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Les enfants humiliés, Journal 1939-1940
Éditeur
République des Lettres
Date de publication
Langue
français

Les enfants humiliés

Journal 1939-1940

République des Lettres

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  • AideEAN13 : 9782824905228
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Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Georges Bernanos. " _Les
enfants humiliés_ " est le plus grand des essais de Bernanos, parce que le
plus pur, le plus dépouillé, celui où la colère ne s'étale jamais, mais crève
seulement dans un mot, dans une phrase, terribles — parce que cette fameuse
colère n'y paraît rien autre qu'une forme désespérée et sublime de l'amour.
L'entrelacement des thèmes atteint ici la perfection d'une chorale, et c'est
pourtant le même homme qui chante, tantôt indigné, tantôt consolant et presque
caressant; le rapprochement des deux guerres (nous retournons dans cette
guerre ainsi que dans la maison de notre jeunesse), l'esprit de l'arrière et
celui de l'avant, le dépouillement total du prophète (mon œuvre est un four
banal), l'exil ou plutôt la pose au sein du désert brésilien, la haine de la
conscience faite (il n'y a plus d'opinion catholique), et par-dessous, courant
toujours, ce motif de l'enfance qu'on a justement retenu pour le titre. Enfin
certaines pages sur la forêt brésilienne sont d'une force et d'une douceur
dans le style jamais atteintes en langue française." — J.-M. DOMENACH. "Il y a
dans le livre de Bernanos un merveilleux portrait de Hitler en brave homme
saisi par le ressentiment au lendemain de la première guerre mondiale, calciné
dans la fleur de sa jeunesse par le ressentiment, recuit dans la certitude
d'avoir été floué en tant que jeune caporal, en tant que citoyen, en tant que
brave homme moyen d'humanité médiocre. Hitler, dit Bernanos, est mort quand il
avait vingt ans, car c'est être mort que de piétiner sans relâche dans la même
vieille histoire froide. De sa mort est sortie sa puissance. Bernanos écrit
contre ces gens-là, contre ces sales bêtes repues de leur bon droit, gavées
d'amertume et de ressentiment. Les secrets du monde sont des secrets
misérables. Ils se laissent attraper par ce genre d'écriture là, mal habillée,
mal polie, souffrante. Le grand secret c'est qu'il n'y a pas d'humanité. Il
n'y a qu'un cloaque, qu'un vivier purulent de petits caporaux, de jeunes
cadres, de vieux boursiers et de moyenne bourgeoisie tiède et morne. Et puis,
bien sûr, il y a les pauvres. Mais ceux-là, personne ne sait en parler, et
eux-mêmes n'imaginent pas qu'on puisse dire quelque chose d'eux: la parole,
c'est pour les maîtres."" Il y aurait de quoi désespérer d'une telle vision si
la maladie ne venait pas nous en guérir, la maladie d'un Bernanos à bout
d'espoir, l'adrénaline d'un livre fourbu, la fièvre enfantine de l'amour qui
revient pour se mettre au travail. Les livres en bonne santé sont des livres
de loisir. Les livres malades sont des appels au travail de soi sur soi — et
sur le reste. Car le vrai secret est celui-ci: il n'y a pas encore d'humanité.
L'humain est ce qui est à venir." — Christian BOBIN.
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