Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Lèvres de pierre, Roman
Neuf 19,80
Neuf à prix réduit 19,80
22 novembre 2018

Dictature, féminisme

Nancy Huston nous prévient : ce livre va faire le grand écart entre Pol Pot et elle. Un écart qui ne se révélera pas si grand sur bien des points, mais je vous laisse découvrir lequels.

Jusqu’à présent, Pol Pot étaient pour moi un dictateur cambodgien qui a fait exterminer son propre peuple pour une vague raison de doctrine politique. J’ai en mémoire les casiers de crânes par millier au milieu de la jungle.

J’ai découvert dans ses pages son enfance et son appartenance à la famille royale, son parcours scolaire d’enfant rêveur, ses études à Paris et sa découverte du communisme.

De Nancy Huston, je ne connaissais rien de sa vie personnelle. J’ai découvert son pseudonyme, Dorrit, son enfance et son adolescence dans un milieu bohème, sa présence à Paris, sa ville d’adoption, sa découverte du féminisme.

Les deux « personnages » de ce roman partagent sur leur visage ce que l’auteure appelle « les lèvres de pierre » qui scellent derrière elles une personnalité pleine de rage et de colère.

L’image que je retiendrai :

Celle du bouddha et de son visage énigmatique.

Quelques citations :

"Ce n’est pas qu’elle trouve les mâles alpha risibles (…). Simplement, derrière leurs simagrées, elle voit toujours la peur, l’incertitude, le doute, l’accablant besoin de tendresse." (p.165)

"Le langage de la guerre high-tech : « cibles molles », « antipersonnel », « objectif ». (Contexte des années 1970)" (p.167)

https://alexmotamots.fr/levres-de-pierre-nancy-huston/

Toutes ces vies qu'on abandonne
22 novembre 2018

1914-1918, corps, psychiatrie

Annecy, décembre 1918. Il fait froid en ce premier hiver sans guerre.

La jeune novice Claire assiste le professeur Tournier à soigner les soldats justes revenu du front et présentant des troubles psychiatriques.

L’un d’eux est prostré et mutique. Petit à petit, par ses massages, Claire va aider son corps à se détendre. Pendant ces séances, nous lisons les souvenirs du soldat sans nom et devinons ainsi sa vie et son parcours d’enfant sans père devenu précepteur et amoureux de la femme de son employeur.

Nous assistons aussi à son parcours sur le front où il est parti rejoindre Mathieu, l’élève dont il était le précepteur.

Les doutes de Claire sur sa vocation m’ont moins parlé.

Mais j’ai aimé que la médecine entraperçoive le rôle du corps dans la mémoire et le psychisme.

L’image que je retiendrai :

Celle de la soeur Claude qui asperge tous les patients d’eau de lavande, car la grippe arrive dans la région.

Quelques citations :

"Est-ce si important ? Faire du mieux qu’on croit est à mon avis un bon début." (p.156)

"De toute façon, il faut sortir de cette relation basée sur l’affect que vous établissez avec les gens. Il va vous falloir abandonner l’enfance." (p.241)

https://alexmotamots.fr/toutes-ces-vies-quon-abandonne-virginie-ollagnier/

Munich

Harris, Robert

Plon

21,90
22 novembre 2018

1939-1945

Déroutant, le début et la première moitié du dernier roman de Robert Harris.

Le titre annonce : MUNICH, mais nous assistons aux préparatifs de cette rencontre entre Hitler, Chamberlain et Daladier.

J’ai aimé suivre Legat dans les arcades du 10, Downing Street, son mariage contrarié.

J’ai aimé suivre Hartmann au coeur des Affaires Etrangères allemandes. On devine que Hartmann n’est pas en accord avec le Führer.

Les chapitres alternent en l’Angleterre qui craint la guerre, et le chancelier qui fait tout pour la provoquer.

J’ai découvert Chamberlain en pyjama, Hitler avec ses lunettes, et Mussolini… fidèle à son image.

J’aime les romans de Robert Harris qui se déroulent en huis-clos. Et l’auteur confirme encore une fois son talent en nous présentant l’envers du décor d’une page d’Histoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de la machine à écrire de la secrétaire du Führer faite spécialement pour lui : les caractères sont de deux fois la taille habituelle.

Une citation :

"Ils se retrouvaient coincés à une époque où les gestes gratuits étaient tout ce qui leur restait." (p.296)

https://alexmotamots.fr/munich-robert-harris/

Inexorable

Favan, Claire

Robert Laffont

20,00
22 novembre 2018

Harcèlement scolaire

Dès la dédicace et la préface, on sait qu’il va être question de harcèlement scolaire.

Pourtant, le personnage principal, Milo, 4 ans quand le roman débute, est un petit garçon violent qui frappe et mord les autres enfants. Pas du tout le profil même d’une victime.

Mais qui, dans son école, comprendra ce petit garçon qui a vu les policiers arriver dans sa famille dès potron-minet et se saisir de son père qui se débat pour l’emmener en prison ?

Sa mère, qui travaille dans la capitale tous les jours pour un petit salaire de secrétaire se sacrifie littéralement pour l’emmener chez une psychologue qui apaise un peu les colères de l’enfant.

Et Milo comprend lui aussi que son comportement est source de son rejet. Mais c’est plus fort que lui.

Et cette image d’enfant violent va le poursuivre toute sa vie.

Heureusement, sa mère est toujours présente. Quel personnage que celui de cette femme qui tente inlassablement de ramener son fils dans le droit chemin, qui jamais ne doute de lui, qui lutte seule.

Et quel plus bel acte d’amour ne commet-elle pas pour faire libérer son fils ?

Un magnifique portrait de mère.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette mère qui repart chaque jour de l’école les épaules basses après avoir entendu les bêtises de son fils, elle dont le ventre se tord chaque jour devant ce qu’elle redoute.

https://alexmotamots.fr/inexorable-claire-favan/

Anything for love

Bedell, Al

La Musardine

18,50
22 novembre 2018

Sexualité

1995. Cecily Scott mène une vie d’adolescente ordinaire, dans une ville tout aussi ordinaire de Pennsylvanie. Comme beaucoup de lycéennes de seconde, elle est trop timide et complexée pour oser aborder l’élu de son cœur : Mike A., l’un des garçons les plus populaires du lycée. Un soir, pourtant, un baiser la fait basculer du rêve à la réalité…

Sa recherche désespérée d’amour et de sexe entraînera Cecily dans une quête initiatique aussi exaltée qu’inattendue.

Un roman décalé qui mêle rêves de princesse et plurisexualité.

Cecily essaie tout avec tout le monde. Mais attention, on est aux États-Unis et les garçons lui demandent bien si elle est consentante.

Une lecture intéressante pour redécouvrir le moment de l’adolescence où tout semble possible et où on n’a peur de rien.

L’image que je retiendrai :

Celle du spa, théâtre de nombreux ébats.

https://alexmotamots.fr/anything-for-love-al-bedell/