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Format
Broché
EAN13
9782365124164
ISBN
978-2-36512-416-4
Éditeur
Croquant
Date de publication
Collection
Hors collection
Nombre de pages
200
Dimensions
24 x 15,5 x 1 cm
Poids
400 g

Enfants, sujets politiques

Les jeunes générations face à la crise du covid

Croquant

Hors collection

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Sens et intérêt de la publication
Quand une enfant de 11 ans, vivant en quartier prioritaire, nous dit à propos du confinement « On ne peut pas sortir donc c’est un peu nul mais c’est utile car les cas de coronavirus diminuent », elle nous renseigne sur la politique gouvernementale et l’expérience qu’elle en fait. Lorsque d’autres racontent les actes d’entraide et de solidarité dans les quartiers, et l’organisation collective de la vie de l’immeuble pendant la pandémie de covid, ils et elles portent un regard sur la société et sur son fonctionnement. Les enfants sont des sujets politiques. Cet ouvrage s’intéresse à la manière dont les jeunes générations « prennent part » à la vie de la cité. Il nous plonge dans les transformations générées -ou aggravées- par la crise sanitaire, à travers leur vécu de cette situation inédite où l’État s’est introduit dans toutes les sphères de la vie quotidienne. Car peu de place est faite à leur parole dans les travaux en sciences humaines et sociales. La plupart interrogent le point de vue des adultes, parents ou professionnels qui les accompagnent. Leurs expériences sont rarement comprises à partir de leurs propres perceptions. Et pourtant, en leur proposant un espace à soi individuel, et dans le collectif, les enfants s’expriment et racontent avec finesse leur lecture du monde habité. Les « carnets intimes » d’enfants, sur leur quotidien en pandémie, sont l’un des dispositifs méthodologiques que nous avons créés pour accueillir cette parole et la rendre visible. Ils abordent la peur ressentie face à l’incertitude, l’inquiétude vis-à-vis de la situation des parents, le maintien des liens amicaux via les jeux vidéo, les changements dans le quartier devenu source de danger potentiel et un espace sous contrôle policier, sans oublier la difficile école à la maison et « le sentiment de ne plus être libre ». Mais, si la situation a provoqué une perte de repères et de confiance en l’avenir, ces carnets montrent aussi leur capacité à réfléchir et à agir face aux situations sociales et politiques que nous vivons. Dans une démarche sociologique qui s’intéresse autant au sens qu’au sentiment, ce livre considère les enfants comme les citoyens « à part entière » qu’ils et elles sont. Il limite la vision adulto-centrée du vécu des jeunes générations, pour favoriser une autre mise en récit des quartiers et des réalités vécues par les habitants. C’est une contribution à l’étude de la citoyenneté des enfants et des jeunes des milieux populaires, et à celles qui s’intéressent à la manière dont elle se construit « à hauteur d’enfant ».
Enquête et dispositifs participatifs
1Projet SCIVIQ (2020-2022) : Ce travail sur la citoyenneté des jeunes générations est issu d’une première recherche-action participative (le projet SCIVIQ -Solidarités, Citoyenneté et Vivre- ensemble face à la Covid-19) qui interroge les dynamiques à l’oeuvre dans les quartiers, en temps de crise sanitaire. En multipliant les points de vue, la sociologue est partie à la rencontre des habitants et des habitantes des quartiers populaires d’une banlieue bordelaise (2 quartiers prioritaires de la commune de Lormont) et de leur expérience de la crise. CeGe recherche-
action s’intéresse aussi au vécu des professionnels et bénévoles de l’action publique. Elle repose sur une enquête ethnographique mobilisant les outils classiques de la sociologie qualitative (entretiens, observation et carnets de terrain) et donnant lieu à la création de dispositifs participatifs pour laisser les enquêtés se définir eux et elles-mêmes. Parmi ceux utilisés auprès des enfants et des jeunes :
les carnets d’enfants (une collaboration avec un collège des quartiers enquêtés : 25 élèves d’une classe de 6ème, âgés de 10 à 12 ans ; 200 pages de témoignages écrits et dessinés)
les causeries (temps d’échanges informels organisés avec les professionnels et les élèves, sur leur vécu de la pandémie ; mise en récit collective des vécus individuels ; ont donné lieu à des illustrations)
les reportages photographiques (démarche de recherche-création avec le collectif LesAssociés ; les habitants devenus guides de leurs expériences ; des photographies du vécu pandémique, des ressources mobilisées (objets, espaces, relations) et des différents « chez soi »)
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