Nadine L.

À la mesure de l'univers, Chronique familiale

Chronique familiale

Gallimard

22,00
12 février 2018

À double détente

J’ai adoré la trilogie, avec un faible pour le premier volet « Entre ciel et terre ». J’ai été presque déçue par « D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds », ou au moins, désorientée. J’ai donc hésité à lire la suite, mais c’était une erreur.
Non seulement ce dernier opus éclaire le précédent, mais aussi la trilogie, en lui donnant une profondeur inattendue. Il y a de l’humour et une légèreté paradoxale, qui nous entraîne à la recherche de ce « moi » qui narre, avec ces formules « Ari et moi » « nous quatre », qui au départ suscitent un brin de déséquilibre; a-t-on loupé quelque chose? De fausses pistes, irrévérencieuses, ferrent le lecteur et le promènent sur la lande, dans la ville de Keflavik et dans les fjords de l’est et de l’ouest.
C’est très beau et même poignant. Au-delà de l’Islande, aussi captivante et magnifique soit-elle, l’auteur touche à l’époque et aux questions éternelles de l’humanisme, la responsabilité sous diverses formes, la faiblesse et la bonté.

Mon nom est Rouge
Neuf 11,90
Occasion 6,78
21 juin 2017

Une magnifique découverte!

Je suis tombée sur ce roman dont la couverture était belle et le titre, inattendu: de quoi m'inciter à le lire, quoique ce soit un gros livre. Quelle belle découverte! C'est dépaysant, par un mélange subtil de simplicité affichée (des chapitres courts, une énigme policière, un chapitre par point de vue) et de délicatesse qui s'affirme au fil des pages avec des descriptions subtilement esquissées de la ville d'Istanbul et des miniatures peintes dans les livres. L'évocation de l'art cohabite avec des personnages réalistes et attachants malgré leurs défauts, et nous entraîne dans des questions d'amour, d'amitié et de politique dans le monde des enlumineurs du XVI e siècle.
C'est foisonnant mais pas du tout fouillis, au point qu'on n'a guère envie de résoudre l'énigme trop vite, pour vivre un peu plus à Istanbul dans le froid de l'hiver. Les tensions entre appartenance à un atelier et individualisme naissant, transmission et invention dans l'art sont parmi les thèmes traités avec beaucoup d'élégance, sans aucune lourdeur.
J'ai beaucoup regretté la fin de ce livre de 750 pages, car il a une grâce remarquable: on y rit et on y pleure, on passe de l'émotion à la réflexion, et surtout, c'est une réussite dans l'art d'écrire…

Le grand livre des outils : pour joindre l'outil à l'agréable
14,90
9 septembre 2016

technique, langue et humour

Certains commentateurs se demandaient à qui s'adresse cet ouvrage : aux enfants curieux, qui n'aiment pas trop qu'on les gave d'information calibrée. Mon neveu (7 ans) en a fait son "livre de l'été". Il y a de quoi apprendre, du sérieux dans la nomenclature des outils et leur classement, mais aussi, comme le sous-titre l'indique, de quoi rêver ou se poser des questions. Il y a des frises rigolotes, qui sont accessibles d'emblée, sur les pages de gauche. Sur les pages de droite, on trouve des dessins avec jeux de mots, dont certains ne sont pas triviaux. Il y a certes une aide sur le vocabulaire à la fin du livre, mais il est bon aussi d'interroger l'entourage pour en savoir plus, ou alors de chercher dans le dictionnaire ou sur Internet. Bref, un contenu varié, un grand livre qui peut être lu à plusieurs ou seul. Il stimule les deux hémisphères du cerveau des grands aussi, on en redemande !

Un feu sur la mer , Mémoires d’un gardien de phare

Mémoires d’un gardien de phare

Oiseaux Papier

16 décembre 2013

Un livre étonnant

J'ai beaucoup aimé ce livre, et particulièrement apprécié sa force d'évocation. Typiquement, l'évocation de la rupture complète des modes de vie entre la terre et le phare qui est à si petite distance, et pourtant dans un autre monde. Il n'y a pas de verbiage, très peu d'anecdotes, en revanche, on sent les embruns et les vibrations.