Sur le ciel effondré, Roman
Neuf 23,00
Neuf à prix réduit 23,00
par (La Boîte de Pandore)
1 décembre 2018

Colin Niel est de retour en Guyane avec ce beau bébé de presque 500 pages. C'est l'occasion de retrouver le capitaine Anato et ses tourments et de découvrir aussi un nouveau personnage, l'adjudant et tête brûlée Angélique Blakaman, noir-marron comme Anato.
Un adolescent amérindien a disparu. Beaucoup pense qu'il s'est suicidé comme beaucoup de jeunes de son âge en Guyane mais Blakaman est persuadée qu'il est toujours vivant. Anato quant à lui enquête sur une série de braquages chez des particuliers et ses recherches le mettront sur la trace d'un gang originaire du Surinam. Et au milieu de tout ça, il y a les garimpeiros, les orpailleurs clandestins venus du Brésil, et le gouvernement français qui souhaite mettre fin à ces pratiques illégales en permettant à des Guyanais d'exploiter les richesses aurifères de la région.
Si vous souhaitez en connaître un peu plus sur la Guyane, c'est le livre idéal, comme tous les autres polars de Colin Niel mettant en scène le gendarme Anato. Mais vous vous doutez bien que l'auteur ne dresse pas un très beau tableau de ce magnifique pays, en proie à bien des convoitises étant données ses richesses et devant faire face au mélange des populations blanches, métisses et améridiennes. C'est beau le mélange, mais ça peut être le bordel quand ce sont toujours les mêmes qui trinquent, que les traditions s'entrechoquent et ne se comprennent pas, que le chômage s'en mêlent...

C'est un bouquin dense qui parle d'écologie, d'éthnologie, de politique, où le chamanisme et les croyances amérindiennes sont omniprésents, un bouquin dans lequel l'auteur essaie d'expliquer toutes les contradictions de ce pays, symbolisées par le couple Anato - Blakaman, héros et héroïnes torturées à souhait, mais c'est cela qu'on aime dans les romans policiers. Des personnages au top, une intrigue menée au cordeau : un régal !

L'homme qui aimait trop les livres

Bartlett, Allison Hoover

Marchialy

21,00
par (La Boîte de Pandore)
1 décembre 2018

Ce livre n'est pas un roman mais l'histoire d'une folle enquête menée par un libraire.
Ken Sanders possède une librairie de livres anciens à Salt Lake City. En tant que délégué régional de l'association des libraires de livres anciens d’Amérique, ses collègues lui signalent différents vols de livres (pour une valeur totale de plusieurs milliers de dollars), via une arnaque de cartes bleues volées. Il finit par identifier un seul et même voleur, qu'il va réussir à faire arrêter : John Gilkey.
L'auteure est journaliste, elle s'est passionnée pour le milieu des livres anciens, de la bibliophilie, voire de la bibliomanie, et elle a rencontré les différents protagonistes de cette histoire qui s'est passée aux États-Unis à la fin des années 90 dans la région de San Francisco.
Elle nous fait ainsi découvrir un monde particulier, celui de la librairie de livres anciens, un monde avec ses codes, son jargon et ses doux dingues.
Ce livre et toutes ses anecdotes ravira tous les amoureux.ses du livre, ancien ou neuf. Vous y apprendrez plein de choses, découvrirez un univers passionnant et peut-être aurez-vous envie de devenir collectionneur.se...

Une histoire du monde en 100 objets
par (La Boîte de Pandore)
1 décembre 2018

L'histoire de l'humanité dans la paume de votre main

Cet ouvrage est la retranscription d'une série d'une série radiophonique diffusée sur la BBC, à partir de 2010, et animée par Neil MacGregor, historien de l'art qui a dirigé la National Gallery à Londres puis le British Museum. Le but des émissions était de raconter «une» histoire de l'humanité à travers des objets choisis dans les immenses collections du British Museum.
Parmi cette sélection, il n'y a pas seulement des œuvres d'art mais aussi des objets de la vie quotidienne dont une carte de crédit et une lampe avec un chargeur à énergie solaire.
Le classement est chronologique, d'il y a plus de deux millions d'années à nos jours, mais la sélection a été faite en fonction de thématiques représentant les grandes étapes de l'histoire de l'humanité.
Ce livre est une réussite complète. On apprend des tonnes de choses sur toutes les civilisations car l'auteur ne s'est pas limité pas aux plus connues. Grâce à ce livre, on apprend entre autres que les olmèques n'avaient pas les oreilles pointues (!), que le peuple de Clovis est le nom d'une culture préhistorique d'Amérique, que le papyrus de Rhind est le plus ancien texte mathématique connu à ce jour, que les rois mayas se faisaient saigner rituellement, que l'île de Lewis est le lieu de découverte d'un magnifique jeu d'échecs, que la porcelaine chinoise trouve ses origines dans la civilisation islamique...

Si vous vous intéressez à l'histoire, à l'archéologie, vous allez vous ré-ga-ler. Il s'agit d'une histoire de l'humanité parmi d'autres, mais l'intérêt principal est d'avoir privilégié des objets afin de proposer une histoire plus «équitable» dans laquelle sont évoquées des sociétés sans écriture. Les objets peuvent parler, même un service à thé victorien, et c'est là tout le défi des sciences comme l'archéologie. Il y a aussi des objets emprunts d'une aura assez particulière comme ce bouclier en écorce australien (pour l'auteur, il s'agit de l'objet le plus «puissant» de la collection) qui fait partie des tous premiers objets que Thomas Cook a ramené d'Australie en Angleterre. Lorsque Cook débarque sur la côte australienne en 1770, les indigènes se sauvent. Seuls deux hommes restent. Ils semblent vouloir empêcher le bateau d'aborder en lançant des pierres. Cook tire des coups de mousquets, les hommes s'enfuient et l'un deux laissent son bouclier, ce bouclier, symbole d'un monde disparu et celui du «commencement de siècles d'incompréhension, de dépossession et de génocide».

Et n'oublions pas la part de rêve dans toute cette érudition. En tout cas, moi ça me fait rêver d'entendre des noms comme Ur, Ninive, olmèques, astrolabe, route de la soie, empire perse, sarcophage, écriture cunéiforme, Pierre de Rosette, Parthénon...

Le cœur converti
par (La Boîte de Pandore)
6 septembre 2018

Stefan Hertmans vit à Monieux, un village du Vaucluse. S'intéressant au passé de l'endroit, il apprend qu'un pogrom a eu lieu ici au Moyen-Âge et qu'un trésor serait caché quelque part... En découvrant un manuscrit relatant la présence d'une prosélyte au sein de la communauté juive de Monieux, il va partir à la recherche de cette femme, imaginer et raconter son histoire, celle d'un amour impossible et dramatique, à une époque très troublée.
Cette femme s'appelle Vigdis, elle est d'origine viking et chrétienne et elle va tomber amoureuse de David Todros, fils du grand rabbin de Narbonne. Elle se convertira au judaïsme et deviendra Hamoutal.

Stefan Hertmans a sublimé le genre du roman historique. La construction est réussie et très originale, et si vous n'êtes pas ému-e par l'histoire déchirante de Vigdis-Hamoutal, alors vous êtes un cœur de pierre !

Là où les chiens aboient par la queue
Neuf 19,00
Neuf à prix réduit 19,00
par (La Boîte de Pandore)
31 août 2018

«Là où les chiens aboient par la queue», c'est le surnom du Morne-Galant, un bourg perdu sur l'île de la Martinique. Et c'est le fief de la famille Ezechiel, dont l'histoire est racontée par Antoine, à la demande de sa nièce qui vit en métropole.

Antoine, c'est une sacrée bonne femme - car oui, c'est une femme et Antoine c'est son «prénom de savane», qui sert à embrouiller les mauvais esprits. Exubérante, indomptable, elle voit des fantômes et croit au pouvoir des esprits et des saints. Sa sœur Lucinde et Petit-Frère le benjamin, se joignent parfois à sa voix pour rectifier le récit enjolivé de leur aînée.

Antoine sera la première de la fratrie à quitter le nid et comme son frère et sa sœur, elle partira s'installer à Paris, croyant comme beaucoup d'autres que la vie sera meilleure en métropole.

Il s'agit d'un premier roman dont la langue chatoyante, parsemée d'expressions créoles, donne tout son sel à la lecture. Mais l'intérêt de ce roman réside aussi dans le fait qu'il est bien loin des clichés exotiques et paradisiaques. L'histoire de cette famille est aussi celle d'une île en pleine (r)évolution, en proie au béton et à une modernité incontrôlée, dont Antoine raconte aussi les méfaits. Le constat est doux-amer et décrit les rêves envolés d'une génération, toujours taraudée par le sentiment d'avoir «le cul entre deux chaises», et par la déception des promesses non tenues d'une République se proclamant pourtant multicolore.

Ce livre est une belle surprise alors embarquez pour les Caraïbes et laissez-vous bercer par la voix de la truculente Antoine qui vous racontera son paradis perdu...