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L'amant de Nantucket / Le temps d'une aventure
EAN13
9782280808736
ISBN
978-2-280-80873-6
Éditeur
Harlequin
Date de publication
Collection
Passions (151)
Poids
316 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais

L'amant de Nantucket / Le temps d'une aventure

De

Harlequin

Passions

Indisponible

Autre version disponible

- 1 -

— Remporter des prix ? Je m'en fiche pas mal, mon vieux ! Moi, ce que je veux, c'est vendre des petites voitures de sport rouges à des jeunes femmes sexy. Je ne vois pas en quoi c'est compliqué.

Jackson Locke sauta les deux premières marches de l'escalier central en colimaçon, les yeux fixés sur ses pieds nus qui caressaient le parquet de bois luisant d'encaustique, tout en passant mentalement en revue divers slogans et les écartant tout aussi vite.

A l'autre bout du fil, son interlocuteur poussa un gémissement plaintif.

— Mais que vais-je dire au client ? Il est 20 heures, nous sommes vendredi soir, il est toujours assis dans la salle de conférences et refuse de bouger tant qu'il n'a pas discuté de cette publicité avec vous ou M. Wilding en personne.

— Ça ne risque pas ! En ce moment, Reggie devrait être dans l'avion pour Nantucket. Enfin, s'il peut arriver ici dans cette tempête.

— Il a quitté le bureau à 17 heures. Il est vraiment très en retard.

— En effet. C'est étonnant.

La ponctualité de Reggie Wilding était légendaire. Toujours le premier à arriver aux bureaux de Wild Marketing, et en général, le dernier à s'en aller. Mais bien sûr, c'était son nom qui figurait sur la porte.

— Ecoutez, poursuivit Jack. Dites au client que vous avez parlé au chef du service création et qu'il a dit que la fin du spot allait rester. La blonde allait rester. Le chien allait rester. Le commentaire allait rester. Et, faites-moi confiance, les nanas sexy vont...

Jack fronça les sourcils et sifflota doucement, avant de terminer sa phrase :

— ... apparaître au moment où on les attend le moins.

— Pardon ? C'est un nouveau slogan ?

— Non. Débrouillez-vous, mon vieux, mais moi il faut que j'y aille !

Fermant son téléphone, il le glissa dans la poche de son jean tout en étudiant avec attention le dos trempé de pluie d'une femme flanquée d'une grosse valise, toutes deux laissant dégouliner leur eau sur les précieux parquets de bois de pin que Mme Slattery, la gouvernante, entretenait avec amour. La femme payait sa course au chauffeur de taxi tout aussi mouillé, mais qui lui souriait béatement comme s'il avait affaire à une espèce de sirène émergeant tout droit du Sound de Nantucket.

Il n'était guère habituel, chez Wild Marketing, de convier quelqu'un de l'extérieur aux séances de brainstorming créatif qui avaient lieu le week-end sur l'île de Nantucket, dans la résidence secondaire de Reggie. Mais généralement, ce dernier avertissait Jack à temps lorsque une personne extérieure à leur petite mais pittoresque équipe devait y assister.

Et là, Jack n'avait pas été prévenu de ce changement. En fait, Reggie avait été anormalement discret sur l'ordre du jour du week-end.

Cette apparition divine en était-elle la cause ?

Repoussant derrière son oreille une mèche de cheveux qui retombait, il poursuivit sa descente, ralentissant l'allure afin de fouler la dernière marche à l'instant précis où la femme se retournerait. Jusque-là, il profiterait de la vue de dos.

Des cheveux noirs comme la nuit plaqués sur des épaules carrées, étroites, lui tombaient au milieu du dos. Ce qui avait dû être une jolie robe blanche avait viré au gris sous la pluie et moulait chacune des courbes mortellement séduisantes d'un long corps svelte. Grâce à la magie de l'humidité, le regard de Jack put traverser le tissu trempé sans parvenir... à rien. Ou elle avait un string ou... rien du tout.

Un éclair blême s'abattit soudain au loin sur l'eau noire du port de Nantucket. Quelle sorte de campagne de publicité allaient-ils bien pouvoir concocter au cours de ce week-end ? Reggie n'avait-il pas dit qu'ils pourraient bien avoir à s'occuper d'une société de vêtements de sport ?

Oh, mais oui ! Bien sûr ! Cette créature de rêve devait être un mannequin.

Et, à bien considérer sa silhouette longiligne, il parierait pour la crème des crèmes de la profession : un top model pour maillots de bain.

Il résista à l'envie de lever vers le ciel des yeux pleins de gratitude. Parfois, les dieux de la publicité étaient vraiment trop bons pour lui.

Au moment précis où il atteignait la dernière marche de l'escalier, la jeune femme ferma la porte d'entrée et, en se retournant, croisa son regard avec une légère exclamation qui aurait pu faire écho à la sienne.

Oui, un mannequin, sans le moindre doute. Et un véritable don des dieux, avec ces pommettes finement ciselées, cette peau crémeuse et transparente, sans oublier une bouche à dévorer un objectif. Entre autres choses... La pluie avait un peu fait couler le maquillage sous ses yeux, ce qui lui donnait un regard mystérieux, comme hanté. Le regard de Jack, lui, descendit plus bas le long du tissu révélateur, et l'argument du spot publicitaire jaillit comme une évidence : elle revenait de la plage avec un rien de tissu genre tropical couvrant à peine ses seins hauts et fermes, et une invite assombrissait ses yeux. Le sous-titre...? Voyons... Le maillot qui séduit.
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