Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Quand Dieu boxait en amateur, roman
11 septembre 2018

Père

Monsieur Guy BOLEY, j’aime vos romans.

Depuis ma découverte de "Fils du feu" l’année dernière, j’attendais votre prochain roman.

Je l’ai enfin en main, et je ne suis pas déçue.

Oui, il est encore question du père du narrateur. Mais son père n’est pas seulement un forgeron, c’est aussi un boxeur.

Et puis, par fidélité à son ami curé, il monte sur les planches pour interpréter Jésus.

J’ai aimé vos mots qui m’ont ému pour parler de ce père qui fait tout avec passion.

J’ai aimé le rapport entre les mains du père et ceux du fils, quand les mots n’ont plus de sens.

Si j’ai été moins sensible à l’amitié entre le père et le curé, j’ai souri parfois avec l’ancien curé.

Un roman tendre, parfois dur quand le fils se rebelle, mais aussi parfois drôle.

Un auteur qui confirme.

Un coup de coeur.

https://alexmotamots.fr/quand-dieu-boxait-en-amateur-guy-boley/

Le Poids du monde

Joy, David

Sonatine

21,00
11 septembre 2018

États-Unis

Le titre original convient mieux : "The Weight of This World".
L’auteur nous parle d’un monde bien particulier : celui de l’Amérique profonde, de deux enfants qui n’ont pas connu l’amour de leur mère pour des raisons différentes et qui sont devenus plus que frères.
Mais Thad s’est engagé dans l’armée et revient d’Afghanistan différent. Aiden quant à lui vit de petits boulots et de vols de cuivre dans les maisons abandonnées.
Tout deux sont consommateurs de drogue de façon récréative, mais cela les perdra.
Si j’ai eu l’impression, en début de roman, de lire un énième roman sur deux paumés, j’ai fini par m’attacher aux personnages, y compris la mère de Thad, April, qui couche avec Aiden.
On découvre au fil des pages les blessures de chacun et leur façon de vivre ici et maintenant comme si l’avenir n’existait pas.
Si, au départ, ils pouvaient sembler à milles lieues de mes préoccupations, ils sont si humains dans leurs faiblesses que je n’ai pu que m’attacher à eux.
Et puis la nature omniprésente qui ne fait que les rabaisser elle aussi.
Ce roman nous parle également des blessures profondes des soldats revenus d’Afghanistan, dans leur pays lui aussi violent et plein d’armes à feu. Ce traumatisme est rendu palpable par l’auteur. Le sujet m’a touché.
N’oublions pas les anciennes gloires de lycée qui n’ont pas fait grand chose de leur vie dans cette Amérique qui chouchoute ses enfants mais ne peut leur offrir aucun avenir.
C’est le second roman de l’auteur mais le premier que je lis. Cet auteur a des choses à dire, qu’il faut prendre le temps d’écouter.
L’image que je retiendrai :
Celle du chat d’April, Mittens, indifférent à tout.
Une citation :
Il y avait deux types de vie, et Aiden et lui étaient nés dans celui où les tests d’aptitude au service militaire avaient plus de sens que les tests d’admission à l’université. Mais en y repensant désormais, Thad n’arrivait plus à tracer cette démarcation. Qu’un homme soit né d’un côté ou de l’autre, il finissait toujours par faire des choses qui le hantaient pour le restant de sa vie. p.254

https://alexmotamots.fr/le-poids-du-monde-davis-joy/

Ce qu'il faut de terre à l'homme - Ce qu'il faut de terre à l'homme
11 septembre 2018

Bande dessinée

Cette bande dessinée est basée sur une nouvelle de Tolstoï.

Sur son lopin de terre de Sibérie, le paysan Pacôme vit avec sa femme et son fils. Il n’est pas riche mais il subvient aux besoins de sa famille.

Cependant, Pacôme se sent à l’étroit. « Si seulement j’avais plus de terres, soupire-t-il en regardant par-delà la clôture, je pourrais être tout à fait heureux. »

Un appétit, tant pour les terres que pour ce qu’elles rapportent, qui va aller grandissant…

J’ai aimé l’humour dans cet album : les paysans qui ont mal aux fesses depuis l’arrivée du contre-maître sur le domaine.

J’ai aimé le dessin et les couleurs qui rendent si bien la sensation d’hiver.

Et quelle fin…

https://alexmotamots.fr/ce-quil-faut-de-terre-a-lhomme-martin-veyron/

Ecoutez nos défaites / roman

Gaudé, Laurent

Actes Sud

Neuf 7,80
Neuf à prix réduit 7,80
11 septembre 2018

Guerre

La guerre, ce n’est pas une frappe chirurgicale en plein désert. La guerre c’est sale, ce sont des défaites, ce sont des corps qui se décomposent et qui puent. L’Histoire pue (p.90)

Voilà ma première impression au sortir de la lecture du dernier roman de l’auteur.

J’ai mis du temps à revenir à lui, après mon abandon de "La mort du roi Tsongor".

J’ai aimé, dans ce roman, retourner au temps d’Hannibal, rencontrer Ulysse Grant, suivre Haïlé Sélassié.

J’ai aimé Assem et Maryam, leurs rapports au corps et à l’Histoire.

J’ai aimé les interrogations sur l’Histoire dans ce roman, loin des livres aseptisés, à même les champs de bataille. Même les plus modernes.

Triste constat que dresse l’auteur : si les anciens Grands Hommes faisaient la guerre contre d’autres hommes, les guerres d’aujourd’hui se font contre l’Histoire et ses monuments.

L’image que je retiendrai :

Celle du cancer qui ronge Maryam. Une guerre, aussi.

Quelques citations :

Il comprend que la défaite n’est pas une question de pertes mais de mouvement. Il ne faut pas s’arrêter. (p.99)

Corps, souviens-toi…..

https://alexmotamots.fr/ecoutez-nos-defaites-laurent-gaude/

Miss Sarajevo
16,00
25 août 2018

Sarajevo

Commençons par ce qui m’a plu dès ce roman : le personnage principal se rend pendant 2 mois à Sarajevo pendant le pilonnage de la ville.
Par hasard, il est hébergé chez une journaliste et sa fille qui prépare sa robe pour le concours de beauté. Son fils, lui, ne revient que tous les 3 jours du front.
Joaquim découvre comment ne pas mourir sous les bombes ou dans la lunette d’un snipper. Quels gestes, quelles attitudes adopter.
Ces chapitres alternent avec ceux racontant la vie de Joaquim au présent : il vient d’être informé que son père est mort et qu’il doit passer dans l’appartement familial. Ce sont des chapitres qui créent une certaine tension : que va-t’ill découvrir entre les murs, lui le dernier membre de la famille encore vivant ?
J’ai aimé ces chapitres qui proposent une pause bienvenue, même si j’ai été déçue par le final.
J’ai aimé le style de l’auteure, si imagé, ses phrases si descriptives.
Malgré tout, j’ai trouvé que le récit ne commençait vraiment qu’à partir du moment où Joaquim part à Sarajevo. Dans la seconde moitié, on attaque vraiment le but du roman.
N’étant pas photographe, le rapport de Joaquim à son appareil ne m’a pas parlé. Pourquoi faire croire que l’on fait des photos du drame ?
En revanche, je me suis sentie proche d’Inela qui coût sa propre robe petits bouts par petits bouts.
L’image que je retiendrai :
Celle du gilet pare-balles qu’achète Joaquim avant de partir.

https://alexmotamots.fr/miss-sarajevo-ingrid-thobois/