste
Date de publication
Collection
Musiques
Langue
français
Langue d'origine
français

Punchlines

Le Mot et le reste

Musiques

Livre numérique

  • Aide EAN13 : 9782361399245
    • Fichier EPUB, avec Marquage en filigrane
    5.99

  • Aide EAN13 : 9782361399238
    • Fichier PDF, avec Marquage en filigrane
    5.99

Autre version disponible

Le concept de « punchline » renvoie d’abord, en langue anglo-saxonne, à la
chute d’une histoire drôle. Si la punchline continue d’être présentée en
termes comiques dans tous les dictionnaires, le rap lui a néanmoins donné une
tout autre signification, en la définissant comme un énoncé coup de poing qui
couche l’adversaire. Le champ lexical de la boxe a désormais la priorité sur
celui de l’humour. L’une des premières mentions enregistrées de ce nouveau
sens lexical se trouve d’ailleurs sur le titre « I ain’t no joke » (« Je ne
suis pas une blague ») du rappeur nord-américain Rakim. Dans ce morceau clé de
l’album Paid in full, sorti le 7 juillet 1987, Rakim explique ainsi que
l’auditeur attend la punchline, mais que celle-ci n’est pas analogue à une
chute amusante. Le rappeur n’est pas là pour faire le comique (« I am no
comedian »), mais pour produire des uppercuts linguistiques. Dès lors,
pourquoi ce terme a-t-il été extorqué à la sphère de la comédie et comment
s’estil mis à circuler dans le domaine du hip-hop jusqu’à atteindre
l’intégralité du champ social ? Contrairement à la punchline comique pour
laquelle les commentaires abondent, la bibliographie de la punchline
rapologique est curieusement très mince et il n’existe pas, à notre
connaissance, d’étude sérieuse consacrée à l’histoire de ce mot dans le monde
du hip-hop. Cette recherche se propose de combler cette lacune en analysant ce
qui fait la richesse de ce nouveau type d’énonciation. La première partie de
l’ouvrage (« Il n’a pas dit bonjour ») plonge dans le champ rapologique au
moment où la « punchline » est déjà à son apogée. On s’intéresse au morceau «
Bonjour » du rappeur Vald, sorti en 2015. Celui-ci affirme détester les
punchlines comme simples jeux de mots. Nous montrons alors qu’il n’abandonne
pas la punchline, mais qu’il la réinvente. La deuxième partie (« Le sampling
linguistique ») soutient que la punchlinejeu- de-mots impose à l’auditeur de
se repasser en boucle le sens d’un terme équivoque pour différencier les sens
qui s’y trouvent impliqués. On établit alors que le texte rapologique qui «
frappe » implique également des rimes, des allures ou des intonations
équivoques. Dans la troisième partie (« Ali Bomayé »), on soutient que
Muhammad Ali est le premier à avoir converti le sens comique du mot punchline
pour en faire un véritable énoncé coup-de-poing chargé de sens. On analyse
alors comment la richesse rapologique puise dès l’origine dans les
énonciations du boxeur. La dernière partie de l’ouvrage (« Faire de la monnaie
») défend la thèse selon laquelle la punchline, définie au sens large comme
une énonciation équivoque frappante, constitue la richesse propre au rap. Elle
est cette grandeur de référence qui sert aux échanges entre rappeurs et elle
permet à ces derniers d’acquérir du crédit. C’est littéralement la monnaie
symbolique constitutive du champ rapologique. Daniel Adjerad est professeur
agrégé et docteur en philosophie. Il est l’auteur chez Ellipses d’un ouvrage
sur Gilles Deleuze publié en 2017 et a soutenu, en 2019, sa thèse de
philosophie sur « Le concept d’économie chez Pierre Bourdieu » à l’Université
Paris I Panthéon-Sorbonne.
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