Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Réveille-toi !

François-Xavier DILLARD

Belfond

12,99
12 juin 2018

policier

Je n’ai pas lâché le dernier roman de François-Xavier DILLARD dont j’avais aimé Ne dis rien à papa.

Cette fois-ci, le récit frôle la science-fiction avec Nostradamus (un programme informatique tout juste créé qui affiche la photo du coupable) et le surnaturel (mais je ne vous dirais pas pourquoi, car il y a risque de divulgâchion).

Les personnages sont attachants, et tous différents, ce qui fait partir le roman dans tous les sens : enquête de police sur des crimes atroces, malversations financières et douloureux secrets de famille.

On ne perd toutefois pas le fil de l’histoire, happé par le rythme et les rebondissements.

J’ai tout de même regretté qu’un indice décisif apparaisse si tôt dans le roman, me mettant sur une piste.

La fin n’est pas un happy end et correspond tout à fait à la réalité.

Merci, Monsieur Dillard, j’ai passé une très belle soirée (et une partie de la nuit) à lire votre roman passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle du chien Ram qui bave de partout.

Toutes blessent, la dernière tue
12 juin 2018

esclavage moderne

Ouvrir un roman de Karine GIEBEL, c’est savoir que l’on va prendre des coups avec les personnages.

Ce dernier roman ne failli pas à la règle, mêlant aux coups brûlures et autres châtiments corporels.

Et comme le personnage principal est une jeune fille, elle se fera violer également.

Il faut dire qu’elle n’a pas de chance, Tama : achetée à son père qui l’a vendu pour quelques euros, elle travaille en France chez une amie de sa tante, dormant dans une buanderie, et mangeant quand il y a des restes.

Mais l’homme de la maison commence à lui tourner autour et sa femme chasse Tama. Qui continue à être exploitée par sa tante.

Jusqu’à l’arrivée d’Izry.

Là commence la partie que j’ai préférée : celle de l’amour entre Izry et Tama, deux adolescents victimes, l’un d’un père tyrannique et d’une mère pas claire, et l’autre d’esclavage moderne.

Encore une fois j’ai dévoré ce roman addictif jusqu’à la dernière page, tragique comme il se doit. Ou presque.

L’image que je retiendrai :

Celle de Tama découvrant la musique classique.

Une citation :

Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risqué. vivre, c’est rapide et dangereux. Autrement, ça s’appelle survivre. (p.235)

La Ferme aux poupées
12 juin 2018

policier, Pologne

L’inspecteur Mortka, dit le Kub, a été envoyé par sa hiérarchie dans la petite ville de Krotowice, au coeur des Monts des Géants. Officiellement, il est là pour un échange de compétences avec la police locale. Officieusement, il y est pour se mettre au vert après ses frasques varsoviennes. Mais s’il pense être tranquille et avoir le temps de réfléchir à l’état de sa vie personnelle, il se trompe lourdement.

Quand la petite Marta, onze ans, disparaît, un pédophile est rapidement arrêté, qui reconnaît le viol et le meurtre d’une jeune femme. Ces aveux amènent Mortka et les flics locaux à une macabre découverte : dans les tunnels d’une mine d’uranium désaffectée, on retrouve des cadavres de jeunes femmes émaciées et mutilées que personne ne cherche.

Le Kub accepte de suivre l’enquête, et donne des conseils judicieux à ses collègues.

En parallèle apparaît dans le récit une certaine Olga dont on devine peu à peu ce qu’elle fait là.

Et puis les Gitans ne sont jamais loin, qu’un des enquêteurs soupçonne d’être coupable. On sent le racisme sous jacent.

L’enquête met au jour un trafique de femmes et nous parle aussi du SIDA.

Une enquête dans une région si jolie, nous disent les incipits de chapitres. Un personnage principal attachant avec des peines de coeur.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’ancienne mine d’uranium dans laquelle sont retrouvées les cadavres.

Un certain M. Piekielny
12 juin 2018

écriture

Je savais que ce M. Piekelny me disait quelque chose. J’avais lu ou entendu plusieurs fois ce nom si particulier. En cherchant bien, je me rappelai qu’il était important que les hommes politiques se rappellent de ce nom.

Bien sûr, je l’avais lu dans La promesse de l’aube de Romain Gary.

De Romain Gary, je ne savais pas grand chose. Adepte, depuis mes études, du : le texte compte plus que l’auteur, j’avais goûté le roman sans chercher particulièrement des renseignements sur son auteur.

M. Désérable a bien voulu éclairer ma lanterne dans son roman en parlant de l’enfance, de la vie et de la mort de l’auteur.

Mais il parle aussi du destin tragique des Juifs de Vilnius pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Il nous parle aussi de lui-même et de sa passion pour le hockey, de sa mère qui tenait absolument à lui faire faire des études de droit, de sa découverte de la littérature.

Il nous parle enfin du roman, qui est la vraie vie, la vie véritablement vécue, et qui ne peut pas être conforme à la réalité.

J’ai aimé les clins d’oeil aux Grands Romans de la littérature mondiale (même si je ne les ai sans doute pas tous vu).

J’ai aimé les significations des noms de famille.

Une écriture exigeante et pleines de références qui rend homme au Grand Homme qu’était Gary plus qu’à ce mystérieux M. Piekelny.

L’image que je retiendrai :

Il est souvent question d’aube dans ce roman. Etrange coïncidence.

Quelques citations :

Il ne faut que deux choses dans la vie : de bonnes chaussures et un bon lit. On passe deux tiers de son temps dans les unes, et un tiers dans l’autre. (p. 69)

Tu peux enfouir le passé, me dit mon grand-père, tu ne l’empêcheras pas de ressurgir. (p.93)

Il est tout puissant. Il écrit. Il ne pense qu’à cela. Ecrire. Tenir le monde en vingt-six lettres et le faire ployer sous sa loi. (p.259)

VILLA BONITA
4 juin 2018

prostitution

Troisième roman de l’auteure parue et traduit chez Miroboles, je me suis encore une fois régalée avec les personnages.

Bonita et sa mère atteinte d’Alzheimer vivent dans leur grande maison à Ystad. Leur vieille voisine décède, et sa fille revient habiter la maison.

Doris, fraîchement divorcée, a trouvé un travail étrange : elle est chargée de contacter des clients qui veulent louer une chambre avec mobilier à la journée, d’encaisser le loyer et de le reverser à ses employeurs. Pas de taxes, pas d’impôts.

Bien sûr, les deux quinquagénaires mènent l’enquête pour savoir ce qui se cache derrière cette entreprise louche, et découvrent deux proxénètes pas très doués.

Par esprit de revanche, elles accueilleront chez elles d’anciennes prostituées.

J’ai aimé la mère de Bonita qui perd la tête, mais qui se souvient de temps en temps de qui elle est et de son histoire.

Les deux proxénètes sont navrants de bêtises, s’en est comique.

Une auteure qui sait nous montrer pour nous faire apprécier les petites choses du quotidien qui font une belle vie.

L’image que je retiendrai :

Celle du jardin de la villa décrit à toutes les saisons.