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Dominique A, Solide
EAN13
9782368332795
ISBN
978-2-36833-279-5
Éditeur
Locus Solus
Date de publication
Nombre de pages
240
Dimensions
20 x 14 x 2 cm
Poids
342 g
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  • Vendu par Librairie L’Arbousier
    17.00

Dominique A est plus qu’un chanteur, il est un créateur unique dans la culture pop en France depuis 30 ans. Pour la première fois, il se livre au long cours sur sa vie, sa musique, ses admirations artistiques.

Dominique A, trois ans avant Miossec, qu’il inspire, et auprès de Katerine, avec qui il se lance à Nantes au début des années 1990, est une grande voix de la nouvelle scène française.

Il a donné une nouvelle image du masculin dans le "rock", en faisant le lien entre ses influences "new-wave" et la tradition de la chanson française. Il a changé la donne avec une élégance rare, avec un minimalisme revendiqué et un lyrisme vocal devenu sa marque. Il écrit pour lui bien sûr, et aussi pour les plus grands noms de la pop : Bashung, Yann Tiersen, Calogero, Étienne Daho…

Il a obtenu la Victoire de la musique de l’artiste interprète masculin de l’année 2013.

Mais il n’est pas que chanteur ou musicien, c’est un homme de culture qui tient ses chroniques dans des médias, publie des livres très personnels chez de grands éditeurs littéraires, s’engage dans le collectif "Des Liens" qu’il a contribué à lancer pour ouvrir les salles de concert aux personnes en situation de précarité…

Le journaliste Grégoire Laville dévoile ici, question après question, un artiste exigeant, simple et sincère, fragile par la voix, les thèmes évoqués, mais solide, comme le précise le titre, dans sa démarche personnelle, et qui séduit un public large et divers, issu de plusieurs générations.
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Entretien avec Dominique A et Grégoire Laville

Le livre Dominique A solide est paru aux éditions Locus Solus. À cette occasion, Grégoire Laville et Dominique A ont répondu à quelques-unes de nos questions, et Dominique A nous a livré sa médiathèque idéale (à retrouver en bas de cette page). Et bonne nouvelle ! Nous les accueillerons tous deux à la librairie pour une rencontre le vendredi 18 septembre, à 18h !

Grégoire Laville, sauriez-vous nous dire pourquoi et à quel moment l’idée de ce livre d’entretiens au long cours avec Dominique A est-elle venue à vous ? Aviez-vous l’envie et le dessein de rencontrer l’artiste, mais aussi l’homme ?

G.L. : J’ai découvert Dominique A à ses tout débuts lorsque j’étais adolescent. Je me suis construit en l’écoutant. Il est donc fondamental pour moi et, je crois, aussi dans l’histoire de la chanson française. Dominique A représente, selon moi, l’auteur et l’interprète le plus profond et important de la scène actuelle, dans la lignée des grands de « la table ronde », que sont Brel, Brassens et Ferré. L’idée de ce livre date donc de plusieurs années, après la sortie de mon premier livre d’entretiens avec les chanteurs Miossec et Cali (avec Yves Colin et le photographe Claude Gassian, aux éditions Le Bord de l’eau, en 2006). Elle a pris plus de consistance lorsque j’ai interviewé Dominique A pour un autre livre consacré à la grande époque du rock à Rennes. Il a été immédiatement intéressé. Le moment était bon : il sortait, cette même année 2018, ses deux derniers albums Toute Latitude et La Fragilité et envisageait une pause et une réflexion sur la façon de diffuser ses œuvres.

J’essaie d’explorer les parcours des gens qui m’intéressent à travers de longs entretiens dont je souhaite conserver le plus de spontanéité possible. Mon objectif est d’essayer de lever le voile sur les coulisses, sur ce qui anime profondément ces hommes et femmes, de toucher une certaine vérité, en profitant d’un format au long cours, qui laisse le temps à mon interlocuteur de s’exprimer. J’espère que c’est donc effectivement l’homme Dominique Ané qui se dévoile autant que l’artiste dans ce livre.

De votre côté, Dominique A, pourquoi avoir accepté un tel projet ? On découvre au fil des pages, et cela ne peut nous étonner au regard de vos chansons et des textes que vous avez publiés, votre attachement aux mots. Est-ce que cela a joué, cette place que vous accordez à l’écrit et au livre ?

D.A. : C’est clair que la perspective d’un livre a joué, je suis un lecteur compulsif, mes murs en savent quelque chose. J’avais participé au livre de Grégoire sur le rock à Rennes, et avais bien aimé nos échanges, et le livre, qui retraçait parfaitement l’esprit d’une époque. Quand il m’a proposé ces entretiens, j’étais donc confiant, et notre première rencontre de visu m’a convaincu « d’y aller ». D’autant que je savais que je serais disponible pour le faire, n’étant alors plus sur les routes.

Vous évoquez d’ailleurs une dimension politique dans votre écriture, dans le fait de chanter en français notamment. Vous dites : “Le rapport au langage, finalement, c’est la grande affaire de mon histoire.” Qu’entendez-vous par là ?

D.A. : C’est peut-être une façon un peu sentencieuse de poser les choses, mais c’est vrai que j’ai senti au fil des années et après m’en être longtemps défendu que le rapport à la langue était primordial, et l’emportait sur l’aspect musical : de toutes façons, c’est ce rapport au texte qui « définit » l’ensemble de la musique populaire française, pour le meilleur et pour le pire.

Dans le titre du livre, cet adjectif accolé au nom de Dominique A, solide, qu’est-ce qu’il signifie pour vous Grégoire Laville ? Et vous reconnaissez-vous ici Dominique A ?

G.L. : Ce titre m’est venu rapidement et spontanément. Son œuvre, qui a influencé d’autres artistes et qui m’a toujours accompagné, est éminemment solide. Il poursuit, album après album, son chemin avec constance et une sincérité artistique absolue. Et l’homme que j’ai rencontré me semble aussi solide que l’artiste par son honnêteté, sa simplicité, sa volonté de ne pas se cacher, de ne pas dissimuler paradoxes et défauts. Je rapproche cette solidité d’une certaine vérité.

D.A. : Il ne m’appartient pas de dire si je suis solide ou non, c’est la vision de Grégoire. Au début, je n’étais pas convaincu, et puis je me suis dit après un temps que ça sonnait pas mal, et que ça avait de plus le mérite de faire écho à des titres d’albums comme Remué et La Fragilité.

Vous nous dites tous deux que l’on vous connaît notamment au travers de deux chansons, Le courage des oiseaux et Immortels. Qu’est-ce qu’elles représentent ces deux chansons pour l’un et l’autre ? Comment gère-t-on, Dominique A, le destin d’une chanson, quelle prise estimez-vous avoir dessus ?

D.A. : Ce sont les deux points saillants de mon répertoire, je crois ! Ceux par rapport auxquels je suis défini par un public élargi, comme il en va de même pour tout chanteur ou toute chanteuse qui dépasse une certaine date de péremption. Et pour ce qui est de la prise qu’on a sur un morceau, à part de le faire évoluer à sa guise au fil de temps, on n’en a aucune, ce qui n’est vraiment pas déplaisant.

G.L. : Le courage des oiseaux a un statut un peu à part pour moi et pour beaucoup je crois. C’est le symbole du vent nouveau que Dominique A a fait souffler en 1992 avec cet alliage de fragilité, de nuances, de tristesse et d’espérance malgré tout, combiné avec cette mélodie minimaliste. Cette chanson, qui a inspiré beaucoup d’autres chanteurs, représente tout ce que nous attendions et continue de toucher des fans de tous âges. Beaucoup de Dominique A était déjà dans Le courage des oiseaux. Comme il le dit : « Si je devais être résumé à ce morceau, ça m’irait très bien ».

J’ai le sentiment qu’Immortels est comme un autre point de référence depuis les débuts de Dominique : écrite à l’origine pour Alain Bashung, elle montre idéalement le parcours de son auteur qui écrit aussi pour les autres, en même temps que l’évolution de son chant, au lyrisme affirmé, ainsi que celle de sa composition qui a pris de l’ampleur. En outre, sa version plus mélodique, plus « victorieuse » comme il le dit, que celle de Bashung, en fait une chanson-tube qui nous poursuit.

Le courage des oiseaux et Immortels sont deux sommets de l’œuvre de Dominique A.

Au fil des entretiens, on découvre l’histoire qui se cache derrière chacun de vos albums Dominique A. Chaque nouvel album est-il vécu comme une forme de défi, une volonté d’exploration de chemins encore méconnus, une manière aussi d’être en vie ?

D.A. : Un défi, le mot est un peu fort. C’est plus une recherche sonore pour ne pas m’ennuyer, et, autant que possible, ne pas ennuyer les autres. C’est physique de toutes façons, une façon de ressentir le chemin qu’on doit prendre à un moment donné, c’est le corps qui vous dit si vous faites fausse route ou non ; donc, mine de rien, c’est clair qu’il y a une pulsion de vie derrière ça.

Vous évoquez Brest dans votre livre. Vous parlez des concerts, de l’énergie – ou non – du public présent, et vous dites : “Il y a quand même des tropismes culturels, si j’ose dire, par exemple, quand tu joues à Brest…” Dites-nous, qu’est-ce que dégage le public brestois de si singulier ?

D.A. : Je m’en voudrais de trop flatter le public brestois… Disons que j’aime beaucoup ici le lot d’imprévisible qu’il y a quand je viens y jouer : les nuits y sont invariablement longues (ou courtes, comme on voudra), on ne sait jamais sur qui on va tomber, des gens marrants ou des casse-couilles. Je prends beaucoup moins de gants qu’ailleurs à éconduire quelqu’un qui me les brise.

Aviez-vous l’un et l’autre la conscience d’offrir aux lecteurs et aux lectrices un livre qui s’écoute ? Que l’on arrête soudainement de lire pour aller écouter vos chansons Dominique A, mais aussi tous les artistes que vous citez, du groupe Talk Talk à Leonard Cohen, en passant par Philippe Katerine ou la chanteuse pop Rosalía ?

D.A. : Si c’est le cas, j’en suis ravi, c’est un beau compliment.

G.L. : Je m’en suis surtout rendu compte lors du travail de retranscription, de sélection et de rédaction puisque c’est exactement que j’ai fait : j’écoutais ou réécoutais tous les artistes que nous évoquions, creusant parfois longtemps dans leurs discographies. J’ai notamment découvert, grâce à Dominique, Molly Drake que je n’avais jamais écoutée, mère de Nick dont j’aime beaucoup les chansons. Cette écoute est aussi une façon de découvrir Dominique A.

Dominique A, si vous deviez revenir sur ces mois de confinement liés à l’épidémie du Covid 19, sauriez-vous nous dire s’ils ont laissé des traces en vous ? Si la période a été propice à la création ou au contraire, à une forme d’immobilité aussi bien mentale que physique ?

Dans la mesure où je n’ai pas été malade, et où je ne vis pas dans un petit appart en ville, j’ai plutôt bien vécu la période ; étrangement, ça m’a presque libéré créativement, des nœuds se sont défaits, et ça a fait bouger mon regard sur la façon de faire et de présenter les choses à un public. J’ai plus de mal avec cette période de déconfinement, l’ambiance masquée, et les incertitudes quant à l’avenir.

Questions posées par Laure-Anne Cappellesso

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