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Le Réveil des sorcières
par (Le Pain des Rêves)
21 février 2020

Dans la forêt de Brocéliande, un matin d’hiver, Diane Le Goff a été appelée pour soigner un vieil homme. Elle n’est pas médecin ni infirmière, mais guérisseuse. Sa vieille voiture dérape sur la route gelée et s’encastre dans un arbre. Elle laisse deux orphelines, Viviane, vingt ans et Soann, douze ans, qui semble avoir hérité des dons de sa mère. Soann est une fille effacée, qui s’intéresse aux plantes, qui a des visions. Les filles appellent la meilleure amie de leur mère, la narratrice, pour qu’elle les aide à surmonter cette douloureuse épreuve.
Le jour des obsèques, Soann affirme que l’accident n’est pas "naturel", qu’il a été provoqué. Elle a même eu une vision selon laquelle "l’assassin était dans la voiture". La narratrice est surprise, car elle est en train d'écrire un roman autour de la sorcellerie et ce qu'elle a écrit – un accident de voiture -vient de se produire dans la vie réelle. Les trois femmes essaient de comprendre ce qui s’est passé. Elles remontent peu à peu dans la vie de Diane, découvre des choses cachées, se rappellent des détails et finissent par résoudre l’énigme d’un accident qui n’en est pas un, qui est un meurtre.
Le personnage de Diane est très loin de la figure traditionnelle de la sorcière, souvent une vieille femme pas très belle, que ses voisins craignent, qui fabrique des potions et des philtres pas vraiment sympathiques. Diane est une belle jeune femme, libre et rebelle, courageuse, féministe. Elle met ses dons de médium et de guérisseuse au service de ses voisins, en se refusant à des pratiques extrêmes de sorcellerie noire.
L’histoire se déroule dans la mythique et magique forêt de Brocéliande. L’endroit est propice à un roman où se mêlent mythologies, traditions celtiques, magie, sorcellerie, dons de guérison et de médiumnité. Évidemment, il vaut mieux ne pas être un rationnel forcené pour se laisser happer par ce roman, mais si on croit peu ou prous aux forces de l’esprit...
La transmission des dons de Diane à sa fille Soann, une adolescente "pas comme les autres", sérieuse, indépendante et déterminée, est habilement traitée. Elle l’inscrit dans les traditions matrilinéaires des femmes guérisseuses ou médiums.
En créant une narratrice qui est femme de lettres, l’auteure peut glisser quelques réflexions sur l’écriture, sur l’histoire que crée l’écrivain, sur ce qu’il cherche à comprendre en écrivant. .
En presque voisine de Paimpont et de la forêt, Stéphanie Janicot fait preuve d’une bonne connaissance des lieux et d’une solide documentation sur les légendes et croyances , qu’elle rend dans une écriture toujours élégante, fluide, avec un justesse qui donne une vraisemblance à son roman.

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