BELLES ET DES BETES (DES), anthologie de fiancés animaux
Format
Broché
EAN13
9782714308351
ISBN
978-2-7143-0835-1
Éditeur
José Corti
Date de publication
Collection
COLLECTION MERV (23)
Dimensions
21 x 13 x 3 cm
Poids
540 g
Code dewey
808.839

Belles Et Des Betes (Des)

anthologie de fiancés animaux

Édité par

José Corti

Collection Merv

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Fabienne RAPHOZ

Des Belles et des Bêtes

Anthologie de fiancés animaux

Collection Merveilleux N°23

REMISE EN VENTE, NOUVELLE EDITION

978-27143-0835-1

464 pages –22 Euros

Parution 19 novembre 2009

« Femmes fauvette et hommes loup : un livre-monstre qui scelle des hymens où le plus animal n'est pas celui qu'on pense

 Dans la première partie de l’anthologie, les histoires racontent des femmes corbeau, chèvre, fauvette, princesse-grenouille ou reine des chats. Dans la seconde, elles montrent des hommes monstre, papillon, chien, loup, serpent ou crapaud. Toutes et tous sont victimes d’un sortilège. L’amour doit les délivrer. Mais l’amour est aveugle, et pas comme un devin. Il se prend souvent les pieds dans le piège. L’amour ne suffit pas : le «désenchanteur» transgresse un interdit et l’être aimé disparaît, définitivement, sous sa pelisse de bête. Ces contes sont peut-être les plus beaux. Une note mélancolique leur donne la caresse finale. On regarde une fauvette s’envoler au crépuscule, tristement, comme celui qui par curiosité l’a perdue.

Les variations sont parfois infimes, mais, comme un trou de serrure, les détails qui changent ouvrent un monde. (…)

Dans ces contes, les bêtes sont souvent plus sensibles que les hommes. Ceux-ci sont indiscrets, frivoles, bavards, envieux, snobs, attachés aux apparences. Les bêtes parlent peu. Elles ont une âme grosse de solitude et d’espoir. On dirait qu’elles portent dans leurs plumes et poils toute la sagesse – et la dépression – du monde. Chacune est le «premier chien» que Supervielle décrit dans la Fable du Monde : «Il est l’angoisse qui soupire/ tout en n’étant qu’un pauvre chien.» Les bêtes sont aussi à la limite. Elles sont dans l’homme. Elles le dégoûtent et l’attirent. Elles en sont victimes. C’est alors à Pierre Guyotat qu’on pense : «Il y a quand même une exploitation de la bête par l’homme, une lutte entre les animaux, une énorme histoire.» Les illustrations d’époque, qui accompagnent les textes comme un parcours secondaire, montrent tout cela. On y funambulise entre morale et pornographie.

Enfin, la bête est pudique. Elle vit du secret. Quand son élu le surprend ou le révèle, elle en meurt. Le grand modèle, publié à la fin du recueil, est l’histoire de Psyché. On la trouve dans l’Âne d’or, d’Apulée. Eros l’invisible enlève Psyché ; elle le prend pour un monstre. Si elle le voit, elle le perdra. Une nuit, elle finit par allumer la lampe et découvre le beau dieu endormi. Une goutte d’huile le brûle. Il s’envole et disparaît pour toujours. Psyché veut voir qui la fait jouir. Mais on ne sait jamais qui on aime, ce qui nous touche, ni exactement ce qu’on lit. Le grand mérite de ces contes n’est pas de le rappeler – on le savait – mais de le faire vivre. »

Philippe Lançon, extrait de La Bête humaine, © Libération.
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