Mistral perdu ou les événements
par (La Boîte de Pandore)
5 octobre 2017

C'était mieux avant. Ou pas.

Après le touchant Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin revient avec un livre générationnel mais pas que. Si vous avez écouté de la musique sur des cassettes, si vous avez étudié sans internet, ou si vous avez eu un(e) correspondant(e), ce livre vous rappellera certainement votre jeunesse. Une jeunesse passée à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, dans la classe moyenne dite «de gauche», qui avait les moyens de se payer un camescope (15.000 francs à l'époque).
Ce livre est aussi un livre sur la perte en général - perte d'un être cher, perte de ce qu'on a été et de ce qu'on ne sera plus, perte des idéaux - et sur ce que c'est de devenir adulte. J'aime et je partage l'incompréhension face au monde actuel que ressent l'autrice. À une époque où il faut être sûr de tout, avoir un avis définitif sur tout et n'importe quoi, le doute dont fait preuve Isabelle Monnin me semble être une pause, un soulagement, un havre de tranquillité perdue, un certain remède à la mélancolie tout en étreignant cette dernière de tout son cœur. Un très beau récit.

Une toile large comme le monde
18,00
par (La Boîte de Pandore)
5 octobre 2017

The Big Bug

Que se passerait-il si on détruisait internet ?
Un groupe de jeunes gens éparpillés sur la planète décident de détruire le réseau mondial. À travers ce récit tissé comme une toile, l'autrice fait un portrait sans concession de cette technologie qui a envahi nos vies, tout en nous faisant oublier son impact écologique dévastateur.
La lecture du livre d'Aude Seigne a le mérite de nous rendre moins autruche, c'est déjà un bon point de départ vers d'autres possibles.

Le diable en personne
20,50
par (La Boîte de Pandore)
29 septembre 2017

Des personnages hauts en couleur, une intrigue efficace qui tient en haleine : c'est assez violent, c'est beau, c'est du lourd. Bref, c'est du (très) bon roman noir américain, presque une marque de fabrique pour les éditions Gallmeister.

Le courage qu'il faut aux rivières / roman
par (La Boîte de Pandore)
31 août 2017

Manushe est une vierge jurée. Un jour, un inconnu arrive dans son village. Il s'appelle Adrian. Manushe est troublée par cet homme. Que va-t-il se passer ?

En partant d'un sujet avec une forte résonance féministe, Emmanuelle Favier a réussi à construire une histoire originale et pleine de surprises. Découvrez vite ce roman envoûtant !

Le jour d'avant
Neuf 20,90
Neuf à prix réduit 20,90
par (La Boîte de Pandore)
26 août 2017

Un perdant magnifique

Après la mort de sa femme, Michel Delanet n'a qu'une idée en tête : venger la mort de son frère Joseph. Il était mineur à Liévin, une commune pas loin de Lens. Le 27 décembre 1974, un coup de grisou provoqua un effondrement dans une mine. La catastrophe fit 42 morts. Mais Joseph ne fit partie de la liste officielle des victimes : il fut remonté, grièvement blessé et il mourut plusieurs jours après à l'hôpital.

Michel a quitté sa région natale pour devenir chauffeur routier en région parisienne, mais il est toujours hanté par le souvenir de ce frère, souvenir entretenu par une collection d'objets, d'articles, de livres entassés dans un réduit. Il connaît pourtant l'amour et un certain répit avec sa femme Cécile. Mais quand celle-ci meurt, tout s'effondre. Il doit se venger et trouver un responsable. Ce sera Lucien Dravelle, un contremaître à l'époque, les mineurs les appelaient les porions. Il commandait son frère et il a survécu à la catastrophe. Une catastrophe qui aurait pu être évitée si toutes les précautions de sécurité avaient été prises.

C'est l'histoire d'une vengeance mais pas seulement. Je ne vous dirai rien d'autre de l'histoire, hormis ses prémisses, pour ne pas tout dévoiler. Sorj Chalandon s'est inspiré d'une histoire vraie, celle de la catastrophe de Liévin pour raconter l'histoire d'une région et de son passé industriel.
L''histoire est tissée d'une manière très fine et révèle une grande connaissance de l'âme humaine. L'auteur a su éviter l'écueil d'un livre trop caricatural, du genre les-gentils-ouvriers-mineurs-pauvres-contre-les méchants-patrons. Non, ce livre est bien plus que cela.

Des pleurs, du drame, de l'injustice, bien-sûr, vous trouverez tout cela dans ce roman, et si vous êtes une midinette comme moi, vous pouvez d'ores et déjà préparer vos mouchoirs. Mais il y a aussi beaucoup de fierté, et c'est d'ailleurs là-dessus que le livre se termine. Le jour d'avant est avant tout un magnifique hommage à tous ces hommes qui ont trimé dans les entrailles de la terre, et qui ont été si vite oubliés. Un livre à ne pas rater !