Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

TOUT CONTRE, roman

roman

Héloïse d'Ormesson

16,00
22 juillet 2010

Nestor lutte contre un trafic de filles de l'Est. Andréa est écrivain. Ils pourraient former un couple ordinaire et vivre une histoire normale, mais le temps semble leur échapper.

Un rien les sépare, à moins que ce ne soit un monde.

Le roman qu'Andréa écrit se réfléchit peu à peu dans la réalité et interfère dangereusement avec le combat de Nestor. Les deux amants parviendront-ils à déjouer les mauvais tours du destin ?

Mon avis :

Ces deux là étaient fait pour se rencontrer. mais dans quel temps et dans quel monde ? Pourtant, malgré la différence d'espace-temps, l'amour les unit et seul la mort pourra les séparer.

Une lecture qui m'a ravie par les nombreux coups d'oeil entre les époques, et par l'omniprésence du thé....

Motamots

COFFRET MALZIEU, La mécanique du coeur, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

La mécanique du coeur, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

Flammarion

Neuf 33,00
Occasion 26,40
22 juillet 2010

Edimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé.

Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d'état amoureux.

Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu'aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l'amour comme sa cruauté.

Mon avis :

si j'ai été gênée dans les premières pages par un non-dépaysement spatio-temporel, y compris au niveau de la narration qui emprunte au langage moderne, je me suis peu à peu laissée couler dans cette histoire d'amour rythmée par le tic-tac de l'horloge de Jack.

Une idée poétique et des personnages dignes de Tim Burton pour un conte moderne sur un enfant qui ne voulait ni ne pouvait grandir.

L'image que je retiendrai :

Le jour de la naissance de Jack, le jour le plus froid du monde.

Motamots

La voix du loup
22 juillet 2010

Le premier de l'an, Romano Valdez, jeune violoniste à l'opéra, est retrouvé mort dans la boue du chantier du parking de l'Hôtel de Ville de Marseille. Décapité.

Pour le commandant De Palma, alias le Baron, cet acte odieux va au-delà du simple homicide. Car le mode opératoire de l'assassin de Romano Valdez est exactement le même que celui de Sylvain Moretti, le meurtrier de Laurence Monello, une jeune fille décapitée... 25 ans plus tôt. A cette époque, De Palma avait arrêté un homme, Sylvain Moretti, surnommé "l'éboueur". Cet homme avait été jugé, condamné à mort et guillotiné dans la cour de la prison des Baumettes.

Une affaire qui aurait fini dans les oubliettes de l'histoire si un livre célèbre n'avait pas innocenté l'éboueur. Moretti, le coupable idéal était alors devenu l'innocent idéal... Pour le Baron, l'enquête sur l'assassinat de Romano Valdez se transforme très vite en un jeu de piste infernal qui débute dans les coulisses de l'opéra pour finir dans le pire de ses souvenirs : une aube amère, un couperet qui tranche la vie de Sylvain Moretti.

L'image du supplice. Moretti était-il innocent ? De Palma avait-il forcé la main des juges ? Ce sont les terribles questions que se posent l'entourage du célèbre commandant.

Mon avis :

voilà un policier qui se déroule dans les coulisses de l'opéra de Marseille avec des descriptions très intéressantes de ce petit monde clos.

Il est également question de violon et de ses techniques, très intéressant.

Et puis l'action se déroule à Marseille avec son patois (merci pour le lexique à la fin du roman).

De la guillotine, il est au final peu question, même si j'ai découvert qu'il y a de véritables passionnés de cet engin.

L'image que je retiendrai :

un mot de vocabulaire, plutôt : "il y a dégun" ou encore, dit le commisaire : "je veux dégun sur le lieu du crime". (Mais au fait, Lystig, comment ça se prononce : dégueune ou dégoune ?)

L'avis de mon mari :

il s'est un peu ennuyé dans les coulisses de l'opéra, ce qui a un peu rebuté sa lecture.

Motamots

Les Lieux sombres
24 juin 2010

Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l'innocence bafouée.

Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s'est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d'un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé.

C'est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu'une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n'aura pas d'autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l'affaire, quelles qu'en soient les conséquences.

Mon avis :

voilà un polar qui m'a plu par son arrière-plan : loin du rêve américain,les fermiers y sont criblés de dettes comme partout dans le monde, les ados y sont mal dans leur peau, les seuls petits bourgeois sont accros à la drogue. Une Amérique loin des clichés.

Mais où le personnage le plus perdu se révelera être celui qui sauve tout le monde. Une petite note d'espoir ? Pas tant que ça, finalement.

L'image que je retiendrai :

Il y en a tant, dans ce roman foisonnant...

Cadres noirs, roman

roman

Calmann-Lévy

18,80
24 juin 2010

Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. A son sentiment de faillite personnelle s'ajoute bientôt l'humiliation de se faire botter le cul pour cinq cents euros par mois...

Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d'étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l'argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l'ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d'une prise d'otages.

Alain Delambre s'engage corps et âme dans cette lutte pour regagner sa dignité : il embauche un détective privé pour cerner les candidats, il prend les conseils d'un ancien du RAID pour le déroulement de la prise d'otage.

Mais quand une stagiaire lui annonce que les dés sont pipés, sa fureur est sans limite.

Mon avis :

Pas de temps morts dans la préparation de la fausse prise d'otages, pas de temps morts lors de la prise en elle-même qui dégénère, et pour la suite, c'est extraordinaire de rebondissements.

Un (petit) bémol : le pauvre Charles qui m'a fait penser à ces personnages de conte qui ne sont là que pour aider le héros, ce qui m'a paru un peu factice pour ce conte cruel des temps moderne, mais qui démontre que le mieux est l'ennemi du bien.

Un second (petit) bémol : Alain réfléchit beaucoup, quand il parle avec les autres protagonistes, sur les tenants et les aboutissants du discours des autres. Comme si il y avait réfléchit à tête reposé et avait déjà analysé le discours. Un peu destabilisant, mais ça ne dure pas.

Et puis l'arrière-plan social qui vient ponctuer l'action participe au suspens, j'adore.

Merci Monsieur Pierre Lemaitre pour ce thriller alletant et tellement moderne.