Grégoire C.

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A la tête de la belle librairie Obliques depuis 2011.

Deux drôles de bêtes dans la forêt
par (Librairie Obliques)
7 septembre 2015

Subjectivité

Un album malin où la même histoire est racontée successivement du point de vue des deux protagonistes. Une bonne occasion pour discuter avec les enfants de la subjectivité, de la communication et de ce qu'on croit être la bonne chose à faire.
Et puis ça ne fait jamais de mal de se mettre à la place de l'autre avant de décider de ce qui est mieux pour lui, non ?

Une forêt d'arbres creux
par (Librairie Obliques)
3 septembre 2015

Choplin à son meilleur

Pied mesuré. Verbe serré. L'empreinte d'Antoine Choplin se pose aujourd'hui dans la neige de Terezin, ghetto froid où une demi-vie s'organise en attendant pire. Un livre noir ? Non, il est blanc, étincelant, et plein de couleurs, celles qu'appliquent clandestinement les compagnons d'infortune de Bedrich sur des toiles interdites, au nez et à la barbe des nazis.
Les obsessions de l'auteur sont là : l'art, la peinture, la petite histoire qui entre en collision avec la grande. Et le style se déploie avec minutie, sûr de son fait, chaque mot pesé pour dire précisément ce qui pèse, la pression des silences et des regards échangés, la peur. Sensible.
Antoine Choplin a atteint une maîtrise qui force le respect et tous ceux qui ont aimé "Le héron de Guernica" et "La nuit tombée" retrouveront ici le même souffle, la même étonnante précision à dire ces émotions qu'on pensait trop fortes pour être écrites.

Le Paris sur l'avenir
par (Librairie Obliques)
27 août 2015

La science du désastre

Voici probablement le livre le plus juste sur l'état d'esprit américain de l'après-11 septembre. Paranoïaque à l'extrême, à la fois vindicatif et mélancolique, “Paris sur l’avenir” nimbe dans un humour subtil une fable sur notre peur la catastrophe.

Au début de l'histoire, le héros Mitchell Zukor est de ces névrosés qui voient leur mort à tous les coins de rue. Et comme il excelle en mathématiques statistiques, son profil intéresse rapidement FutureWorld, une compagnie d'assurances d'un nouveau genre qui propose à ses clients de les protéger contre l'impossible. Pluie de météorites ? Volcan caché ? Trou noir ? Ces gens-là ont une assurance pour vous. Commence alors la première partie rocambolesque du livre, aussi crédible que surréaliste, où l'on finit par se prendre nous aussi à chercher le meilleur moyen d'éviter statistiquement la mort.
Mais toute catastrophe, même si elle n'est que peu probable, reste possible, et le pire est toujours à venir...
Parfaitement tenu, surprenant de bout en bout, ce roman ne tombe dans aucun piège et s'avère être une réflexion très fine sur l'avenir que cherche à s'inventer l'Amérique et peut-être même l'ensemble du monde occidental aujourd'hui. S'agit-il de vivre dans la peur de tout, tout le temps, et d'en faire le commerce ? Ou bien d'arrêter la machine à panique et de faire le point une bonne fois pour toutes ?

Le coeur du problème

Éditions de L'Olivier

17,00
par (Librairie Obliques)
22 août 2015

Un mort sur le paillasson

Tout en finesse, avec son habituel humour pince-sans-rire, Christian Oster nous embarque dans un thriller domestique palpitant.

On y fait la connaissance de Simon, personnage lunaire et dépassé par les événements, narrateur inquiet aux réflexions circulaires qu'on pourrait parfois rapprocher des délires paranoïaques d'un Woody Allen ou des bougonnements ironiques d'un Jean-Pierre Bacri, quoiqu'en nettement plus subtil.
Et puis progressivement, du maelstrom psychologique dans lequel s'enfonce notre héros, l'intrigue prend corps, se densifie jusqu'à devenir un véritable suspens.
On s'en doutait, le roman sera tenu du début à la fin, construit avec la précision d'un artificier.
Drôle, intelligent, haletant, ne manquez pas ce polar qui n'en est définitivement pas un.

Un ours à l'école
par (Librairie Obliques)
22 août 2015

Une rentrée poilue

Un album très intelligent qui réussit à traiter avec tendresse et humour les grands thèmes de la rentrée : quitter ses parents, les retrouver le soir, être le nouveau de la classe...
Ajoutez-y le trait irrésistible de Jean-Luc Englebert et vous tenez un livre à mettre entre toutes les petites mains à partir de 3 ans.