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Entre presse et littérature, Le Mousquetaire, journal de M. Alexandre Dumas (1853-1857)

Entre presse et littérature

Le Mousquetaire, journal de M. Alexandre Dumas (1853-1857)

Presses universitaires de Liège

Bibliothèque de la faculté de philosophie et lettres de l’université de Liège

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Superlatifs et clichés viennent spontanément sous la plume au sujet
d’Alexandre Dumas. En perfusion réciproque avec l’histoire de la France,
l’œuvre a rabattu la grande ligne du temps sur une surface de publication
élargie aux proportions d’un continent dont la carte n’est pas encore
complètement établie. Car il y reste au moins une terra incognita, propre à
relancer la machine des superlatifs : la dévorante activité de journaliste et
de directeur de journaux à laquelle s’est adonné l’écrivain. Qui sait
aujourd’hui qu’il rédigea seul, entre 1848 et 1850, un mensuel où ses ferveurs
politiques se mêlaient d’inquiétude face à la montée du césarisme ? Qu’il
publia de 1853 à 1857 un quotidien, Le Mousquetaire, dans lequel il s’employa,
en tisonnant les cendres du romantisme, à roder un journalisme de combat
littéraire en temps de censure ? Qu’il fit paraître sous sa seule signature,
de 1857 à 1862, Le Monte-Cristo, trouvant encore l’énergie, dans l’intervalle,
de jeter sur le marbre, à Naples, un journal politique en italien,
L'Indipendente, où le futur fondateur du Corriere délia sera fit ses premières
armes ? Et qu’il devait encore lancer, au soir de sa carrière, un second
Mousquetaire et un Dartagnan ? Parfaite illustration du journalisme tel que
Dumas le concevait, Le Mousquetaire premier du nom témoigne de la solution de
compromis offerte par la petite presse littéraire aux écrivains journalistes
sous les années les plus autoritaires du Second Empire. Avec d’autres
périodiques du même genre, mais non du même panache, ce journal d’écrivain est
également très représentatif d’une période médiane dans l’évolution des deux
champs entrecroisés dont il relève, situé qu’il est à mi-parcours sur la voie
allant du lancement de La Presse par Émile de Girardin en 1836 à l’apparition
du Petit Journal en 1863 et, d’autre part, entre le reflux du romantisme et le
flux des esthétiques de la modernité. Sous ces différents aspects et pour
mieux éclairer un moment assez obscur de l’histoire culturelle française, il
est bien utile d’examiner de près cette feuille que Philibert Audebrand, l’un
de ses rédacteurs, évoquait dans ses souvenirs comme le « plus invraisemblable
des journaux français, passés, présents et futurs ».
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