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ETRE UNE FEMME POLITIQUE, TU SAIS C EST PAS SI FACILE, c'est pas si facile
EAN13
9782841879137
ISBN
978-2-84187-913-7
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
POLITIQUE, IDEE
Nombre de pages
240
Dimensions
10 x 10 x 2 cm
Poids
100 g
Langue
français
Code dewey
324.22

Etre Une Femme Politique, Tu Sais C Est Pas Si Facile

c'est pas si facile

De

Archipel

Politique, Idee

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  • Vendu par Librairie Le Livre.com
    Description
    R150197538: 257 pages- quelques soulignements au surligneur de couleurs dans le texte- en supplément: quelques coupures de presse In-8 Broché. Bon état. Couv. convenable. Dos satisfaisant. Intérieur frais Classification Dewey : 840.091-XX ème siècle
    État de l'exemplaire
    Bon état
    Format
    In-8
    Reliure
    Broché
    19.80(Occasion)
DU MÊME AUTEUR

L'Enfant d'abord : 100 propositions pour placer l'intérêt de l'enfant au cœur du droit de la famille, rapport de la Mission d'information sur la famille et les droits des enfants, 2 vol., Assemblée nationale, 2006.

www.editionsarchipel.com

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eISBN 978-2-8098-1176-6

Copyright © L'Archipel, 2007.

À Louis Bertagna.

Avant-propos

« La politique vous intéresse ? Réfléchissez-y. Vous avez de solides attaches corréziennes. En 2002, nous aurons besoin de femmes pour les législatives. Mais vous avez le temps d'y penser... »

La scène se passe dans le bureau du président de la République, en avril 1998. Je viens d'être recrutée comme chargée de mission à l'Élysée, pour les études et la prospective. C'est mon premier entretien avec le chef de l'État. Et, déjà, Jacques Chirac m'oblige à voir plus loin : les législatives de 2002.

À ce moment-là, je n'ai pas cette ambition. Je suis seulement heureuse et intimidée d'être là. À trente ans. Trop jeune ? « À votre âge, j'étais déjà ministre », me dit le Président, enjolivant à peine.

Mais je ne fais pas partie de ces hommes politiques qui peuvent s'enorgueillir d'avoir toujours rêvé d'être des élus de la République. Mon parcours est beaucoup moins linéaire. Même s'il a sa cohérence.

Servir l'État

La première date charnière de mon existence, c'est septembre 1988, dix ans plus tôt. Diplômée d'HEC, spécialisée dans la finance, je vois l'avenir s'ouvrir devant moi. À Paris, à Londres ou à Tokyo ? Telle était déjà la question, à l'époque. Mais, durant l'été, les doutes m'assaillent. Est-ce vraiment ainsi que j'ai rêvé ma vie ? N'ai-je pas, au fond de moi, toujours voulu m'engager dans des activités d'intérêt général, contribuer au service public, participer à la construction d'un projet collectif ? Fille de prof, j'ai été élevée au biberon du mérite républicain. Mes modèles ne sont-ils pas depuis toujours ces grands serviteurs de l'État qui ont bâti la France d'aujourd'hui ?

À la fin de l'été, je me lance. Je prépare l'ENA en secret, sans même l'avouer à mes proches qui me croient en troisième cycle de fiscalité des entreprises. Contre toute attente, après trois années de travail acharné, coupée du monde, je réussirai : je deviendrai juge de la République, conseiller juridique du gouvernement, en un mot, auditeur au Conseil d'État.

HEC m'a ouverte au monde qui nous entoure, m'a appris le pragmatisme, l'esprit d'équipe, la bonne gestion – et d'abord qu'un sou est un sou ! Cette formation m'a projetée dans l'univers de l'entreprise, dont j'ignorais tout. Elle se révélera précieuse pour la suite, même si je n'en avais pas conscience alors.

Le Conseil d'État sera, quant à lui, une formidable école de rigueur et d'indépendance d'esprit. Un juge est en permanence confronté à l'injustice. Il connaît mieux que quiconque l'imperfection des lois qu'il applique. Il doit – c'est son honneur et la difficulté de sa tâche – toujours douter. Avoir des certitudes, des préjugés, c'est l'assurance de mal juger. L'intime conviction ne se forge qu'en ayant tourné et retourné chaque argument en tous sens. Elle naît aussi de la confrontation des points de vue : toutes les décisions rendues par le Conseil d'État font l'objet d'un examen collégial. Mais, in fine, le juge doit savoir trancher, décider, dire le droit. Une qualité d'homme politique ? Certains magistrats, et non des moindres, l'ont cru...

S'engager

La deuxième date clé de mon parcours, c'est l'année 1998. Quelques mois après les débuts de la cohabitation, l'Élysée recherche de nouveaux collaborateurs. Moi qui ai, au cours des sept années précédentes, refusé de nombreuses offres d'emploi dans des cabinets ministériels, je décide de sauter le pas.

C'est que les choses ont changé. L'échec de la dissolution, le score impressionnant de l'extrême droite, l'ampleur des réformes de plus en plus nécessaires au pays, désormais reportées aux calendes grecques, me font réagir. L'engagement politique, dont je n'avais jamais ressenti la nécessité, s'impose à moi comme une évidence.

Comment réagir à la montée irrépressible et inéluctable de Jean-Marie Le Pen, sinon en s'engageant dans les rangs de ses vrais adversaires, les partisans de la droite modérée, au moment où celle-ci doit se reconstruire sur les décombres laissés par la dissolution ?

La figure de Jacques Chirac a marqué ma jeunesse et, sans avoir jamais milité dans un parti politique, je me suis particulièrement retrouvée dans sa campagne de 1995, autour du thème de la « fracture sociale ». Voici qu'une occasion unique se présente de le rencontrer et de l'aider, avec mes modestes moyens. N'est-ce pas une aventure qui en vaut la peine ?

À bien y réfléchir, ma candidature au cabinet du président de la République résulte aussi d'une prise de conscience personnelle, au fil des ans, des jugements rendus et de mes missions dans l'administration : celle de l'incapacité des hauts fonctionnaires à véritablement changer la France.

Les « technocrates », dont se moquait tant Coluche, restent « technos » mais n'ont plus guère de pouvoir. Celui-ci a été transféré en grande partie aux cabinets ministériels, au détriment des directeurs d'administration. Ce constat désabusé m'amène à vouloir explorer de nouveaux territoires : les centres de décision de notre République. Là où se trouvent les vrais leviers du changement et de la modernisation du pays.

Quelle plus belle expérience que de voir la France à travers la fonction du président de la République ? Même s'il est un président affaibli, à terre, à qui tous ses amis tournent le dos, et dont chacun annonce l'enterrement définitif dans le bunker de l'Élysée...

Un suicide professionnel ?

Car à ce moment-là, on ne se bouscule pas pour être recruté au cabinet de Jacques Chirac. Tous mes amis, sans exception, me mettent en garde. « C'est un suicide professionnel... La gauche est au pouvoir pour vingt ans... Chirac est fini, il ne sera plus jamais rien, c'est comme être recrutée par René Coty, par la reine d'Angleterre ! ... Tu n'es pas marquée politiquement, une belle carrière t'attend... »

Pire, le cabinet de Lionel Jospin, tout auréolé de sa récente victoire, me contacte au même moment pour me proposer de coordonner une mission interministérielle sur la société de l'information ! Un beau défi professionnel. Mais c'est trop tard. Ma décision est prise. Je me demande encore quelle fut leur réaction quand ils apprirent finalement que j'avais refusé leur offre pour aller m'occuper de ces questions, entre autres, dans la maison d'en face...

Je passerai quatre ans à la présidence de la République. Un apprentissage politique à nul autre pareil. J'y serai la spectatrice d'une cohabitation à couteaux tirés et l'un des petits rôles de la création de l'UMP, auprès de Jérôme Monod. Mais surtout, j'ausculterai la société française. Car, chargée des études et de la prospective, j'aurai le rôle d'un voltigeur appelé à se pencher sur tous les sujets en jachère, de l'Internet à la délinquance des mineurs.

Jacques Chirac a en effet théorisé avec beaucoup de prescience le rôle d'un président de cohabitation : garant du bon fonctionnement des institutions et de la cohésion nationale, il doit d'abord voir loin. Quand le gouvernement s'englue dans les difficultés du quotidien au risque de paraître gérer le pays « à la petite semaine », le président défend la République, s'attache aux grands équilibres internationaux et projette la France vers l'avenir.

La particularité de ma mission viendra d'un contact permanent avec la société civile, mais aussi avec les élus. Car les réflexions « entre quatre murs » n'intéressent pas le président. Soucieux de garder en permanence le maximum de capteurs dans tous les terroirs de France, il m'invitera, dès mon recrutement, à me frotter à l'expérience de tous ceux qui ont été adoubés par le suffrage universel. Rien de tel pour comprendre la diversité de la ...
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