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Journal du camp de Vittel
Éditeur
Calmann-Lévy
Collection
Cal-levy - Mémorial de la shoah
Nombre de pages
240
Langue
français

Journal du camp de Vittel

Calmann-Lévy

Cal-levy - Mémorial de la shoah

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  • AideEAN13 : 9782702153376
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Le 14 août 1942, Hannah, l’épouse d’Yitzhak Katzenelson, et leurs deux plus
jeunes garçons, Ben Zion et Benjamin sont convoyés vers Treblinka depuis le
ghetto de Varsovie. Katzenelson et son fils aîné, Zvi, en réchappent et
travaillent alors quelques mois dans un atelier allemand situé dans les
décombres du ghetto. Sans illusion sur le sort réservé à sa femme et ses
enfants, celui qui est l’un des plus grands poètes juifs du xxe siècle cesse
alors d’écrire.
Grâce à la Résistance juive qui cherche à le protéger, il obtient des faux
papiers de l’État du Honduras qui lui permettent de quitter la Pologne. Le 22
mai 1943 Katzenelson et son fils sont envoyés au camp de Vittel, en France, un
camp pour « personnalités », c’est-à-dire des ressortissants de pays alliés ou
neutres détenus comme d’éventuelles monnaies d’échanges.
Miné par une terrible dépression, craignant de basculer dans la folie,
Katzenelson écrit quelques lignes dans son journal puis s’emmure dans le
silence. Ce n’est qu’à la veille de l’anniversaire de la liquidation du ghetto
de Varsovie, qu’il commence à tenir véritablement son Journal. Bien qu’il ne
coure que sur deux mois seulement, il s’agit là d’un document exceptionnel
d’une rare intensité.
À l’amie de Vittel qui le presse d’écrire, il répond : « Je ne peux pas
écrire. Il n’existe pas de mots pour (…) décrire [ces horreurs] ; ils n’ont
pas encore été créés. » Mais c’est aussi le même homme qui lui déclare un
autre jour : « Non ! Non ! Cela doit être écrit. Le monde entier doit savoir
ce qui est arrivé. (…) Tout doit être raconté. »
C’est le témoignage d’un homme brisé qui survit dans un entre-deux de la mort.
Dans un cri poignant, le poète mentionne déjà l’extermination par balles, les
déportations et les chambres à gaz. Mais surtout, avec une terrible
préscience, il avance dès 1943 le chiffre de six millions de Juifs assassinés.
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