Jean Prévost le multiple
Format
Broché
Éditeur
Presses universitaires de Rennes
Date de publication
Nombre de pages
154
Langue
français

Jean Prévost le multiple

Presses universitaires de Rennes

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  • Vendu par Leslibraires.fr
    AideEAN13 : 9782753548275
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Avant-propos

Vingt ans de vie littéraire : c'est très peu, trop peu.
Surtout quand on sait le temps nécessaire pour apprendre à devenir un homme. Mais Jean Prévost ne perd pas de temps, car il a très tôt le souci extrême de son propre développement intellectuel au sein d'une Europe qui se cherche durant l'entre-deux-guerres et que, ayant tous les talents, il est armé pour la vie, même s'il doit la perdre prématurément. Si Dix-huitième année, à l'époque d'Alain et du lycée Henri-IV, ouvre sur tout un monde, que l'écrivain, orgueilleux et « volontaire », va empoigner avec sa rage de vivre, ce monde se referme le 1er août 1944, alors que Prévost, quarante-trois ans, est abattu par les Allemands à Sassenage. Dans le maquis du Vercors, un volume de la Pléiade occupe une de ses poches. Les Essais de Montaigne font contrepoids au Colt 45 du capitaine Goderville. Le pugiliste qu'il fut ne cède sur rien. La culture doit être défendue contre la barbarie, au même titre que la liberté, les armes à la main. Fût-ce au prix de sa vie.
Au maquis, lors des bivouacs, Prévost s'isole. Il sort sa machine portative. Son sujet ? Baudelaire. Il veut rédiger, avec une passion égale à sa détermination de combattant, un Essai sur l'inspiration et la création poétiques, que son ami Pierre Bost éditera quelques années plus tard. Car si le milieu littéraire lâchera Prévost après sa mort, lui ne lâche jamais la littérature. La guerre ressort alors de la péripétie avec laquelle il faut composer. En 1943, il réunit et dirige, pour la revue Confluences de René Tavernier, une soixantaine d'études autour des « problèmes du roman ». Prévost y prend la plus grande part : il traite du roman moderne, célébrant les quarante années les plus glorieuses du roman français (1830-1870) ; il écrit sur Roger Martin du Gard, André Chamson, Jean Giono, Valery Larbaud. Il écrit et pense à la littérature avec la fougue qui lui a fait prendre les armes, il se livre et se donne à ses idées et convictions avec le sens très clair du devoir et de cette mesure qui est celle de l'apprentissage. Écrivain et résistant : Jean Prévost tel qu'en lui-même. La continuité et l'aboutissement d'une existence choisie sous le signe d'un « progrès » constant sur lui-même et dans son art.
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