Format
Broché
EAN13
9782916447940
ISBN
978-2-916447-94-0
Éditeur
Obsidiane
Date de publication
Nombre de pages
64
Dimensions
19 x 13 x 0 cm
Poids
1 g
Langue
français

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Obsidiane

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Ce qui attire les poèmes de Pincas dans le concept de frontière est

précisément cette finesse, cette ténuité, cette fugacité aussi,

qui constituent en vérité la moelle du temps, sa substance

si peu perceptible, quasiment invisible. Et le temps, qui

est le moteur et l’écrin de la condition humaine, doit être

capturé pour que naisse le chant lyrique. Seul son courant

permet à la barque de la poésie de naviguer. « Passent les

jours, et passent les semaines… » Sans le sens du temps, la

sensibilité à sa matière, le souvenir, comme objet et comme

acte, ce « regret du bonheur perdu », cette « mélancolie du

départ », pour reprendre les termes de Jankélévitch au sujet

de La Cerisaie de Tchekhov, ne saurait être. Et le souvenir
est au poète une alma mater, un phare dans la nuit du néant

qu’il sonde si bien.
« Aucun lieu n’est plus prégnant que la frontière. Et c’est un

mot sur lequel Pincas insiste : « La frontière entre la tristesse et la

joie est très mince. » « La frontière de la mémoire s’étend loin et

jusqu’au bout de l’espace des gens que nous avons aimés. »

Ce qui attire le poème dans le concept de frontière est précisément

cette finesse, cette ténuité, cette fugacité aussi qui constituent en

vérité la moelle du temps, sa substance si peu perceptible, sinon

invisible. Et le temps, qui est le moteur et l’écrin de la condition humaine,

doit être capturé pour que naisse le chant lyrique. Seul son

courant permet à la barque de la poésie de naviguer. « Passent les

jours, et passent les semaines… » Sans le sens du temps, la sensibilité

à sa matière, le souvenir, comme objet et comme acte, ce « regret

du bonheur perdu », cette « mélancolie du départ », pour reprendre

les termes de Jankélévitch au sujet de La Cerisaie de Tchekhov, ne

saurait être. Et le souvenir est au poète une alma mater, un phare

dans la nuit du néant qu’il sonde si bien… »

Emmanuel Moses
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