Qu'est
Format
Poche
EAN13
9782012004634
ISBN
978-2-01-200463-4
Éditeur
Hachette
Date de publication
Collection
Bibliothèque verte (1126)
Dimensions
18 x 11 x 0 cm
Poids
147 g
Langue
français
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e9782012033276_cover.jpge9782012033276_pagetitre01.jpgTableAvertissement
1. La fin de l'histoire, peut-être
2. Guillaume joue à Tomb keeper
978-2-012-03327-6ValpierreValpierre est né... en 1995, dans le Hurepoix, région mystérieuse mais réelle au sud de Paris. Valpierre, c'est Valérie et Pierre. Comment apprivoiser cet écrivain secret et double ? Il faut d'abord le capturer, ce qui n'est pas facile car il se cache dans des coins perdus de Bretagne ou de Bourgogne. Il y cherche sa nourriture : des idées dont certaines deviendront des romans. Il aime faire un peu peur mais n'est pas très méchant. L'attraper est difficile. Attirez-le avec un chat siamois ou une barre de chocolat. Ensuite, ne l'installez pas n'importe où : une clairière dans la forêt vaudra mieux que le béton d'un parking où il dépérirait très vite. Lisez ses histoires, il sera flatté et vous en racontera sûrement d'autres. Car Valpierre vit surtout par... l'imagination.Couverture illustrée par Philippe JozelonAVERTISSEMENTLecteur, lectrice, je ne veux pas retarder le moment de te plonger dans cette histoire. Mais celle-ci nous ramène en 1996 (au siècle dernier, donc !) et à toutes fins utiles, voici quelques précisions. Un micro-ordinateur portable avec écran couleur et lecteur de CD-Rom est encore, en 1996, un objet de luxe. En matière de consoles de jeux, Sony a lancé un an plus tôt la PlayStation, qui connaît un succès foudroyant et renvoie dos à dos les géants Sega et Nintendo. Quant au téléphone mobile, il est très peu répandu en France : dommage pour nos héros, qui auraient trouvé là un auxiliaire précieux.
L'auteur tient à remercier les docteurs Chauvat, Safar et Tauvel ; Loïc Bellaunay et David Volanger pour leurs connaissances informatiques ; et M. l'Intendant du lycée Lakanal, de Sceaux, qui lui a rouvert les portes du souterrain...1LA FIN DE L'HISTOIRE, PEUT-ÊTREÉmilie eut une impression désagréable. Une tache orange dans un angle de son champ de vision. À cet instant, le cauchemar débuta et s'installa au beau milieu de ses seize ans pour ne plus en sortir.C'est du moins ce qu'elle se dit plus tard, en essayant de faire le point.Elle marchait, heureuse, elle gambadait presque. Bref, elle arrivait chez Guillaume. Elle préparait une série de recommandations.Il était si distrait ! Il faudrait s'asseoir en face de lui, tout répéter en maintenant ses poignets. Passer deux coups de fil, acheter gobelets, assiettes en carton. Au moins quarante. Ah ! et faire ton gâteau au chocolat. Gâteau dont il était seul à connaître la recette, d'après lui... Non, trois coups de fil. J'oubliais Victor.D'en bas, elle leva le nez vers le quatrième étage, savoura ce bonheur qui l'étonnait encore. Guillaume avait attendu deux ans pour l'embrasser. Deux ans ! Un jour ce gringalet avait récité une fable en imitant chat, belette et lapin. C'était en quatrième. Émilie Nguyen était tombée amoureuse jusqu'au bout de ses nattes noires. Et deux ans avaient passé... Elle était restée « super-copine » en rêvant d'être copine tout court, pendant que monsieur séduisait à droite et à gauche avec son inimitable bagou.Et voilà que depuis cinq mois, ils offraient l'image du couple modèle, en tout cas aux yeux de tout le collège-lycée Lamarck. Oui, Émilie était heureuse, le 12 avril 1996, heureuse. Jusqu'à l'apparition de cette tache orange...Elle sentit une présence. Elle tourna la tête. Sur une mobylette arrêtée contre le trottoir, il y avait un livreur de pizzas, orange depuis les baskets jusqu'au casque.Il regardait le même immeuble qu'elle, la même fenêtre qu'elle.Elle passa de la mobylette à la fenêtre, de la fenêtre à la mobylette. Aucun doute, les yeux étaient fixés sur l'appartement des Becker et plus précisément sur la chambre de Guillaume. Des yeux dont on voyait surtout le globe, exorbité, et deux petits disques d'un bleu pâle, sans expression. Le visage était dur et rongé d'acné. Le type pouvait avoir dans les vingt ans.Émilie faillit lui adresser la parole. Une connaissance de Guillaume ? Le livreur lui jeta un coup d'œil, puis il retourna à sa contemplation. Ce regard figé, inhumain... Une connaissance, oui, peut-être. Mais malfaisante, alors. Un ennemi.Arrête ! ordonna-t-elle à son imagination. On dirait une gamine qui a peur du loup. Commence pas. Bien sûr, oui, on se raconte ce genre d'histoires, en apparence on délire, on se monte un film. En fait on sait très bien qu'on a raison. Alors, la peur monte d'un cran.Émilie tapa le code, poussa la porte vitrée, s'engouffra dans l'ascenseur. Le cœur battant, elle regretta de s'être tue.Plus tard aussi elle regretta. Plus tard elle se répéta qu'à cet instant, sous le porche, en parlant au livreur de pizzas orange, elle aurait peut-être évité...Non, elle n'aurait rien évité du tout.Penser à appeler Victor. À acheter des assiettes, des gobelets. Quarante gobelets, non, cinquante...Émilie chassa de son esprit le livreur de pizzas orange.
Guillaume avait entrouvert la porte, mais il n'était pas là. Je dérange, conclut-elle. Il est retourné à une occupation qui ne s'appelle pas Émilie Nguyen. Il est au téléphone ? Il va s'excuser, d'un bisou lancé du bout des doigts ?Non. Elle traversa tout l'appartement. Il était dans sa chambre, le dos tourné à la porte, le nez écrasé contre un écran. J'aurais dû m'en douter. Un jeu vidéo. Entre parenthèses, sur l'ordinateur portable de son père à elle, avec écran couleur et lecteur de CD-Rom. Un bijou comme son père les aimait, « une de ses plus belles bêtes », qu'il avait prêté à Guillaume sans hésiter. Ah, ils s'entendaient bien, ces deux-là ! Entre leur jargon informatique et leurs blagues idiotes, elle n'arrivait pas à placer un mot.Elle embrassa la nuque immobile qui s'offrait à elle.« Salut !— J'en ai pour une minute... Un truc à terminer...— Tu te souviens que c'est mon anniversaire demain ? Ça sent le renfermé, je peux aérer ?— Oui, oui.— Oui tu te souviens, ou oui je peux aérer ? »Pas de réponse. Assise sur le lit, elle détailla la physionomie typique du joueur : pupilles affolées sur une tête de statue.Guillaume se racla la gorge.« Ton anniversaire... Oui, oui, demain soir... J'ai... j'ai trouvé la porte... Damned ! Qu'est-ce qui rôde là-dedans ? »La porte ? Je vais la prendre, moi, la porte, et tu ne me reverras pas avant... avant...D'où sortait cet automate, simple extension de son ordinateur ? Le Guillaume qu'elle aimait, lui, avait un regard pétillant, passait le plus clair de son temps à improviser des histoires invraisemblables qu'on avalait bouche bée. Et surtout, plaçait Émilie au-dessus de n'importe quel jeu vidéo. Enfin, jusqu'à présent. Une fille amoureuse qui raisonne, ça raisonne vite. Dans sa classe, Guillaume s'assoit toujours à côté de Cécile. Je ne vois pas ce qu'il lui trouve. Elle a les cheveux gras, et elle a... (tous les défauts). Une bouffée de dépit lui monta aux tempes, deux larmes jaillirent.« Alors voilà, il faut juste que tu achètes la vaisselle en carton. »Seuls mouvements, le va-et-vient de la main sur la souris, la pression du clic.« Euh, et pour ton gâteau, il faut de la maïzéna et du sucre vanillé. Enfin, voilà, quoi. »Même les paupières, il les battait moins que d'habitude. Émilie se vit s'emparer du « bijou », le balancer à travers la vitre, le laisser exploser quatre étages plus bas avec processeur, gigaoctets et jeux vidéo débiles.« Tu as appelé Victor ?— ... »Cette fois elle se leva et shoota dans un tas de vêtements. Comme la réponse arrivait : « Victor ? Non... Pas encore... Ce soir... », elle se dit qu'il fallait jeter un coup d'œil sur l'écran merveilleux. Pas moyen de faire autrement. Les gobelets et le gâteau attendraient. Alors ? Guillaume l'intellectuel, l'habitué des jeux de simulation les plus sophistiqués, qui méprisait aussi bien « le boum boum » que les « donjon-trésor-princesse », pour employer ses expressions, où était-il cette fois ? Dans la cabine d'un avion d'essai ? À la cour des rois de France ? Sur une station orbitale entre Alpha et Bêta Centauri ?Autour d'un personnage cuirassé et armé d'une hache, tournait un décor banal de souterrains. Image assez attractive, d'accord, mais à la seule vue du panneau de contrôle et des icônes, Émilie mour...
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